Grec 7. L’indicatif présent, voix moyenne et passive

Sur la distinction entre les trois voix et le tableau des désinences, voir Grec 4.

Se rappeler que la voix moyenne diffère de la voix passive pour le sens, non pour la forme, à l’exception du futur et de l’aoriste.
Au présent, il faut ajouter au thème les désinences du moyen et du passif : 1. -μαι, 2. -σαι, 3. -ται, 4. -μεθα, 5. -σθε, 6. -νται.

Pierre Nicole nous annonce en un quatrain ce qui nous attend aux autres temps et aux autres modes…

Du Verbe Passif et de ses Terminaisons
Μαι les Futurs et le Présent,
Le Parfait et Subjonctif prend :
Mais l’Imparfait, le Plus-parfait,
Et l’Optatif en μην se fait.

Thèmes avec voyelle thématique

Une seule difficulté : la 2e personne du singulier. Le σ, placé entre deux voyelles, disparaît : c’est la « chute du sigma intervocalique ». Ainsi *βούλεσαι donne βούλεαι, puis (après contraction dε εαι) βούλει ou βούλῃ.

Exemples : • βούλομαι (qui ne s’emploie qu’à la voix moyenne) « vouloir » • κτῶμαι (idem) « acquérir » • ἡγοῦμαι (idem) « commander » ou « penser » • ἀξιοῦμαι (ἀξιόω-ῶ à la voix moyenne) « être jugé digne ».

On peut se contenter d’apprendre la conjugaison de βούλομαι dans un premier temps.

thème en consonne thème α thème ε thème ο
βούλομαι κτμαι ἡγοῦμαι ἀξιοῦμαι
βούλει (ou –) κτ ἡγεῖ ἀξιοῖ
βούλεται κτται ἡγεῖται ἀξιοῦται
βουλόμεθα κτμεθα ἡγούμεθα ἀξιούμεθα
βούλεσθε κτσθε ἡγεῖσθε ἀξιοῦσθε
βούλονται κτνται ἡγοῦνται ἀξιοῦνται

Contractions à la 2e personne du singulier :
ε-σαι → εαι → ει ou
α-ε-σαι → αεαι →
ε-ε-σαι → εεαι → ει
ο-ε-σαι → οεαι → οι

Thèmes sans voyelle thématique

Contrairement à la voix active,
• les désinences sont les mêmes pour les verbes athématiques que pour les verbes thématiques ;
• dans les thèmes en voyelle, cette voyelle est brève (α, ε, ο au lieu de η, η, ω), cette fois.

Exemples : • ὄλλυμαι « périr » (voix moyenne, de ὄλλυμι détruire) ou « être détruit » (voix passive) • δύναμαι (ne s’emploie qu’à la voix moyenne) « pouvoir » • τίθεμαι « mettre pour soi » (voix moyenne, de τίθημι) ou « être posé » (voix passive) • δίδομαι « être donné » (voix passive).

On peut se contenter d’apprendre la conjugaison d’ ὄλλυμαι dans un premier temps.

thème en consonne thème en α thème en ε thème en ο
ὄλλυμαι δύναμαι τίθεμαι δίδομαι
ὄλλυσαι δύνασαι τίθεσαι δίδοσαι
ὄλλυται δύναται τίθεται δίδοται
ὀλλύμεθα δυνμεθα τιθμεθα διδόμεθα
ὄλλυσθε δύνασθε τίθεσθε δίδοσθε
ὄλλυνται δύνανται τίθενται δίδονται

Remarques :
• les verbes εἰμι (être) et εἶμι (aller) n’existent bien sûr ni à la voix moyenne ni à la voix passive :
• φάμαι (moyen ou passif de φημι) se décline comme δύναμαι.

Γέρων ἀλώπηξ οὐχ ἁλίσκεται πάγῃ. (proverbe)
« Un vieux renard ne tombe pas (ἁλίσκομαι « être pris », ne s’emploie qu’au moyen) dans un piège. »

Saurez-vous déchiffrer ce sizain de Pierre Nicole ?

Du Passif et du Moyen des Verbes en μι.
Mets la brève au Verbe Passif ;
(Fais-en diphthongue à l’Optatif).
Σαι, σο sont secondes personnes,
Aux autres suis les barytonnes.
Le Subjonctif suit son Actif.
En σο se fait l’Impératif.

Conjuguer

Solutions à la fin de l’exercice.

γίγνομαι naître ou devenir (voix moyenne) • (βεβαιόομαι) βεβαιοῦμαι être renforcé (voix passive) • ἐπίσταμαι savoir (voix moyenne) • ἀμύνομαι être repoussé (voix passive) ou se défendre (voix moyenne) • πολιτεύομαι être citoyen (voix moyenne) • δείκνυμαι être montré (voix moyenne) • (καλέομαι) καλοῦμαι être appelé (voix passive), appeler (voix moyenne) • ἵεμαι être envoyé (voix passive de ἵημι) • (ὁράομαι) ὁρῶμαι être vu (voix passive)

→ γίγνομαι, γίγνει (ou γίγνῃ), γίγνεται, γιγνόμεθα, γίγνεσθε, γίγνονται
→ βεβαιοῦμαι, βεβαιοῖ, βεβαιοῦται, βεβαιούμεθα, βεβαιοῦσθε, βεβαιοῦνται
→ ἐπίσταμαι, ἐπίστασαι, ἐπίσταται, ἐπιστάμεθα, ἐπίστασθε, ἐπίστανται
→ ἀμύνομαι, ἀμύνει (ou ἀμύνῃ), ἀμύνεται, ἀμυνόμεθα, ἀμύνεσθε, ἀμύνονται
→ πολιτεύομαι, πολιτεύει (ou πολιτεύῃ), πολιτεύεται, πολιτευόμεθα, πολιτεύεσθε, πολιτεύονται
→ δείκνυμαι, δείκνυσαι, δείκνυται, δεικνύμεθα, δείκνυσθε, δείκνυνται
→ καλοῦμαι, καλεῖ, καλεῖται, καλούμεθα, καλεῖσθε, καλοῦνται
→ ἵεμαι, ἵεσαι, ἵεται, ἱέμεθα, ἵεσθε, ἵενται
→ ὁρῶμαι, ὁρᾷ, ὁρᾶται, ὁρώμεθα, ὁρᾶσθε, ὁρῶνται

Dans les citations suivantes, trouver et analyser les verbes au présent, voix moyenne ou passive.

Les Méliens défient les Athéniens. Οὐ παντάπασιν οὕτως ἀλόγως θρασυνόμεθα. (Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, V. 104)
• παντάπασι(ν), adverbe : tout à fait
• οὕτως est un adverbe (dérivé du démonstratif οὗτος) : de cette manière, ainsi, si
• ἀλόγως : adverbe de manière (suffixe ως) formé à partir de l’adjectif ἄλογος absurde, c-à-d contraire au λόγος (raison).
« Οὐ παντάπασιν pas tout à fait οὕτως si ἀλόγως absurdement θρασυνόμεθα nous avons confiance. » → « Notre assurance n’est donc pas tout à fait si irrationnelle que cela. » (trad. de Jacqueline de Romilly)

Ἐκ πολέμου εἰρήνη μᾶλλον βεβαιοῦται. (Thucydide, I. 124. R. Tosi, Sentences latines et grecques, p. 611)
• ἐκ : hors de, ici au sens figuré.
• ὁ πόλεμος : la guerre (cf. polémique, polémologie)
• μᾶλλον : plus, davantage
• (βεβαιόω) βεβαιῶ affermir, consolider
« Ἐκ πολέμου à partir de la guerre (→ par la guerre) εἰρήνη (la) paix μᾶλλον davantage βεβαιοῦται est affermie ». Autrement dit : si vis pacem, para bellum, célèbre adage latin.

La mouche : Γίνεται οὐκ εὐθὺς τοιαύτη, ἀλλὰ σκώληξ τὸ πρῶτον. (Lucien, Éloge de la mouche, 4)
• γίνομαι = γίγνομαι
• εὐθύς (adverbe) « aussitôt » (εὐθύς adjectif : droit, direct, franc – εὐθύνω mener droit)
• ὁ σκώληξ le vers (3e déclinaison)
• πρῶτον ou τὸ πρῶτον d’abord : cet adverbe est dérivé de l’adjectif πρῶτος « premier » (prototype, protozoaire, protocole, proton…)
« Γίνεται elle ne naît οὐκ εὐθὺς pas aussitôt τοιαύτη telle, ἀλλὰ mais σκώληξ vers τὸ πρῶτον d’abord. »

Encore la mouche. Tῷ φωτὶ χαίρει μάλιστα κἀν τούτῳ πολιτεύεται. (ibid.)
• χαίρει « se réjouir de » s‘emploie avec un complément au datif (ici, τῷ φωτί). D’où ἡ χάρις (3e déclinaison) la grâce, le charme.
• τὸ φῶς la lumière (3e déclinaison), génitif φωτός, d’où « photon », « photographie »…
• κἀν = καί ἐν : crase (« mélange » κρᾶσις de deux mots).
« Χαίρει elle se réjouit de (→ se plaît à) τῷ φωτί la lumière μάλιστα surtout κἀν (= καί ἐν) et dans τούτῳ celle-ci πολιτεύεται elle vaque à ses affaires. »

Toujours la mouche ! Ἀμύνεται οὐ κατὰ τοὐρροπύγιον ὡς σφὴξ καὶ μέλιττα, ἀλλὰ τῷ στόματι καὶ τῇ προβοσκίδι. (ibid., 3)
• τοὐρροπύγιον : encore une crase !
• ὡς : conjonction à (à peu près) tout faire, servant à mettre en relation deux expressions → comme
• μέλιττα ou μέλισσα : abeille, d’où le prénom.
• τὸ στόμα la bouche (3e déclinaison), d’où stomato-logie.
• ἡ προβοσκίς, ίδος : la trompe (qui en réalité ne sert à l’insecte qu’à se nourrir).
« Ἀμύνεται elle se défend οὐ non κατὰ selon (→ avec) τοὐρροπύγιον (= τὸ ὀρροπύγιον) le dard ὡς comme σφὴξ une guêpe καὶ μέλιττα et une abeille, ἀλλὰ mais τῷ στόματι avec la bouche καὶ τῇ προβοσκίδι et la trompe. »

L’âme selon Platon. Τρία τῆς ψυχῆς ἐστιν εἴδη, καὶ ὁ Πλάτων βούλεται ταῦτα. (Galien, Que les mœurs de l’âme sont la conséquence des tempéraments du corps, 3)
• τρεῖς (masculin et féminin) et τρία (neutre) : trois.
• ἐστιν est au singulier alors que le sujet εἴδη « les formes » est au pluriel (τὸ εἶδος la forme, 3e déclinaison). C’est une règle de syntaxe à connaître, on l’appelle τὰ ζῷα τρέχει « les animaux courent », parce que c’est l’exemple qu’on donne traditionnellement.
• ὁ Πλάτων : les noms de personnes s’emploient généralement avec un article.
• ταῦτα : pronom démonstratif, le même que τούτῳ dans la phrase 4.
« Τρία Trois τῆς ψυχῆς de l’âme ἐστιν εἴδη sont les formes, καὶ et ὁ Πλάτων Platon βούλεται veut ταῦτα cela. »

Galien, suite… τὸ μὲν ἐν ἥπατι, τὸ δ´ ἐν καρδίᾳ, τὸ δ´ ἐν ἐγκεφάλῳ καθίδρυται. (ibid.)
τὸ μὲν… τὸ δέ… : l’un… l’autre…
• τὸ ἧπαρ : le foie. Cf. hépatite.
• ἡ καρδία, ας : le cœur
• (καθ)ἱδρύω fonder
« τὸ μὲν l’une (= la première forme) καθίδρυται est installée ἐν ἥπατι dans le foie, τὸ δ´ l’autre ἐν καρδίᾳ dans le cœur, τὸ δ´ ἐν ἐγκεφάλῳ et la dernière dans l’encéphale. »

Sextus Empiricus, philosophe sceptique, critique l’idée selon laquelle un dieu connaît l’avenir. Ἤτοι γὰρ καὶ βούλεται καὶ δύναται πάντων προνοεῖν, ἢ βούλεται μέν, οὐ δύναται δέ, ἢ δύναται μέν, οὐ βούλεται δέ, ἢ οὔτε βούλεται οὔτε δύναται. (Esquisses pyrrhoniennes, III.10)
• coordonnants : ἤ (ou ἤτοι, avec la particule τοι) « ou » – καί « et » – (μέν…) δέ… « et », « mais », « tandis que » – οὔτε… οὔτε… « ni… ni… »
• προνοέω-ῶ : préfixe προ (à l’avance), et νοέω-ῶ penser, concevoir. Cf. νοῦς pensée, raison (point suivant : 2e déclinaison).
« Ἤτοι Soit, à vrai dire, καὶ βούλεται il veut καὶ δύναται et peut à la fois πάντων tout προνοεῖν penser à l’avance (→ prévoir) ; soit il veut, mais ne peut pas (→ sans vouloir) ; soit il ne veut ni ne peut. »

Rappelons qu’une négation peut gouverner une phrase entière, exemple : Oὐκ ἄρα καὶ βούλεται καὶ δύναται πάντων προνοεῖν. (ibid.)
« (Il n’est) pas (vrai de dire qu’) à la fois il veut et il peut tout prévoir. »

Trois autres citations pour le plaisir

Sextus Empiricus souligne la contradiction entre le discours philosophique sur les dieux et les récits des poètes. Παρ’ ἡμῖν μὲν συνήθεια ὡς ἀγαθοὺς καὶ ἀπαθεῖς κακῶν σέβειν τοὺς θεούς, τιτρωσκόμενοι δὲ καὶ φθονοῦντες ἀλλήλοις ὑπὸ τῶν ποιητῶν εἰσάγονται. (Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, I.154)
« Chez nous, il est d’usage de vénérer les dieux comme bons et exempts de maux, mais les poètes les représentent [mot à mot : « ils sont représentés par les poètes »] blessés et jaloux les uns des autres. »
• παρ’ élision de παρά, préposition suivie du datif : « chez »
• ἡμῖν pronom personnel ἡμεῖς « nous », au datif
• ἡ συνήθεια, ας « la coutume »
• ὡς conjonction de subordination, sens multiples : ici « en tant que », « comme », introduit l’attribut du complément d’objet τοὺς θεούς.
• ἀγαθός, ή, όν « bon »
• ἀπαθεῖς accusatif masculin pluriel de l’adjectif ἀπαθής (3 e déclinaison) « qui ne subit pas ». Cf. πάσχω subir, τὸ πάθος (3 e déclinaison) fait de subir, affection, malheur → pathos.
• σέβω « vénérer ». Σέβειν : complément de συνήθεια (ἐστι).
• τιτρὼσκω blesser
• φθονέω-ῶ « envier », complément au datif
• ἀλλήλους, ων pronom réciproque, « les uns les autres ». Cf. par-allèle, l’un à côté de (παρά) l’autre.
• ὑπὸ préposition suivie du génitif, introduit le complément d’agent : « par ».
• ὁ ποιητής, οῦ « le poète »
• εἰσάγω : « introduire », terme du lexique théâtral (introduire un personnage dans une pièce)

Ἁλίσκονται δὲ μάλιστα οἱ ἰχθύες πρὸ ἡλίου ἀνατολῆς καὶ μετὰ τὴν δύσιν, ὅλως δὲ περὶ δυσμὰς ἡλίου καὶ ἀνατολάς· οὗτοι γὰρ λέγονται εἶναι ὡραῖοι βόλοι, διὸ καὶ τὰ δίκτυα ταύτην τὴν ὥραν ἀναιροῦνται οἱ ἁλιεῖς. Μάλιστα γὰρ ἀπατῶνται οἱ ἰχθύες τῇ ὄψει κατὰ τούτους τοὺς καιρούς. (Aristote, Histoire des animaux, 602b)
« Ἁλίσκονται Sont pêchés μάλιστα surtout οἱ ἰχθύες les poissons πρὸ ἡλίου ἀνατολῆς avant le lever du soleil καὶ μετὰ τὴν δύσιν et après le coucher, ὅλως δὲ mais surtout περὶ δυσμὰς ἡλίου vers le coucher du soleil καὶ ἀνατολάς et vers le lever· οὗτοι γὰρ ceux-là en effet λέγονται εἶναι sont dits être (sont appelés) ὡραῖοι βόλοι « coups de filet opportun », διὸ καὶ et c’est pourquoi aussi τὰ δίκτυα les filets ταύτην τὴν ὥραν à ce moment ἀναιροῦνται lèvent οἱ ἁλιεῖς les pêcheurs. Μάλιστα Le plus γὰρ en effet ἀπατῶνται sont trompés οἱ ἰχθύες les poissons τῇ ὄψει par la vue κατὰ τούτους τοὺς καιρούς dans ces conditions. »
• ἀλίσκομαι être pris
• μάλιστα le plus, surtout. Μᾶλλον plus, davantage.
• ἰχθύς (3e déclinaison) : « poisson », acronyme de Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur » (Ἰησοῦς Χριστός, Θεοῦ υἱός, Σωτήρ). Le poisson était un signe de reconnaissance chez les premiers chrétiens. Le pécheur : ὁ ἁλιεύς. Phrase de Jésus à ses disciples : ποιήσω ὑμᾶς ἁλιεῖς ἀνθρώπων, « je ferai de vous des pêcheurs d’hommes » (Matth. IV, 18).
• ἡ ἀνατολή « le lever », d’où « l’orient ». L’Anatolie est une région d’Asie mineure, la Turquie actuelle. Le contraire est (le coucher du soleil) est désigné par les quasi-synonymes δύσις et δυσμή (racine de δύω et de δύνω « s’enfoncer »).
• οὗτοι « ceux-là », « ceux-ci » : c’est encore le démonstratif οὗτος : voir phrases 4 et 6 plus haut.
• ἡ ὥρα l’heure, la saison, le moment. L’adjectif ὡραῖος qui en dérive signifie « de saison », « opportun »…
• (αἱρέω) αἱρῶ « prendre », avec le préverbe ἀνα- (ἀναιρῶ) « enlever ».
• (ἀπατάω) ἀπατῶ « tromper ».
• ἡ ὄψις la vue, la vision. Même racine (ὀπ) dans le mot ὀπτικός, « qui concerne la vue ».
• ὁ καιρός « le moment opportun », mot souvent employé, notamment par les historiens. Le sens du καιρός est essentiel à la guerre.

■ Quelques prépositions à retenir (voir point 12)
• πρό + génitif « avant »
• μετά + accusatif « après »
• περί + accusatif autour, aux alentours de
• κατά + accusatif le long de, selon.

■ Les trois principaux démonstratifs (voir point 13)
ὅδε qui fait au féminin ἥδε et au neutre τόδε. Il se décline comme l’article (voir point 3) : δε reste invariable.
οὗτος qui au féminin fait αὕτη et au neutre τοῦτο.
ἐκεῖνος, ἐκείνη, ἐκεῖνο.

Pourquoi trois démonstratifs ? Les latinistes ne seront pas surpris : il y en a trois aussi en latin (hic, iste, ille).
• Le premier (ὅδε) désigne en principe ce qui est proche de celui qui l’emploie ;
• le deuxième (οὗτος) désigne ce qui se trouve du côté de celui ou de ceux à qui il s’adresse,
• et le troisième (ἐκεῖνος) renvoie à quelque chose ou à quelqu’un d’absent.

Question d’un Scythe (la Scythie est une zone géographiquement mal délimitée, au sud de la Russie actuelle) à un Athénien, sur les exercices du corps. Ταῦτα δὲ ὑμῖν, ὦ Σόλων, τίνος ἕνεκα οἱ νέοι ποιοῦσιν; Οἱ μὲν αὐτῶν περιπλεκόμενοι ἀλλήλους ὑποσκελίζουσιν, οἱ δὲ ἄγχουσι καὶ λυγίζουσι καὶ ἐν τῷ πηλῷ συναναφύρονται κυλινδούμενοι ὥσπερ σύες. (Lucien, Anacharsis ou les exercices du corps, 1)
« Ταῦτα δὲ mais cela ὑμῖν pour vous, selon vous, ὦ Σόλων Solon, τίνος ἕνεκα en vue de quoi (→ pourquoi) οἱ νέοι les jeunes (gens) ποιοῦσιν ; (le) font ? Οἱ μὲν les uns αὐτῶν parmi eux περιπλεκόμενοι s’enlaçant ἀλλήλους l’un l’autre ὑποσκελίζουσιν se font chuter (se font des crocs-en-jambe), οἱ δὲ tandis que d’autres ἄγχουσι s’étreignent καὶ λυγίζουσι et se plient (mutuellement) καὶ ἐν τῷ πηλῷ et dans la boue συναναφύρονται se vautrent κυλινδούμενοι en se roulant ὥσπερ σύες comme des porcs. »
• ταῦτα : encore lui ! (Voir phrases ci-dessus)
• ἕνεκα « à cause de » ou « en vue de », est une préposition construite avec le génitif, avec cette particularité que le complément au génitif se place avant elle. Τίνος ἕνεκα; « En vue de quoi ? »
• νέος nouveau ou jeune : voir le latin novus, et en français néo- (-logisme, -colonialisme, etc.)