Méthode : le résumé + dissertation (concours Centrale) - modifié le 22.09.2017

Avant tout, lire les sujets et les rapports du jury :
https://www.concours-centrale-supelec.fr/CentraleSupelec

L’épreuve dure 4 heures.

L’exercice se compose de deux parties, étroitement liées :
1° le résumé d’un texte de 2000 mots environ. Il est conseillé de consacrer environ une heure à cette partie de l’exercice.
2° et une dissertation sur une citation extraite de ce texte.

Orthographe et syntaxe doivent être irréprochables tout au long de l’exercice ; l’écriture doit être soignée.

Résumé

Exemple, sur un extrait

■ Paragraphe tiré du Discours sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes de Jean-Jacques Rousseau (1755) : 304 mots

« Il est donc certain que la pitié est un sentiment naturel, qui, modérant dans chaque individu l’activité de l’amour de soi-même, concourt à la conservation mutuelle de toute l’espèce. C’est elle qui nous porte sans réflexion au secours de ceux que nous voyons souffrir : c’est elle qui, dans l’état de nature, tient lieu de lois, de mœurs et de vertu, avec cet avantage que nul n’est tenté de désobéir à sa douce voix : c’est elle qui détournera tout sauvage robuste d’enlever à un faible enfant, ou à un vieillard infirme, sa subsistance acquise avec peine, si lui-même espère pouvoir trouver la sienne ailleurs ; c’est elle qui, au lieu de cette maxime sublime de justice raisonnée : Fais à autrui comme tu veux qu’on te fasse, inspire à tous les hommes cette autre maxime de bonté naturelle bien moins parfaite, mais plus utile peut-être que la précédente : Fais ton bien avec le moindre mal d’autrui qu’il est possible. C’est, en un mot, dans ce sentiment naturel, plutôt que dans des arguments subtils, qu’il faut chercher la cause de la répugnance que tout homme éprouverait à mal faire, même indépendamment des maximes de l’éducation. Quoiqu’il puisse appartenir à Socrate, et aux esprits de sa trempe, d’acquérir de la vertu par raison, il y a longtemps que le genre humain ne serait plus, si sa conservation n’eût dépendu que des raisonnements de ceux qui le composent. »

→ Réduction à 31 mots (10,2%)
La pitié nous pousse à la bienveillance en nous dissuadant de nuire à notre prochain ; ses effets, qui sont naturels, sont plus sûrs que ceux des leçons que dispense la raison.


■ Il faut impérativement respecter le nombre de mots exigé, à 10% près. Erreur et fraude coûtent cher.

N.B. Chaque mot compte.
- Mots composés : « réveille-matin » = 2 mots, « Jean-Baptiste » = 2 mots
- expressions lexicalisées : « c’est-à-dire » = 4 mots
- mots élidés : « l’idée » = 2 mots, « va-t’en » = 3 mots
Exception : on ne compte pas les mots qui ne peuvent pas s’employer seuls. Exemples :
- « socio » dans « socio-économique »
- « hui » dans « aujourd’hui »
- « t » dans « va-t-il » (ex. « va-t-il parler ? »), t euphonique à ne pas confondre avec le pronom personnel « te » de « va-t’en ».

Exigences du résumé :

1. Impératif de compréhension du texte

Le résumé est un exercice de sympathie avec le texte. Aucune nuance, aucune distance ne sont permises.

■ Mettre les idées en perspective, les situer dans leur contexte. Ce travail permet d’éviter certaines erreurs dans le résumé (anachronismes, confusions…), et prépare l’analyse du sujet (introduction de la dissertation).
■ Lire et le relire très attentivement le texte, pour éviter tout contresens et tout faux-sens. Il faut être bien réveillé !
■ Le résumé doit être complet. Numéroter au brouillon les informations que contient le texte, pour n’en oublier aucune.
■ Aller à l’essentiel : écarter ce qui est secondaire ou accessoire, notamment les exemples illustratifs. Conserver les exemples argumentatifs, indispensables au raisonnement.
■ La compréhension du texte inclut la compréhension de son articulation logique. Schématiser celle-ci au brouillon, sous la forme d’un diagramme.

2. La rédaction : impératif de reformulation

■ Elle doit être autonome. Une personne qui n’aurait jamais lu le texte de départ doit pouvoir comprendre parfaitement le résumé.
■ Le plagiat (copier-coller) est interdit, de même que la paraphrase (simple reformulation, avec substitution de synonymes aux mots du texte). Cependant, il est inutile de chercher à tout prix à remplacer certains mots essentiels : si le texte concerne le thème de la guerre, il est difficile d’éviter ce mot.
■ Vocabulaire irréprochable : n’employer que les mots justes. Cela participe de la reformulation : pour résumer une idée, un mot-clé peut suffire, qu’il s’agit de trouver.
■ Ne rien ajouter de personnel, ne pas changer les idées exprimées par l’auteur. Ne pas dire « je », sauf si l’auteur le fait. S’effacer derrière celui-ci : ne pas faire de style. Écrire avec sobriété et efficacité.
■ La situation d’énonciation doit être conservée. Un texte écrit à la première personne doit être résumé à la première personne.
■ La tonalité doit être conservée également : un texte ironique, par exemple, donne lieu à un résumé ironique. Cependant, une formule ironie dans le détail du texte ne peut évidemment pas être conservée. Ne pas donner au résumé une tonalité (ironique, comique, lyrique…) que le texte de départ n’a pas.
■ Articuler les idées à l’aide de liens logiques qui restituent la progression du texte. C’est essentiel : trop de résumés donnent une impression de myopie ou de confusion, faute de cette hauteur qui permet d’embrasser du regard l’itinéraire logique de l’auteur.
■ Ne pas croire qu’il faut ne traduire aucun exemple et aucune image : certains exemples sont importants, certaines images aussi.

3. La disposition des idées : impératif de structuration

■ Conserver l’ordre des idées : aucune permutation n’est permise.
■ Les disposer en paragraphes. Ceux-ci sont nécessaires, mais il ne faut pas non plus les multiplier, car cela morcèle le texte et le disperse. Certains paragraphes du texte de départ demandent à être regroupés dans le résumé. Autrement dit, un texte qui comprendrait dix paragraphes peut donner lieu à un résumé qui n’en comporte que trois.
■ Équilibrer les étapes du résumé. Éviter d’être trop long ici et trop court ailleurs. Ne pas progresser, donc, « le nez dans le guidon » : conserver sous les yeux, comme un panorama, l’ensemble du texte.

Ne pas donner de titre à son résumé.

Dissertation

Compétences requises, erreurs à éviter : ce sont les mêmes que pour l’exercice des concours X et Mines-Pont.
http://anagnosis.org/gnosis/?q=node/40

Le nombre de mots est limité aussi pour la dissertation : il faut faire preuve de brièveté et d’efficacité. La marge est bien sûr un peu plus souple que pour le résumé, mais il ne faut pas dépasser 5 pages (pour une écriture de taille normale).

Le jury de Centrale insiste
■ sur le lien entre le résumé et la dissertation (« le résumé prépare et guide la dissertation »). Ne pas oublier le texte de départ : il dessine le cadre dans lequel s’inscrit la réflexion.
■ sur la nécessité de ne pas trahir ou caricaturer la pensée de l’auteur. Ne pas lui prêter un autre point de vue (plus radical, plus nuancé, etc.) que le sien.
■ sur la nécessité d’une connaissance de la notion au programme (le pouvoir, le temps, la guerre, les passions, l’aventure, etc.) au-delà des trois œuvres : cette culture est utile, et même nécessaire, à la réussite du résumé. « Le résumé n’a été réussi que par des candidats pénétrés des principes élémentaires de l’exercice, entraînés à la lecture de textes d’idées, et maîtrisant lexique et notions afférents au programme de l’année. » (rapport 2016)

Français: 

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