Les mots en caractères gras sont des adjectifs de la première classe. Pour chaque mot, indiquer :
S’entraîner à décliner chacun de ces mots à tous les cas, au singulier et au pluriel, sans oublier l’article.
Comprendre le mieux possible la phrase, à l’aide des notes, mais en ayant conscience que les phrases suivantes sont tirées de la littérature, et non de la conversation courante.
Les mots à mémoriser sont soulignés.
Phrases
1. [solution] Ἀλλ´ ἀθάνατός εἰμ´. (Aristophane, Les Oiseaux, v. 1224)
Iris est venue, de la part des dieux de l’Olympe, avertir les oiseaux et mettre fin à la construction de « Coucouville » (trad. Debidour). Pisthetaïros (« Ralliecopain », Debidour) la congédie sans manière, mais Iris se défend.
ἀθάνατος, ος, ον « immortel » (rappel). Chez cet adjectif, la déclinaison est identique au féminin et au masculin ; ἀθάνατος fait partie des adjectifs « épicènes », qui sont, souvent des adjectifs composés (ἀ-θάνατος, avec le ἀ privatif comme préfixe). Le second accent sur ἀθάνατός est un accent d’enclise, dû au mot enclitique (εἰμι) qui le suit.
εἰμι « je suis » est élidé en εἰμ’, car suivi dans la vers d’un mot dont l’initiale est une voyelle (en l’occurrence, la conjonction ἀλλά dans la réplique de Ralliecopain)
2. [solution] Σοφὸς γὰρ εἶ. (Platon, Protagoras, 335c)
Ce compliment ironique est adressé par Socrate au sophiste Protagoras, capable de tenir et de comprendre de longs discours.
σοφός, ή, όν « sage », « habile » (c’est plutôt le sens de σοφός ici). Le philo-sophe aime être sage, comme les soph-istes sans doute, mais qui ont plutôt laissé, quant à eux, le souvenir de leur habileté...
εἶ « tu es » (verbe εἰμι « être », deuxième personne du singulier)
3. [solution] Πολλοὶ ἀνδρεῖοί εἰσιν, ἄδικοι δέ, καὶ δίκαιοι αὖ, σοφοὶ δὲ οὔ. (Platon, Protagoras, 329e)
Socrate vient de demander à Protagoras si un individu qui possède une partie de la vertu (ἀρετή) possède obligatoirement toutes les autres. Protagoras répond par la négative, et s’explique.
πολλοί « beaucoup », nominatif pluriel de πολύς « nombreux », adjectif à thème variable (« irrégulier », si on veut). Ici, il est substantivé.
ἀνδρεῖος, α, ον « courageux » (adjectif dérivé de ἀνήρ « l'homme », génitif ἀνδρός, d'où mis-andr-ie ou poly-andr-ie). Le deuxième accent que porte ce mot est un accent d’enclise, dû au verbe enclitique εἰσιν.
εἰσι(ν) « sont » (verbe εἰμι à la 3e personne du pluriel). Le ν est euphonique, c’est-à-dire pour l’oreille.
ἄδικος, ος, ον (adjectif épicène) « injuste », ou « coupable »
δέ conjonction de coordination, « et » ou « mais ». Se place toujours en deuxième position dans l’expression qu’elle coordonne.
καί conjonction de coordination, « et ». Se place toujours en première position dans l’expression qu’elle coordonne.
δίκαιος, α, ον « juste »
αὖ adverbe, « de nouveau », d’où « au contraire », « en revanche ».
σοφός, ή, ον « habile », « sage », « savant ».
οὐ négation « pas », « ne pas ». Ce mot est atone (c'est-à-dire non accentué) ; il porte ici un accent car il est le dernier mot de la phrase. Suivi d’un mot dont l’initiale est une voyelle, οὐ s’écrit οὐκ (si cette voyelle n’est pas aspirée) ou οὐχ (si cette voyelle est aspirée).
4. [solution] Θέσμιον γάρ. (Eschyle, Agamemnon, v. 1564)
Le coupable doit payer (παθεῖν τὸν ἔρξαντα) : c’est cette règle, fixée par Zeus, que qualifie le choeur. Agamemnon vient d’être assassiné par son épouse Clytemnestre et l’amant de celle-ci, Egisthe. Indigné, le chœur appelle à la vengeance : ὄνειδος... ἀντ’ ὀνείδους.
θέσμιος, ος, ον « légitime ». Adjectif épicène, formé sur la racine θε de τίθημι « poser ».
Remarque : le verbe « être » (ἐστι « est ») est sous-entendu, comme souvent en grec.
5. [solution] Δεινὰ πράγματ´ εἴδομεν. (Aristophane, Les Oiseaux, v. 1472)
Coucouville est envahie par les importuns : le chœur des oiseaux se plaint.
δεινός, ή, όν « terrible » (comme un dino-saure, « terrifiant reptile » ou le dino-thérium, une sorte d'éléphant qui est une terrible bête sauvage, θηρίον). Au neutre, l’adjectif substantivé désigne des choses (à préciser dans la traduction).
πράγματα « choses » (pluriel de πρᾶγμα, mot neutre de la troisième déclinaison) : la racine πραγ- est celle de πρά-ττω, celle de l'action pratique.
εἴδομεν « nous avons vu » : c'est le verbe ὁράω-ῶ « voir », ici à l'aoriste, première personne du pluriel. On y distingue la racine ιδ-, déjà rencontrée.
6. [solution] … χερσὶ πλοκάμους ἔπλεξε φαεινοὺς
καλοὺς ἀμβροσίους ἐκ κράατος ἀθανάτοιο. (Homère, Iliade, XIV, v. 176-177)
Pour plaire à Zeus, Héra, après s’être parfumée, se coiffe.
χερσί « de ses mains » (datif pluriel de ἡ χείρ, ος « la main », celle, par exemple du chir-urgien).
ὁ πλόκαμος, ου « la boucle » (de cheveux). Remarquer la figure dérivative avec ἔπλεξε « elle tressa » (aoriste de πλέκω « tresser »). La comparaison de ces deux mots nous introduit au phénomène d'alternances du vocalisme radical, phénomène archaïque qui remonte à l'indo-européen. Dans πλόκαμος la racine est de type ο ; dans πλέκω, elle est de type ε.
φαεινός, ή, όν « brillant, éclatant ». Retenir la racine φαω de cet adjectif : φαίν-ω « montrer », φαν-ερός « évident », δια-φαν-ής « dia-phane », φάν-τασμα « apparition », « fan-tôme »... « phan-tasme ».
καλός, ή, όν « beau ». Un kal-éidoscope permet de voir (σκοπῶ) de belles images.
ἀμβρόσιος, α, ον « immortel » (contraire de βροτός, ός, όν « mortel ») ; l'ἀμβροσία, l'« ambroisie », rend immortel.
Les adjectifs φαεινοὺς καλοὺς ἀμβροσίους sont simplement juxtaposés ; de telles énumérations d'adjectifs sont fréquentes chez Homère.
κράατος génitif singulier (3e déclinaison) d’un mot τὸ κράς « la tête », inusité au nominatif. Τὸ κρά-νος « le casque », τὸ κρα-νίον « le crâne ».
ἀθανάτοιο = ἀθανάτου. La désinence -οιο est une désinence homérique de génitif singulier.
7. [solution] Βροτοῖσι
… διδοῦσιν ἔχειν ἀγαθόν τε κακόν τε. (Hésiode, Théogonie, v. 218-219)
Hésiode évoque ici les Destinées (Κῆρας, « Kères ») qui président à l’existence des hommes.
διδοῦσι(ν) « elles donnent » (verbe δίδωμι « donner »)
ἔχειν infinitif « (d’) avoir », verbe déjà rencontré.
ἀγαθός, ή, όν « bon », d'où le prénom Agathe.
τε... τε... « et… et… ». Mais τε peut aussi s’utiliser en corrélation avec καί (voir la phrase d’Elien ci-dessous)
κακός, ή, όν « mauvais », comme l'humeur du caco-chyme ou le bruit d'une caco-phonie.
Tous les adjectifs, dans ce vers, sont substantivés : ils s’utilisent comme des noms. Par exemple : Βροτός « mortel », οἱ βροτοί « les mortels ». Si ces adjectifs, dans la phrase d’Hésiode, sont dépourvus d’articles, c’est parce qu’à son époque ὁ, ἡ, τό était encore davantage un démonstratif qu'un article.
8. [solution] ... διδοῦσι
θνητοῖς ἀνθρώποισιν ἔχειν ἀγαθόν τε κακόν τε. (Hésiode, Théogonie, v. 905-906)
Plus loin dans son poème, Hésiode revient sur les Kères, pour dire à leur sujet à peu près la même chose.
θνητός, ή, όν quasi-synonyme de βροτός, mais de la même famille que θάνατος, déjà vu.
9. [solution] Τοῖς τε ἄλλοις θεοῖς φίλος ἐστί, καὶ δὴ καὶ μάλιστα τῷ Ἀπόλλωνι. (d’après Elien, Histoires diverses, II. 13)
Elien parle ici de Socrate ; il le défend contre l’image de sophiste grotesque que donne de lui Aristophane dans Les Nuées.
τε… καί... « et » (le τε ne se traduit pas, mais sert à renforcer la coordination)
ἄλλος, η, ο (pronom-déterminant : voir la désinence -ο du neutre, qui le distingue des adjectifs qualificatifs) « autre ».
φίλος, η, ον « ami »
ἐστί « est », 3e personne du singulier du verbe εἰμι « être ».
καὶ δὴ καί « et en particulier » (le premier καί est la conjonction additive « et », et le second occupe sa fonction originelle : préciser le propos précédent. Syntaxe Humbert § 729)
μάλιστα adverbe : « surtout »
τῷ Ἀπόλλωνι « pour Apollon », datif de ὁ Ἀπόλλων, -ωνος.
10. [solution] Αἵ νύ ποθ' Ἡσίοδον καλὴν ἐδίδαξαν ἀοιδήν… (Hésiode, Théogonie, v. 22)
Hésiode parle ici des Muses, qui l’ont inspiré.
οἵ, qui en grec classique serait un article, est ici (en grec archaïque) un pronom démonstratif : « ceux-ci ».
νυ = νύν « donc », à ne pas confondre avec νῦν « maintenant ».
ποτε adverbe de temps indéfini, « un jour », « jadis ». Attention, il peut servir aussi à intensifier une interrogation (indignation ou enthousiasme) : par exemple τί ποτε ; « quoi donc ? »
ἐδίδαξαν « enseignèrent » (aoriste de διδάσκω « enseigner », qui se construit avec un double accusatif : accusatif de personne, et accusatif de chose, à trouver dans la phrase). Les didasc-alies enseignent les indications nécessaires à une mise en scène.
ἡ ἀοιδή, ης « le chant » ; voir ἡ ᾠδή « le chant », l'ode, ὁ ἀοιδός, « le chanteur », l'aède, et le verbe ᾄδω « chanter »
11. [solution] Δεξιὰ μὲν, κατάμομφα δὲ φάσματα στρουθῶν. (Eschyle, Agamemnon, v. 145)
Le chœur tragique interprète un présage : un vol d’oiseaux dans la ciel.
δεξιός, ά, όν « favorable ». Nous avons déjà rencontré cet adjectif avec son sens propre : « droit« ». Ce qui vient de droite, dans les religions grecque et romaine, est favorable.
μέν... δέ... forme une parataxe en deux temps ; cette parataxe peut se traduire diversement.
κατάμομφος, ος, ον « fâcheux » (μέμφομαι « blâmer », ἡ μομφή « le blâme »)
ὁ στρουθός, οῦ : ce mot peut désigner divers oiseaux, ici il s’agit d’aigles, mais ailleurs il peut s'agir d'au-truches.
12. [solution] Τῶν πολυκτόνων γὰρ οὐκ
ἄσκοποι θεοί. (Eschyle, Agamemnon, v. 461-462)
Le chœur craint qu’Agamemnon ne subisse le prix du sang qu’il a versé.
πολυκτόνος, ος, ον (adjectif épicène) « ayant tué beaucoup d’hommes » (de κτείνω « tuer », et πολύ « beaucoup »). Apollon, lui, est tueur de lézard : sauro-cton-e (vocalisation ο du radical). Voir plus haut le mot « dino-saure », et, sur le site du Louvre, une copie de la statue de Praxitèle.
ἄσκοπος, ος, ον (épicène) « qui ne voit pas » ou « qui n’est pas vu » (voir σκοπῶ, verbe déjà rencontré) ; ici, c’est cette deuxième acception qu’il faut retenir.
13. [solution] Λέγω ὅτι Πρωταγόρας σοφὸς καὶ δεινός ἐστιν ἀνήρ. (Platon, Protagoras, 341a)
Socrate raisonne sur le sens du mot δεινός, « terrible ». Est-il élogieux ou péjoratif ? Il prend un exemple.
λέγω « je dis » : retenir la racine λεγ de la parole, du raisonnement.
ὅτι « parce que » (subordonnant causal) ou « que » (introduit une complétive)
Πρωταγόρας, ου est nom masculin de la première déclinaison.
ἀνήρ « homme » (à distinguer de ἄνθρωπος – voir ci-dessus –, qui n’est pas sexué). Voir, plus haut, l'ἄνδρεια, vertu virile.
14. [solution] Τὸ γὰρ δεινόν, φησίν, κακόν ἐστιν. (Platon, Protagoras, 341b)
Socrate cite, à l’encontre de l’assertion précédente, l’objection de Prodicos contre cet emploi de l’adjectif δεινός.
φησίν « dit-il » (verbe φημι « dire », troisième personne du singulier, employé en incise). La racine φα- est celle du προ-φή-της, mais aussi celle du pro-fe-sseur, qui n'est pas toujours prophète. Le professeur (du latin profiteor) « parle devant », le prophète parle « avant ». Le préfixe est le même : προ.
15. [solution] Οὐκοῦν ἀγαθὸς ὅ γε θεὸς… ; (Platon, La République, II. 379b)
Socrate blâme les poètes, qui prêtent parfois aux dieux une conduite immorale.
οὐκοῦν « donc, n’est-ce pas ? » (à distinguer de οὔκουν… ; « n’est-il pas vrai que… ? »). La différence d'accent entre ces deux mots dit leur différence de sens : οὐκοῦν est accentué sur la partie οὖν, « donc » ; l'autre, sur la négation.
γε particule intensive, dont la fonction est de « projeter de la lumière sur une personne ou sur objet déjà désigné que l’on rappelle avec une certaine insistance » (J. Humbert).
L’article proclitique (donc atone) ὅ porte un accent parce qu’il est suivi de l’enclitique γε. C’est un accent d’enclise.
16. [solution] Χαλεπὰ τὰ καλά ἐστιν… (Platon, Cratyle, 384 b)
Hermogène interroge Socrate sur le sens des noms : est-il fixé par la convention, ou est-il naturel ? Socrate est prudent : l’étude des noms est une belle occupation, mais…
χαλεπός, ή, όν « difficile »
17. [solution] Τὰ νέρθεν ἀσφαλῶς ἔχει θεοῖς. (Lucien, Jupiter tragique, 3)
Héra s’étonne de voir Zeus aussi inquiet. Est-ce que les Géants et les Titans seraient sortis des Enfers, et auraient repris le combat ? Zeus la rassure sur ce point.
νέρθεν adverbe « en bas », « en dessous ».
ἀσφαλῶς sûrement (de l’adjectif ἀσφαλής « sûr », « qui ne tombe pas », de σφάλλω « faire tomber »). L'asphalte (ἄσφαλτος) est un matériau qui empêche de glisser, donc de tomber.
ἐχει « a » (troisième personne du singulier de ἔχω « avoir »), ou « est » : voir ci-dessous.
Un peu de syntaxe !
18. [solution] Δεινὰ ταῦτα ὡς ἀληθῶς. (Lucien, Jupiter tragique, 5)
Zeus vient de dévoiler aux autres Olympiens la raison de son inquiétude : une querelle théologique a lieu entre un stoïcien, Timoclès, et un épicurien (athée, donc) : Damis. Et Damis est en passe de l’emporter… Cette phrase est la réponse d’Héra.
ταῦτα pronom démonstratif au neutre pluriel, « ces choses », donc « cela ».
ὡς conjonction, « en tant que ». La tournure ὡς + adverbe (ἀληθῶς) est idiomatique, mais ὡς est difficilement traduisible.
ἀληθῶς adverbe : « vraiment ». La plupart des mots en -ως sont des adverbes (voir ἀσφαλῶς dans la phrase précédente).
19. [solution] Ἀλλὰ σὲ μέν, ὦ Ἐννοσίγαιε, χαλκοῦν ὁ Λύσιππος καὶ πτωχὸν ἐποίησεν. (Lucien, Jupiter tragique, 9)
Jupiter a convoqué tous les dieux. Poseidon est surpris de devoir céder sa place à un dieu qu’il trouve bizarre : Anubis, le dieu égyptien à tête de chien. Hermès lui répond.
ἀλλά « mais ». Cette conjonction de coordination s’emploie après une phrase ou une proposition interrogative ou négative : elle « met en pièces l'image négative de l'objet pour mieux le définir de façon positive » (J. Humbert). Poseidon vient de poser une question.
σέ pronom personnel « toi », à l’accusatif singulier.
μέν... δέ... : la parataxe (voir plus haut) est incomplète, le δέ se trouve dans la phrase suivante (Οὗτος δὲ ὅλοις μετάλλοις πλουσιώτερός ἐστιν. « Mais ce dieu-là (Anubis) est plus riche des mines entières. »)
ὦ accompagne couramment les vocatifs, mais ne se traduit pas en général (« ô » est moins naturel, en français).
Ἐννοσίγαιε vocatif singulier de Ἐννοσίγαιος, ου « ébranleur de la terre », surnom de Poseidon.
χαλκέος-οῦς, έα-ῆ, έον-οῦν : adjectif contracte. Le radical χαλκε- se termine par la voyelle ε, qui se contracte avec la voyelle thématique pour donner la diphtongue ου au masculin. La contraction de εα donne η, au féminin. L’accent circonflexe résulte, lui aussi, de cette contraction (voir explications sur la contraction). Le chalco-lithique est l'âge du bronze, une chalco-graphie est un atelier de gravure sur cuivre.
ὁ Λύσιππος, ου Lysippos (ou « Lysippe »), sculpteur du IVe siècle av. J.-C. (il est possible de voir des copies de ses œuvres, sur le site du Louvre par exemple)
πτωχός, ή, όν « pauvre »
ἐποίησεν « fit », « a fait » (aoriste, troisième personne du singulier, du verbe ποιέῶ « faire », « créer », dont dérivent les mots ποίησις, d'où poé-sie ποίημα, d'où poè-me)
21. [solution] Ὁ δὲ Ἥφαιστος χωλός ἐστι, βαναυσός τις καὶ πυρίτης τὴν τέχνην. (Lucien, Jupiter confondu, 8)
Cyniskos entreprend, en présence de Zeus, de prouver que les dieux sont inférieurs aux hommes…
χωλός, ή, όν « boiteux »
βαναυσός, οῦ « ouvrier »
τις déterminant ou pronom indéfini : « un » ou « quelqu’un ».
πυρίτης, ου « forgeron », substantif masculin de la première déclinaison ; d’abord adjectif masculin signifiant « de feu ». Le mot πῦρ, « feu », a été rencontré précédemment.
ἡ τέχνη, ης « l’art », « le métier ». Τὴν τέχνην, accusatif de relation : « en ce qui concerne son métier ». Ce mot trouvera, en latin, sa traduction par le mot ars ; en français, il a bien sûr donné naissance à techn-ique, techn-ologie, etc., avec des suffixes grecs eux aussi.
22. [solution] Οὐκ οἶδ´ ὅπου ἰδόντες ἀναπλάττουσι γενειήτην μὲν τὸν Δία, παῖδα δὲ εἰς ἀεὶ τὸν Ἀπόλλωνα καὶ τὸν Ἑρμῆν ὑπηνήτην καὶ τὸν Ποσειδῶνα κυανοχαίτην καὶ γλαυκῶπιν τὴν Ἀθηνᾶν. (Lucien, Sur les sacrifices, 11)
Lucien critique les représentations des dieux par Praxitèle, Polyclète ou Phidias.
οἶδα élidé en οἶδ’ : « je sais », parfait d’un verbe *εἴδω, qui est inusité au présent, qui signifie « voir », et dans lequel nous retrouvons la racine -ιδ de la vue, comme dans ἰδόντες juste après !
ὅπου adverbe interrogatif indirect, « où ».
ἰδόντες « ayant vu », participe aoriste de ὁράω-ῶ. Noter que l’adverbe ὅπου est complément du participe ἰδόντες (« ayant vu où »), alors que le verbe principal, dans cette interrogative indirecte, est ἀναπλάττουσι. Cette tournure, très courante en grec, ne peut être conservée en français.
ἀναπλάττουσι « modèlent », « donnent forme » (verbe ἀναπλάττω, troisième personne du pluriel). Voir πεπλασμένην dans une phrase de Diodore, lue précédemment.
γενειήτης forme ionienne de γενειάτης, qui désigne tout animal barbu. Son génitif (ionien, lui aussi) est γενειήτεω. Cet adjectif ne s’emploie qu’au masculin.
Δία accusatif singulier de Ζεύς (troisième déclinaison). Nous avons déjà lu Διός, son génitif.
παῖδα « enfant », accusatif singulier de ὁ παῖς, génitif παιδός : péd-agogie, péd-ologie.
εἰς préposition de lieu (« dans », avec mouvement) ; déjà lue, mais employée ici au sens figuré : « pour ».
ἀεὶ adverbe « à chaque fois », « toujours ». Εἰς ἀεί : « pour toujours ».
τὸν Ἑρμῆν : accusatif singulier de ὁ Ἑρμῆς « Hermès ».
ὑπηνήτης, ου « barbu »
Ποσειδῶν, ῶνος « Poséidon »
κυανοχαίτης, ου « à la chevelure bleue », cyan.
γλαυκῶπιν accusatif singulier de l’adjectif γλαυκῶπις, ιδος « aux yeux de chouette ». Nous connaissons déjà la « vue », ὤψ ; voici la « chouette », γλαύξ, dont les yeux sont « glauques ».
τὴν Ἀθηνᾶν accusatif singulier de ἡ Ἀθηνᾶ, ᾶς Athéna.
Réponses et traductions
1. [retour] Ἀλλ´ ἀθάνατός εἰμ´. (Aristophane, Les Oiseaux, v. 224)
ἀθάνατος, nominatif féminin singulier, modèle δεινός mais épicène. Attribut du sujet.
« Mais je suis immortelle ! »
Le point d’exclamation n’existe pas en grec, il faut donc parfois l’ajouter dans la traduction.
Découvrir le contexte : Hodoi (univ. de Louvain).
2. [retour] Σοφὸς γὰρ εἶ. (Platon, Protagoras, 335c)
σοφός nominatif masculin singulier, modèle δεινός. Attribut du sujet.
« Car tu es habile (homme). »
Découvrir le contexte : Hodoi.
3. [retour] Πολλοὶ ἀνδρεῖοί εἰσιν, ἄδικοι δέ, καὶ δίκαιοι αὖ, σοφοὶ δὲ οὔ. (Platon, Protagoras, 329d)
ἀνδρεῖοι nominatif masculin pluriel, modèle ἅγιος. Attribut du sujet πολλοί.
ἄδικοι nominatif masculin pluriel, modèle δεινός mais épicène. Attribut du sujet πολλοί.
δίκαιοι nominatif masculin pluriel, modèle ἅγιος. Attribut du sujet πολλοί.
σοφοὶ nominatif masculin pluriel, modèle δεινός. Attribut du sujet πολλοί.
« Beaucoup sont courageux mais criminels, et (beaucoup sont) justes mais ne sont pas sages. »
Découvrir le contexte : Hodoi.
4. [retour] Θέσμιον γάρ. (Eschyle, Agamemnon, v. 1564)
Θέσμιον nominatif neutre singulier, modèle ἄξιος mais épicène. Attribut du sujet.
« C’est en effet légitime. »
Découvrir le contexte : Hodoi.
5. [retour] Δεινὰ πράγματ´ εἴδομεν. (Aristophane, Les Oiseaux, v. 1472)
δεινά accusatif neutre pluriel. Substantivé, complément d’objet de εἴδομεν.
« Nous avons vu des choses terribles. »
Découvrir le contexte : Hodoi.
6. [retour] …χερσὶ πλοκάμους ἔπλεξε φαεινοὺς
καλοὺς ἀμβροσίους ἐκ κράατος ἀθανάτοιο. (Homère, Iliade, XIV, v. 176-177)
φαεινούς accusatif masculin pluriel, modèle δεινός. Epithète de πλοκάμους.
καλούς accusatif masculin pluriel, modèle δεινός. Epithète de πλοκάμους.
ἀμβροσίους accusatif masculin pluriel, modèle ἅγιος. Epithète de πλοκάμους.
ἀθανάτοιο (= ἀθανάτου) accusatif masculin pluriel, modèle δεινός mais épicène. Epithète de κράατος.
« De ses mains, elle tressa les boucles des beaux cheveux brillants, immortels, qui tombaient de sa tête immortelle. »
Découvrir le contexte : Hodoi.
7. [retour] Βροτοῖσι
… διδοῦσιν ἔχειν ἀγαθόν τε κακόν τε. (Hésiode, Théogonie, v. 218-219)
βροτοῖσι datif masculin pluriel, modèle δεινός. Substantivé ; complément d’attribution de διδοῦσιν.
ἀγαθόν accusatif neutre singulier, modèle δεινός. Substantivé ; complément d’objet de διδοῦσιν.
κακόν accusatif neutre singulier, modèle δεινός. Substantivé ; complément d’objet de διδοῦσιν.
« Elles donnent aux mortels (d’avoir) le bien et le mal. »
Découvrir le contexte : Hodoi.
8. [retour] ... διδοῦσι
θνητοῖς ἀνθρώποισιν ἔχειν ἀγαθόν τε κακόν τε. (Hésiode, Théogonie, v. 905-906)
Les analyses et la traduction sont identiques pour cette phrase et pour la précédente.
Découvrir le contexte : Hodoi.
9. [retour] Τοῖς τε ἄλλοις θεοῖς φίλος ἐστί, καὶ δὴ καὶ μάλιστα τῷ Ἀπόλλωνι. (d’après Elien, Histoires diverses, II. 13)
ἄλλοις datif masculin pluriel, déclinaison pronominale. Détermine θεοῖς.
φίλος nominatif masculin pluriel, modèle δεινός. Attribut du sujet (Socrate, sous-entendu).
Littéralement : « Il est ami des autres dieux, et en particulier d’Apollon. » Donc : « Il est aimé de tous les dieux, et en particulier d’Apollon. » Noter cette tournure idiomatique : ἄλλοι... καὶ δὴ καί... « les autres… et en particulier… », en français « tous… parmi lesquels… »
Découvrir le contexte : Hodoi.
10. [retour] Αἵ νύ ποθ' Ἡσίοδον καλὴν ἐδίδαξαν ἀοιδήν… (Hésiode, Théogonie, v. 22)
καλὴν accusatif féminin singulier, modèle δεινός. Epithète du complément d’objet ἀοιδήν, ou attribut.
« Donc, jadis, celles-ci enseignèrent à Hésiode un beau chant (ou : « un chant qui soit beau »). »
Découvrir le contexte (début de la Théogonie) : Hodoi.
11. [retour] Δεξιὰ μὲν, κατάμομφα δὲ φάσματα στρουθῶν. (Eschyle, Agamemnon, v. 145)
δεξιά nominatif neutre pluriel, modèle ἅγιος. Attribut du sujet φάσματα (le verbe ἐστι, « est », est sous-entendu).
κατάμομφα nominatif neutre pluriel, modèle δεινός mais épicène. Même analyse.
« Ils sont favorables mais fâcheux, les signes manifestés par les aigles. » « Il est favorable mais fâcheux, le présage des aigles. »
Découvrir le contexte : Hodoi.
12. [retour] Τῶν πολυκτόνων γὰρ οὐκ
ἄσκοποι θεοί. (Eschyle, Agamemnon, v. 461-462)
πολυκτόνων génitif masculin pluriel, modèle δεινός, mais épicène. Substantivé, complément de l’adjectif ἄσκοποι.
ἄσκοποι nominatif maculin pluriel, modèle δεινός, mais épicène. Attribut du sujet θεοί.
« En effet, les dieux ne sont pas (εἰσι « sont », sous-entendu) sans voir ceux qui versent beaucoup de sang. »
Découvrir le contexte : Hodoi.
13. [retour] Λέγω ὅτι Πρωταγόρας σοφὸς καὶ δεινός ἐστιν ἀνήρ. (Platon, Protagoras, 341a)
σοφός nominatif masculin singulier, modèle δεινός. Attribut du sujet ἀνήρ.
δεινός nominatif masculin singulier, modèle δεινός. Attribut du sujet ἀνήρ.
« Je dis que Protagoras est un homme habile et redoutable. »
Découvrir le contexte : Hodoi.
14. [retour] Τὸ γὰρ δεινόν, φησίν, κακόν ἐστιν. (Platon, Protagoras, 341b)
δεινόν nominatif neutre singulier. Substantivé avec l’article τό, il est sujet du verbe ἐστιν.
κακόν nominatif neutre singulier, modèle δεινός. Attribut du sujet τὸ δεινόν.
« En effet, dit-il, ce qui est "redoutable" est mauvais. »
Découvrir le contexte : Hodoi.
15. [retour] Οὐκοῦν ἀγαθὸς ὅ γε θεὸς… ; (Platon, La République, II, 379b)
ἀγαθὸς nominatif masculin singulier, modèle δεινός. Attribut du sujet ὁ θεός.
« Donc, il est bien vrai que le dieu est bon, n’est-ce pas ? »
Découvrir le contexte : Hodoi.
16. [retour] Χαλεπὰ τὰ καλά ἐστιν […] (Platon, Cratyle, 384 b)
χαλεπά nominatif neutre pluriel, modèle δεινός. Attribut du sujet τὰ καλά.
καλά nominatif neutre pluriel, modèle δεινός. Substantivé, sujet du verbe ἐστιν.
« Les choses difficiles sont belles […]. » Il faudrait être Prodicos pour pouvoir résoudre le problème posé par Hermogène, mais Socrate, malheureusement, n’a suivi que sa démonstration à une drachme !...
À lire dans son contexte : Hodoi.
17. [retour] Τὰ νέρθεν ἀσφαλῶς ἔχει θεοῖς. (Lucien, Jupiter tragique, 3)
Aucun adjectif qualificatif, mais ἀσφαλῶς est, pour le sens, en position d’attribut du sujet.
« Les enfers sont sûrs pour les dieux. » « Pour les dieux », précise Zeus : en effet, les mortels, eux, voient parfois des morts remonter vers eux...
Lire dans son contexte : Hodoi.
18. [retour] Δεινὰ ταῦτα ὡς ἀληθῶς. (Lucien, Jupiter tragique, 5)
δεινὰ nominatif neutre pluriel. Attribut du sujet ταῦτα.
Littéralement : «Terribles sont ces choses, vraiment. » Donc : « Voilà qui est terrible, vraiment ! »
À lire dans son contexte : Hodoi.
19. [retour] Ἀλλὰ σὲ μέν, ὦ Ἐννοσίγαιε, χαλκοῦν ὁ Λύσιππος καὶ πτωχὸν ἐποίησεν. (Lucien, Jupiter tragique, 9)
χαλκοῦν = χαλκόον « de bronze », accusatif masculin singulier, modèle δεινός, mais avec contraction. Attribut de σέ complément d’objet de ἐποίησεν.
πτωχόν accusatif masculin singulier, modèle δεινός. Attribut de σέ complément d’objet de ἐποίησεν.
« Mais toi, Ebranleur de la terre, Lysippe t’a fait de bronze, et pauvre ! » Anubis, lui, est fait d’or… Cette plaisanterie est en même temps une critique de la religion.
À lire dans son contexte : Hodoi.
20. [retour] Ὁ δὲ Ἥφαιστος χωλός ἐστι, βαναυσός τις καὶ πυρίτης τὴν τέχνην. (Lucien, Jupiter confondu, 8)
χωλός nominatif masculin singulier, modèle δεινός. Attribut du sujet ὁ Ἥφαιστος.
πυρίτης adjectif employé comme nom, modèle μύστης. Attribut du sujet ὁ Ἥφαιστος.
« Mais Héphaïstos est boiteux, (c’est) un ouvrier, et (il est) forgeron de son métier. »
À lire dans son contexte : Hodoi.
21. [retour] Οὐκ οἶδ´ ὅπου ἰδόντες ἀναπλάττουσι γενειήτην μὲν τὸν Δία, παῖδα δὲ εἰς ἀεὶ τὸν Ἀπόλλωνα καὶ τὸν Ἑρμῆν ὑπηνήτην καὶ τὸν Ποσειδῶνα κυανοχαίτην καὶ γλαυκῶπιν τὴν Ἀθηνᾶν. (Lucien, Sur les sacrifices, 11) [retour]
γενειήτην accusatif masculin singulier, modèle μύστης (voir plus haut πυρίτης). Attribut du complément d’objet τὸν Δία.
ὑπηνήτην accusatif masculin singulier, modèle μύστης. Attribut du complément d’objet τὸν Ἑρμῆν.
κυανοχαίτην accusatif masculin singulier, modèle μύστης. Attribut du complément d’objet τὸν Ποσειδῶνα.
« J’ignore où ils ont vu cela : ils représentent (littéralement : « je ne sais pas où ayant vu ils représentent… ») Zeus garni de poils, Apollon toujours enfant, Hermès barbu, Poseidon avec des cheveux bleus, et Athéna avec des yeux de chouette. » Comme ci-dessus, il s’agit d’une critique de la religion par le biais des images.
À lire dans son contexte : Hodoi.