HCH. Plan annuel (2016-2017)

"Les œuvres au programme pour le concours B, et les exemples utilisés par les professeurs pour les candidats au concours A, servent à illustrer une réflexion théorique. Il appartient donc aux candidats de puiser dans leurs propres connaissances afin d’étayer leur démonstration et de montrer ainsi qu’ils ne récitent pas un cours, mais qu’ils l’ont assimilé et en nourrissent leur exposé personnel." (École des Chartes, rapport du jury 2012)

Structure du cours
- 3 séquences sur le récit romanesque
- 1 séquence sur l’écriture autobiographique
- 3 séquences sur la poésie
- 3 séquences sur le théâtre

Usuels à posséder
- Une histoire littéraire : La Littérature française : dynamique et histoire, dir. Jean-Yves TADIÉ, 2 tomes (Gallimard, Folio essais). C’est la base ; sa lecture, répartie sur l'année, est obligatoire.
- Les outils de lecture des textes classiques : Georges FORESTIER, Introduction à l'analyse des textes classiques (Armand Colin, 128)
- Chantal LABRE, Patrice SOLER, Dictionnaire de poétique, des modernes aux anciens (Armand Colin)
- Jacques VASSEVIÈRE, Nadine TOURSEL, 140 textes théoriques et critiques (Armand Colin, Cursus Lettres)
- Nadeije LANEYRIE-DAGEN, Lire la peinture (Larousse)
- Gérard DENIZEAU, Guide de la musique (Larousse)
- F. VANOYE, F. FREY, A. GOLIOT-LÉTÉ, Le Cinéma (Nathan, Repères pratiques)
- Un dictionnaire des noms communs (Petit Larousse ou Petit Robert)
- Une grammaire de base : Nathalie BACCUS, Grammaire française (Librio)

→ Pour la séance 2 (12.09) : sujet 1, exemples et idées. Au cours d’un entretien, Jean Giono a formulé, au sujet de son écriture, la réflexion suivante : « Pour moi, la réalité est sans aucun intérêt. Je l’utilise dans ma vie quotidienne, mais pour mon écriture, j’ai besoin d’autre chose. J’ai besoin d’inventer absolument tout. »

→ Pour la séance 3 (19.09), DM ramassé (sujet 4) : analyse du sujet, problématique, plan détaillé, introduction rédigée, présentation d’un exemple. « Le roman ne cherche pas à faire la leçon. L’expérience enseignable, celle de l’Erfahrung, n’est plus son domaine. Mais il me semble qu’il découvre, ce faisant, un autre domaine, peut-être plus riche encore, d’une nature différente qui est celui de l’Erlebnis, de l’expérience singulière, intransmissible et pourtant partageable. Une expérience qui m’assure moi aussi d’être un sujet, sujet quelconque mais unique. » (Dominique Rabaté, Le Roman et le sens de la vie, José Corti, 2010, p. 61) .

  • Selon D. Rabaté, nous cherchons dans les romans un écho à la question « Qu’est-ce qu’avoir une vie à soi ? ». Il s’appuie sur un texte de Walter Benjamin intitulé « Le Conteur » (ou « le narrateur », Der Erzähler, réflexions sur l'œuvre de Nicolas Leskov publiées en octobre 1936 dans la revue suisse Orient et Occident). Benjamin observe la fin du conte, récit oral et fruit d’une expérience. « Le romancier, lui, s’est isolé. Le lieu de naissance du roman, c’est l’individu dans sa solitude. » Crise de l’exemplarité : voir Don Quichotte, crise de l’imitation : Flaubert. Certains romanciers, depuis le XIXe siècle, croient encore que le roman peut rechercher la vérité idéale (lettre de George Sand à Flaubert : « L’art n’est pas une étude de la réalité positive, mais une recherche de la vérité idéale ». Flaubert lui répond en lui disant qu’il ne sait pas ce qu’est cette vérité).

→ Pour la séance 4 (26.09) : analyse et 3 idées directrices (sujet 5). « Je suis […] un rêveur de mots, un rêveur de mots écrits. Je crois lire. Un mot m’arrête. Je quitte la page. Les syllabes du mot se mettent à s’agiter. Des accents toniques se mettent à s’inverser. Le mot abandonne son sens comme une surcharge trop lourde qui empêche de rêver. Les mots prennent alors d’autres significations comme s’ils avaient le droit d’être jeunes. Et les mots s’en vont cherchant, dans les fourrés du vocabulaire, de nouvelles compagnies, de mauvaises compagnies. Que de conflits mineurs ne faut-il pas résoudre quand, de la rêverie vagabonde, on revient au vocabulaire raisonnable. » (Gaston Bachelard, Poétique de la rêverie, 1960, P.U.F., 2016, p. 15)

→ Pour la séance 5 (03.10) , entraînement sur deux sujets :
- « Entrer dans une œuvre, c'est changer d'univers, c'est ouvrir un horizon. […] L'expérience première demeure celle du «Nouveau Monde» et de l'écart ; qu'elle soit récente ou classique, l'œuvre impose l'avènement d'un ordre en rupture avec l'état existant, l'affirmation d'un règne qui obéit à ses lois et à sa logique propres. Lecteur, auditeur, contemplateur, je me sens instauré, mais aussi nié : en présence de l'œuvre, je cesse de sentir et de vivre comme on sent et vit habituellement. » (Jean Rousset, Forme et signification, 1962)
- « La plupart de vos personnages semblent bâtis sur pilotis ; ils n’ont ni fondation, ni sous-sol. Je crois vraiment qu’on trouve plus de vérité chez les poètes ; tout ce qui n’est créé que par l’intelligence est faux. » (madame Sophroniska à Édouard Molinier, dans Les Faux-monnayeurs d’André Gide).

→ Séance 6 (10.10) : DS en 2h.
Cadre : littérature et réalité.
- Questions sur les sujets proposés en DM (Gide, Rousset, Bachelard)
- Analyse du sujet, plan synthétique et un exemple développé sur un nouveau sujet.

→ Pour la séance 8 (07.11) :
- première composition entièrement rédigée (sujet 8). Alain Robbe-Grillet (citation complémentaire : Jacques Maritain).
- Cours à lire et notions à retenir sur « rêve et rêverie » :
http://anagnosis.org/gnosis/?q=node/83

→ Pour le premier concours blanc (14.12) :
- bien relire le cours ; relire des extraits des œuvres.
- sur le roman : se référer aux usuels ci-dessus.

→ Pour la rentrée de janvier : directions de travail (PDF distribué).
- Pages à utiliser, sur ce site : « trousses de secours » (roman français, cinéma, peinture).
- Histoire littéraire : Tadié t. I, « XVIe siècle ». J.-M. Gouvard, L’Analyse de la poésie, chap. I-III.
- Du Bellay, Les Regrets, sonnets 1 à 38.
- (pour la fin de janvier) La Poésie baroque, Folio plus.
- (pour la fin de février) Lamartine, Méditations poétiques - Baudelaire, Les Fleurs du mal, « Spleen et idéal » - Verlaine, Fêtes galantes

→ Pour la rentrée de février : directions de travail (PDF distribué).
- Mettre à profit la « trousse de secours » poésie
http://www.anagnosis.org/gnosis/?q=node/92
- Exercice sur les Fables de La Fontaine
- Lire l’Art poétique de Boileau (Gf ou Gallimard Poésie)
- Pour préparer la suite : lire et observer (crayon en main) au moins dix poèmes de Baudelaire (Les Fleurs du mal), cinq poèmes de Verlaine et cinq poèmes d’un auteur au du XIXe siècle, au choix.
- La Littérature française, dir. Tadié : lire le chapitre sur le XVIIe siècle (G. Forester, E. Bury)
- Roman, 2e vague : écouter les 4 émissions sur Rabelais (France culture, la Compagnie des auteurs)
https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-auteurs/francois...

→ Pour le 6 mars :
- Dissertation à faire chez soi (citation de Leconte de Lisle)



Séance 1 (05.09). Méthodologie

I. Préalables

- Pour l’oral : méthode de l’explication de texte
http://anagnosis.org/gnosis/?q=node/34
-Méthode de la dissertation
http://anagnosis.org/gnosis/?q=node/35
- Critères formels à respecter
http://anagnosis.org/gnosis/?q=node/25

Bibliographie
Patrice SOLER, Chantal LABRE, Études littéraires, P.U.F.


II. Le point sur certaines idées reçues : l’engagement en littérature

- Opposition entre l’idée que toute écriture est engagée, sauf en poésie (Sartre, Qu’est-ce que la littérature ?), et le formalisme.
- Résolution du paradoxe : c’est sa gratuité qui confère à la littérature le pouvoir de jeter sur une question ou sur un aspect de l’histoire un jour nouveau.

Philippe Forest répond à cette question. Conférences à écouter, sur Proust :
http://www.franceculture.fr/conferences/nantes/philippe-forest-marcel-pr...
et sur Céline :
http://www.franceculture.fr/conferences/nantes/philippe-forest-celine

Séance 2 (12.09). Méthodologie (2)

III. Le point sur certaines idées reçues : le réalisme

Mise en commun sur le sujet Giono, à partir des exemples apportés par les étudiants

→ distinction entre
- « Le réel, c’est quand on se cogne ». Le réel comme impossible (impossible à dire) : Jacques Lacan.
- La réalité : usage, voire utilisation du réel. La praxis.
- La perception subjective de cette réalité. Le rêve, la rêverie (voir prochaine séances).
- La poiesis : la composition, la représentation comme illusion d’une « imitation » (mimesis) du réel. Victor Hugo, préface de Cromwell et Maupassant, préface de Pierre et Jean (mais ne pas se contenter des préfaces !)

Bibliographie critique sur littérature et réalité
1° Lectures obligatoires :
- Littérature : 140 textes théoriques et critiques, 1e partie, chap. 3 ("L’œuvre et le réel") et 4e partie, chap. 11 ("Le roman et le réel")
- Alexandre GEFEN, La Mimèsis, GF, Corpus

2° Lectures conseillées :
- Erich AUERBACH, Mimèsis. La représentation de la réalité dans la littérature occidentale, Gallimard, Tel (grille de lecture rhétorique)
- Thomas PAVEL, L’Art de l’éloignement, Gallimard, Folio (sur l'âge classique)
- Philippe DUFOUR, Le Réalisme, Presses universitaires de France
- Jacques DUBOIS, Les Romanciers du réel, Seuil, Points
- Littérature et réalité (collectif : Barthes, Bersani, Hamon, Riffaterre, Watt), Seuil, Points


Séance 3 (19.09). Méthodologie (3)

III (suite). Le point sur certaines idées reçues : le réalisme

→ Vision psychanalytique : Marthe Robert, Roman des origines et origines du roman : roman du « bâtard » et roman de « l’enfant trouvé »

→ Vision rhétorique : Erich Auerbach, Mimesis. La représentation de la réalité dans la littérature occidentale (1946)

→ Vision sémiotique : Roland Barthes, Leçon (1977) : la littérature comme mathesis, mimesis et semeiosis. Autre référence: S/Z, réflexion sémiologique sur la Sarrasine de Balzac.

→ Deux textes de Maupassant :
- « L’Évolution du roman au XIXe siècle » (dans la Revue de l’exposition universelle de 1889. À lire en ligne ici et dans Guy de Maupassant, Textes sur le roman naturaliste (textes choisis), Pocket.
- Préface de Pierre de Jean : le réalisme est un illusionnisme.

→ De la nécessité de distinguer Balzac, Stendhal, Flaubert et Zola : chez ces quatre « réalistes », quatre visions différentes de la réalité et quatre styles différents.

+ TP (1,5 h)
Balzac, Le Chef-d’Œuvre inconnu : écriture et peinture. Exercice sur les premières pages du récit.
→ Peintres cités :
- Nicolas Poussin (1594-1665), grand représentant du classicisme français ;
http://www.grandpalais.fr/fr/article/nicolas-poussin-1594-1665
- Frans Porbus, ou Pourbus (né à Anvers, mort à Paris en 1622), peintre flamand ;
- Rembrandt (mort à Amsterdam en 1669), peintre néerlandais ;
- Frenhofer, peintre fictif, incarné par Michel Piccoli dans Le Belle Noiseuse, adaptation cinématographique du Chef-d’Œuvre inconnu par Jacques Rivette.

Autres courts récits de Balzac sur l’art :
- Pierre Grassou
- Massimilla Doni
- La Vendetta
- La Maison du chat qui pelote.


Séance 4 (26.09).

III (suite). Le point sur le réalisme

Entraînement sur un sujet :

  • « Ô toi qui veux parcourir cette épineuse carrière ! ne perds pas de vue que le romancier est l’homme de la nature, elle l’a créé pour être son peintre ; [...] s’il éprouve cette soif ardente de tout peindre, s’il entrouvre avec frémissement le sein de la nature, pour y chercher son art et pour y puiser des modèles, s’il a la fièvre du talent et l’enthousiasme du génie, qu’il suive la main qui le conduit, il a deviné l’homme, il le peindra. » (marquis de Sade, « Idée sur les romans », préface des Crimes de l’amour)

Lecture d’un extrait de Balzac : le portrait de Gobseck.
→ réalisme et fantastique.

Thème n°1. Rêve et rêverie dans le récit de fiction

Lectures conseillées
- Sigmund FREUD, L'Interprétation du rêve (Seuil, Points), Le délire et les rêves dans la Gradiva de W. Jensen (Gallimard, Folio)
- Gaston BACHELARD, La Poétique de la rêverie, P.U.F., introduction.


- Point de vue moral sur le rêve : mépris et méfiance.
Verticalité du rêve / horizontalité de la vie éveillée.

+ TP (1,5 h)
Flaubert, « Hérodias » (Trois contes) : écriture et peinture.

Références :
- Bible de Jérusalem
- Oscar Wilde, Salomé
- tympan du portail de saint Jean de la cathédrale de Rouen.
- Gustave Moreau, Salomé tatouée et L’Apparition, commentés par Huysmans dans À rebours. Visiter le musée Gustave Moreau. http://musee-moreau.fr/


Séance 5 (03.10). Méthodologie

Compte rendu de l’exercice (D.M.) : citation de D. Rabaté. Le point sur la méthode.

1° Analyse du sujet

- Une mise en perspective efficace de la citation.
- Explication et morcèlement de la citation
- N’introduire aucun élément exogène
- Définir le cadre générique : si la citation concerne le roman, il n’est pas question de parler d’essais, de théâtre, de poésie, etc., sauf si la question qui accompagne la citation y invite explicitement.
- Perspective est littéraire, non psychologique : se demander quelle forme d’écriture la pensée de l’auteur implique.

L’Erfahrung implique :

  • le récit d’une expérience symbolique ou symptomatique (qui peut malgré tout être très originale),
  • une écriture orientée vers une généralisation possible (morale, leçon, vision de la vie…), c’est-à-dire vers une morale ou une pensée cohérentes ;
  • enfin, l’idée d’une communication harmonieuse entre l’auteur et le lecteur, c’est-à-dire ce que Marc Fumaroli appelle « diplomatie de l’esprit » (La Diplomatie de l’esprit, Gallimard, Tel). Cette idée, centrale dans la culture européenne de l’Ancien Régime, s’efface peu à peu à partir du romantisme (début du XIXe siècle).

L’Erlebnis implique :

  • la singularité de l’expérience, propre au sujet qui l’a faite, et propre à l’œuvre qui la narre.
  • Historiquement, cette conception de l’expérience se développe avec le culte romantique de l’originalité.
  • Une conscience solitaire, caractéristique également de la période romantique.
  • Une écriture qui, par conséquent, creuse l’écart entre les consciences, souligne les différences entre les êtres, rend plus problématique l’expression d’une morale ou d’une pensée univoques. Les vérités, comme les expériences, sont relatives. Voir La Mort d’Ivan Illitch de Tolstoï, et son analyse par Rabaté dans Le Roman et le sens de la vie.
  • La lecture devient donc, symétriquement, une expérience complexe (distinguer « complexe » et « compliqué » : complexe veut dire pluriel), une confrontation entre des questions et d’autres questions.

Références complémentaires :
- Walter Benjamin, Le Narrateur (à lire dans Rastelli raconte. suivi de Le narrateur et autres récits, Seuil/Points)
- Mikhaïl Bakhtine, Esthétique et théorie du roman : le roman intègre la complexité et la polyphoni ; variété des voix. Voir aussi sur cette idée Milan Kundera, L’Art du roman

2° La problématique

- Elle doit être précise, centrée sur le sujet, qu’elle ne doit pas cependant se contenter de paraphraser.
- Elle doit donc s’appuyer sur l’analyse du sujet, et elle doit être littéraire. Le roman est-il le récit d’une histoire emblématique, possédant donc par conséquent une virtualité générale, ou celui d’une expérience singulière, voire solitaire, écho ou miroir de la conscience solitaire de chaque lecteur ?

3° La construction du plan

- Pas de plan chronologique. Attention, la conception du roman exprimée par Dominique Rabaté s’applique également au roman de l’Ancien Régime, malgré la proximité de ce dernier avec des genres didactiques, et malgré la prégnance d’une morale dont il se fait souvent l’expression. En réalité, la mise en situation de cette morale dans la fiction est souvent problématique, quand elle n’est pas franchement ironique. Voir les romans de Voltaire ou ceux de Diderot, Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, mais aussi La Princesse de Clèves, parfois mal compris : la morale de la cour est présentée par madame de Lafayette comme indissociable de l’hypocrisie qui y règne, dissimulant en réalité le jeu des apparences. Quant à l’impératif de fidélité absolue que s’impose la princesse de Clèves, il lui a été inculqué par sa mère, madame de Chartres, qui en tant que personnage n’exprime pas la morale de l’auteur.

- Ne pas tomber dans le piège des titres et des slogans. Un plan réussi
→ formule trois réponses, trois solutions concrètes (c’est-à-dire complètes) au problème posé ; ces réponses, ou « thèses », sont des idées directrices. Il faut une phrase complète pour les exprimer.
→ propose, pour étayer chaque idée directrice, plusieurs arguments. Ces arguments sont directement inspirés de vos lectures : les lectures réelles sont la seule matière possible d’une dissertation littéraire. Il faut éviter les généralités et ne jamais se contenter de références théoriques.
- Ne pas prolonger l’analyse du sujet dans le développement.

4° Le choix des thèses

- Il est inutile de développer une thèse caricaturale ou creuse.
→ L’Erfahrung est une expérience communicable et généralisable, mais une œuvre digne de ce nom ne se réduit JAMAIS à la volonté de « faire passer un message », pas même les Confessions de saint Augustin, les sermons de Bossuet ou Le Dernier Jour d’un condamné.
→ Idée creuse (manquant de consistance) : lecture pour « se divertir » ou « se distraire ». Plus intéressants : le rire (voir Scarron, Le Roman comique), le plaisir de la conversation (Marc Fumaroli, Trois institutions littéraires ; Chantal Thomas, L’Esprit de conversation), la rêverie nervalienne, le « plaisir du texte » et la « jouissance du texte » analysés par Roland Barthes (Le Plaisir du texte), le désir chez Sade ou Bataille, la joie chez Claudel… Être précis et concret, toujours.
→ Les hypothèses sur le lecteur, si elles n’éclairent pas tel ou tel aspect concret de l’écriture d’une œuvre. Lire Nathalie Piégay-Gros, Le Lecteur, GF-Corpus, introduction et quelques extraits de l’anthologie. Feuilleter les livres d’Alberto Manguel (Histoire de la lecture, La Bibliothèque la nuit).

5° Développer un exemple

- Exemples rebattus, inutiles quand ils sont réduits à eux seuls car il n’attestent aucune lecture personnelle des œuvres : les mauvaises lectures de madame Bovary, la documentation de Zola, les longues descriptions de Balzac…
- Contresens sur Flaubert, généralement dus à l’ignorance d’un trait essentiel de son écriture réaliste : l’ironie.
- L’Étranger d’Albert Camus fait l’objet également de nombreuses simplifications. Relire l’œuvre et s’aider d’un accompagnement pédagogique.

Ouvrir les livres. Ne pas parler des Lettres persanes de Montesquieu sans tenir compte du fait premier et évident de sa forme : c’est un roman épistolaire (donc relativité des voix et des regards).

Quelques conseils de lecture sur les rapports entre roman et expérience :
- un roman de Chrétien de Troyes (Perceval par exemple) pour distinguer exploits et aventure.
- Tristan L’Hermite, Le Page disgracié ;
- abbé Prévost, Mémoires et aventures d’un homme de qualité, qui comprend L’Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut ;
- Lesage, Gil Blas ; inspiré du roman picaresque espagnol ;
- des romans épistolaires : Les Lettres portugaises de Guilleragues, Les Lettres persanes de Montesquieu, Les Liaisons dangereuses de Laclos, Les Lettres de la Marquise de M*** au Comte de R*** de Crébillon…
- Denis Diderot, Jacques le fataliste ;
- Édouard Dujardin, Les Lauriers sont coupés ;
- Jean-Paul Sartre, La Nausée ;
- un roman de Nathalie Sarraute (Le Planétarium, Les Fruits d’or…)
- un roman de Marguerite Duras (Un barrage contre le Pacifique, Moderato cantabile, Dix heures et demie du soir en été, Le Ravissement de Lol V. Stein…) ;
- Marcel Proust et Louis-Ferdinand Céline, bien sûr.

5° L’orthographe, la syntaxe, le vocabulaire, la présentation

Maîtrise du français absolument prioritaire ; relecture de la copie.
Noms des auteurs et titres doivent être dénués de toute erreur. Éviter les titres abrégés, censés refléter une familiarité avec l’œuvre : « Flaubert, dans Bovary »…
Lexique : utiliser le mot juste. Ne pas remplacer « intention » par « intentionnalité » (jargon nuisible lorsqu’il est utilisé à contre-emploi).

Présentation :
- Un texte ne peut être remis dactylographié que pour raisons médicales.
- Écrire la date de l’exercice et sa nature.
- Offrir une marge suffisante au correcteur. Laisser au moins une demi-page entièrement blanche en tête de copie.
- Ne pas finir une ligne par une apostrophe, ne pas commencer une ligne par un signe de ponctuation.
- Souligner les titres d’œuvres. Souligner les mots étrangers (Erfahrung, Erlebnis…), y compris les mots latins.
- Faire commencer tous les paragraphes par deux ou trois carreaux de retrait.


+ TP (1,5 h)
Littérature et imaginaire gothique : écriture, architecture et peinture (XIXe siècle).
- Victor Hugo, Notre-Dame de Paris : l’assaut de la cathédrale par les truands de la cour des miracles.
- Aloysius Bertrand, Gaspard de la nuit, « La Ronde sous la cloche », « Un rêve ». À lire dans l’édition du Livre de poche, richement annotée ; visiter les églises de Dijon (cathédrale Saint-Bénigne, église Notre-Dame, église Saint-Jean décrite dans le premier poème).
- Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, comparaison de Notre-Dame de Chartres et de Notre-Dame de Paris.

→ Éléments d’architecture
→ L’imaginaire gothique au XIXe siècle : tension entre rationalité architecturale et fantaisie ornementale.
→ Le roman gothique
→ Peinture : L’Invention du passé, t. 1, Gothique, mon amour… (exposition au monastère royal de Brou, 1971), Hazan, 2014.


Séance 6 (10.10). DS

- Questions sur les sujets proposés en DM (Gide, Rousset, Bachelard)
- Analyse du sujet, plan et un exemple développé sur un nouveau sujet.

+ TP (1,5 h)
Littérature et imaginaire chevaleresque, du Moyen Âge au XIXe siècle.
Références :
- La Chanson de Roland
- Le Roman de Thèbes
- Chrétien de Troyes, Perceval
- Marie de France, « Le Lai de Lanval »
- Garci Rodríguez de Montalvo, Amadis de Gaule
- Cervantès, Don Quichotte


Séance 7 (17.10). Rêve et rêverie (2) + TP (1,5 h)

Deux exposés :
- Flaubert, Hérodias (suite au TP du 26.09)
- Un gothique littéraire : Victor Hugo et Aloysius Bertrand (suite du TP du 03.10)

Échange sur un sujet : Gaston Bachelard, Poétique de la rêverie.

Œuvre :
- Gérard de NERVAL, Sylvie.

+ TP (1,5 h)
Le roman comique
Références :
- Le Roman de Renart
- Rabelais, prologue de Gargantua
- Cervantès, Don Quichotte
- Scarron, Le Roman comique
- Raymond Queneau, Les Fleurs bleues


Séance 8 (07.11). Rêve et rêverie (3)

Compte rendu et corrigé de l’évaluation du 10.10.

Séance 9 (14.11). Rêve et rêverie (4) + TP (1,5 h)

- Gérard de NERVAL, Sylvie
→ Genre de la nouvelle et « style bas » (genus humile)
→ L’imaginaire pastoral :
1- références picturales : Jean-Antoine Watteau, Pélerinage à l'île de Cythère (1717) - Jean-Baptiste Greuze, L’Accordée de village (1761)
Ces deux œuvres sont au Louvre :
http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/pelerinage-l-ile-de-cythere
http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/l-accordee-de-village
2- Les références littéraires : Longus, Dapnis et Chloé - Rousseau, La Nouvelle Héloïse. Ajouter les romans pastoraux de George Sand.
→ Les références historiques : Bas Empire, XVIIIe siècle. Relire le chapitre I, § 4 : « Nous vivions alors dans une époque étrange, comme celles qui d’ordinaire succèdent aux révolutions ou aux abaissements des grands règnes. » Fronde, Régence, Renaissance, Bas Empire (« quelque chose comme l’époque de Pérégrinus et d’Apulée »)
→ Temps linéaire (chronologie de la vie éveillée) et temps circulaire (temporalité du rêve)
→ Rencontre et confusion du rêve et de la rêverie dans l’écriture de Nerval.

+ TP (1,5 h)
Roman et passion

Références :
- Aristote, Rhétorique
- Tristan et Iseut : le mythe fondateur (voir Denis de Rougemont, L’Amour et l’occident)
- Guilleragues, La Religieuse portugaise : le langage de la passion ; passion et écriture épistolaire.
- Alfred de Musset, La Confession d’un enfant du siècle : passion et Passion.
- Raymond Radiguet, Le Diable au corps (1923)


Séance 10 (21.11). Rêve et rêverie (5) + TP (1,5 h)

- Emile ZOLA, Le Rêve

+ TP (1,5 h)
Roman et guerre

Références :
- Stendhal, La Chartreuse de Parme
- Henri Barbusse, Le Feu
- Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit
- Ernst Jünger, La Guerre comme expérience intérieure


Séance 11 (28.11). Rêve et rêverie (6) + TP (1,5 h)

- Joris-Karl HUYSMANS, En rade

+ TP (1,5 h)
Le dialogue de roman

Références :
- Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves
- Denis Diderot, Jacques le fataliste
- Jean Giono, Le Chant du monde
- Marguerite Duras, Dix Heures et demie du soir en été


Séance 12 (05.12). Compte rendu de dissertation + TP (1,5 h)

Rappels méthodologie
Sujet : citation d’Alain Robbe-Grillet

+ TP (1,5 h)
Roman et société

Références :
- Madame de La Fayelle, La Princesse de Clèves
- Lesage, Gil Blas
- Marivaux, Le Paysan parvenu


14.12. Concours blanc : citation de Roland Barthes + TP (1,5 h)

Séance 13 (09.01). Compte rendu de la dissertation + TP (1,5 h)

+ TP (1,5 h) - Groupe 1
Comment expliquer un poème. Cadre historique : la Renaissance (1)

Références :
- Clément Marot, L’Adolescence clémentine, « Petite Épître au Roi »
- Louise Labé, « Tant que mes yeux pourront larmes épandre »
- Du Bellay, « Las, où est maintenant ce mépris de Fortune ? »


Séance 14 (16.01). Poésie et Renaissance + TP (1,5 h)

+ TP (1,5 h) - Groupe 2
Comment expliquer un poème. Cadre historique : la Renaissance (2)

Références :
- Ronsard, Amours


Séance 15 (23.01). Poésie maniériste et baroque + TP (1,5 h)

+ TP (1,5 h) - Groupe 1
Comment expliquer un poème. Cadre historique : le maniérisme

Référence :
- Agrippa d’Aubigné, Stances


Séance 16 (30.01). Poésie baroque + TP (1,5 h)

- Théophile de Viau
- Malherbe

Roman, 2e vague : le roman de la Renaissance à l’âge baroque

+ TP (1,5 h) - Groupe 1
Comment expliquer un poème. Cadre historique : le baroque


Séance 17 (20.02). Le classicisme + TP (1,5 h)

Classicisme, absolutisme et littérature.
La notion classique de « goût »

Malherbe, « Qu’avec une valeur… »
Théophile de Viau, « Mais cet autre poète… »
Cardinal de Retz, Mémoires : « Le dernier point de l’illusion, en matière d’État… »
La Fontaine, « Aux Nymphes de Vaux »
Molière, Tartuffe, dénouement.

Peinture :
- Philippe de Champaigne, portrait de Richelieu
http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=1131
- Anonyme, Henri IV s’appuyant sur la religion pour donner la paix à la France
https://www.histoire-image.org/etudes/henri-iv-paix
Consulter ce dossier sur les portraits royaux :
https://www.histoire-image.org/albums/portraits-royaux

+ TP (1,5 h) - Groupe 2
Comment expliquer un poème. Cadre historique : classicisme
Trois sonnets de Malherbe


Séance 18 (27.02). Préromantisme et romantisme + TP (1,5 h)

Notions-clés sur le romantisme
Références : Lamartine, Vigny, Musset, Hugo

Roman, 2e vague : le roman personnel
- Rousseau, La Nouvelle Héloïse
- Balzac, Le Lys dans la vallée

+ Fromentin, Dominique
+ Constant, Adolphe
+ Chateaubriand, René
+ Senancour, Oberman

+ TP (1,5 h) - Groupe 3
Comment expliquer un poème. Cadre historique : romantisme
Références : Musset, Nerval


Roman, 2e vague : les « aventures de l’imaginaire » (Malraux, L’Homme précaire et la littérature)
- Flaubert, La Peau de chagrin
- Flaubert, Salammbô
- Huysmans, À rebours

Séance 19 (06.03). Romantisme et Parnasse + TP (1,5 h)

Références : Théophile Gautier, Nerval

+ TP (1,5 h) - Groupe 1
Comment expliquer un poème. Cadre historique : Parnasse
Références : Théophile Gautier, Leconte de Lisle, Baudelaire


Séance 20 (13.03). Baudelaire + TP (1,5 h)

Références : Les Fleurs du mal, Petits poèmes en prose

+ TP (1,5 h) - Groupe 2
Comment expliquer un poème. Auteur : Baudelaire


Séance 21 (20.03). Cadre historique : le symbolisme+ TP (1,5 h)

Notions-clés sur le symbolisme

+ TP (1,5 h) - Groupe 3
Comment expliquer un poème. Auteur : Verlaine


Séance 22 (27.03). Cadre historique : la poésie moderne+ TP (1,5 h)

Référence critique : - Hugo Friedrich, Structures de la poésie moderne

+ TP (1,5 h) - Groupe 1
Comment expliquer un poème. Auteur : Rimbaud


Séance 23 (24.04). Le théâtre : tragédie antique et tragédie humaniste

Séance 24 (15.05). Le théâtre tragique : Corneille

Séance 25 (22.05). Le théâtre tragique : Racine

Plans de cours: 

Desk02 theme