L'aoriste

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Valeurs de l’aoriste

L’aoriste est un temps du passé : c’est sa valeur temporelle.
À l’aspect du présent (aspect de « procès qui se développe ») s’oppose l’aspect de l’aoriste, celui d’un « procès aboutissant à un terme défini, ou procès pur et simple » (A. Meillet, cité par J. Humbert, Syntaxe grecque, 1993, p. 134) ; « L’aoriste n’exprime que l’action verbale » (J. Bertrand, Nouvelle grammaire grecque, p. 306).

« L’aoriste indicatif constate un fait passé dont la durée – effectivement brève ou longue – n’a pas d’intérêt aux yeux du sujet parlant » (J. Humbert, op. cit., p. 141). D’où son nom : « aoriste » (ἀόριστος) signifie « indéterminé ». La référence au passé est la valeur temporelle de l’aoriste ; comme la durée est indifférente, l’action est présentée comme un point : c’est la valeur d’aspect de l’aoriste (aspect ponctuel).
Il existe aussi un aoriste d’expérience, lié à sa valeur temporelle.
Il existe aussi un aoriste de vérité générale (« aoriste gnomique »), lié à sa valeur d’aspect.
Précédé de εἴθε ou de εἰ γάρ, l’aoriste est l’expression du regret.
Avec ἄν, il équivaut à un irréel du passé ou à un portentiel dans le passé (conditionnel passé en français). La particule ἄν s’emploie dans l’apodose (proposition principale), et non dans l’apodose (proposition subordonnée, conditionnelle en général).

L’aoriste subjonctif n’a qu’une valeur d’aspect, « dépouillée de toute considération subjective et durative » (J. Humbert, op. cit., p. 155)

L’aoriste optatif n’a qu’une valeur d’aspect, sauf dans le cas de l’optatif de substitution (« optatif oblique ») quand l’optatif remplace un verbe à l’indicatif ; car dans ce cas l’aoriste peut avoir une valeur temporelle.

L’aoriste infinitif a une valeur temporelle s’il dépend d’un verbe de parole ou de pensée, et une valeur aspectuelle s’il dépend d’un verbe d’ordre ou de volonté, ou d’une locution impersonnelle (« il faut… », « il convient… », etc.)

L’aoriste participe peut indiquer l’action comme achevée (ce qui équivaut à une antériorité par rapport au verbe dont il dépend), ou n’indiquer aucun rapport de temps particulier par rapport au verbe dont il dépend, et envisager l’action « de façon abstraite » (id., p. 173).

L’aoriste impératif n’a qu’une valeur d’aspect.

Morphologie de l'aoriste indicatif

Considérations générales

L’augment ne s’emploie qu’à l’indicatif.
Les désinences employées sont les désinences secondaires à l’indicatif et à l’optatif, et les désinences primaires au subjonctif. Les autres modes (impératif, infinitif, participe) possèdent leurs propres désinences.
Au duel, les désinences sont -τον et -την à la voix active, -σθον et -σθεν aux voix moyenne et passive. La voyelle thématique (le cas échéant) est -ε-.

Attention : Les rubriques 1 à 4 ne concernent pas l’aoriste passif.


    1.   Aoriste thématique

La conjugaison est identique à celle de l’imparfait (augment (), thème avec voyelle thématique, désinence secondaire)
Le plus souvent, le thème est différent de celui du présent (par modification de celui-ci, ou par l’usage d’un thème complètement autre)
Noter que les aoristes thématiques concernent des verbes qui sont déjà thématiques au présent.

λείπω « laisser »

ἔλιπον
ἔλιπες
ἔλιπε
ἐλίπομεν
ἐλίπετε
ἔλιπον

λείπομαι moyen : « être laissé en arrière », « être privé »

ἐλιπόμην
ἐλίπου
ἐλίπετο
ἐλιπόμεθα
ἐλίπεσθε
ἐλίποντο


    2.   Aoriste sigmatique

Augment, radical, morphème -σ-, et désinence secondaire
Utilisation des désinences secondaires.


Comme le ν (désinence de la 1e pers. du sing.) s’est vocalisé en α, la 1e pers. du sing. est en –σα (avec α bref, ᾰ), et cette forme σα s’est étendue à toute la conjugaison.
La désinence de 3e personne du pluriel est -ν
L'aoriste sigmatique concerne des verbes qui sont thématiques au présent, mais aussi les verbes en –νυμι, et ἵστημι dans son emploi transitif.

λύω « délier » (1)

ἔ-λυ-σ-α
ἔ-λυ-σ-α-ς
ἔ-λυ-σ-ε
ἐ-λύ-σ-α-μεν
ἐ-λύ-σ-α-τε
ἔ-λυ-σ-α-ν

ποιέω-ῶ « faire » (2)

ἐ-ποίη-σ-α
ἐ-ποίη-σ-α-ς
ἐ-ποίη-σ-ε
ἐ-ποιή-σ-α-μεν
ἐ-ποιή-σ-α-τε
ἐ-ποίη-σ-α-ν

θρύπτω « briser » (3)

ἔ-θρυψ-α
ἔ-θρυψ-α-ς
ἔ-θρυψ-ε
ἐ-θρύψ-α-μεν
ἐ-θρύψ-α-τε
ἔ-θρυψ-α-ν

ἀγγέλλω « annoncer » (4)

ἤγγειλ-α
ἤγγειλ-α-ς
ἤγγειλ-ε
ἠγγείλ-α-μεν
ἠγγείλ-α-τε
ἤγγειλ-α-ν

ἔρρω « s’en aller » (4)

ἤρρη-σ-α
ἤρρη-σ-α-ς
ἤρρη-σ-ε
ἠρρή-σ-α-μεν
ἠρρή-σ-α-τε
ἤρρη-σ-α-ν

δείκνυμι « montrer » (5)

ἔ-δειξ-α
ἔ-δειξ-α-ς
ἔ-δειξ-ε
ἐ-δείξ-α-μεν
ἐ-δείξ-α-τε
ἐ-δείξ-α-ν

(1) Radicaux en et
(2) Radicaux vocaliques : allongement du radical (ε η, α η, ο ω)
(3) Radicaux en occlusive :

  • labiales et πτ ψα
  • dentales et ττ σα (la dentale disparaît)
  • gutturales ξα

(4) Radicaux en liquide et en nasale :
soit : α seul (disparition du σ) et allongement du radical.
soit : η tampon et σα
(5) Radicaux en -νυμι


    3.   Aoriste radical

Emploi seulement de l’augment, du radical, et des désinences secondaires.
Le radical du présent est modifié.

ἵστημι « se placer » (1)

ἔ-στη-ν
ἔ-στη-ς
ἔ-στη
ἔ-στη-μεν
ἔ-στη-τε
ἔ-στη-σαν

γιγνώσκω « apprendre à connaître », « comprendre », « penser », « décider »

ἔ-γνω-ν
ἔ-γνω-ς
ἔ-γνω
ἔ-γνω-μεν
ἔ-γνω-τε
ἔ-γνω-σαν

(1) N.B.    Ἵστημι transitif (« placer ») a un aoriste sigmatique (se conjuguant sur le modèle de ἐποίησα : ἔστησα), de même que ἵσταμαι moyen (se conjuguant sur le modèle de ἐποιησάμην : ἐστησάμην).


    4.    Aoriste de τίθημι, ἵημι et δίδωμι


Emploi de l’augment, du radical au degré réduit (εἱ- pour ἵημι), et désinences secondaires
Au singulier de la voix active : radical au degré long (ἡ- pour ἵημι), morphème κ, et désinences α, ας, ε
Contraction en ου à la 2e personne du singulier (désinence -σο), voix moyenne, pour τίθεμαι et δίδομαι (ἔθου, ἔδου).

ἵημι

ἧ-κ-α
ἧ-κ-α-ς
ἧ-κ-ε
εἷ-μεν
εἷ-τε
εἷ-σαν

ἵεμαι moyen

εἷ-μην
εἷ-σο
εἷ-το
εἵ-μεθα
εἷ-σθε
εἷ-ντο

τίθημι

ἔ-θη-κ-α
ἔ-θη-κ-α-ς
ἔ-θη-κ-ε
ἔ-θε-μεν
ἔ-θε-τε
ἔ-θε-σαν

τίθεμαι moyen

ἐ-θέ-μην
ἔ-θου
ἔ-θε-το
ἐ-θέ-μεθα
ἔ-θε-σθε
ἔ-θε-ντο

δίδωμι

ἔ-δω-κ-α
ἔ-δω-κ-α-ς
ἔ-δω-κ-ε
ἔ-δο-μεν
ἔ-δο-τε
ἔ-δο-σαν

δίδομαι moyen

ἐ-δό-μην
ἔ-δου
ἔ-δε-το
ἐ-δό-μεθα
ἔ-δο-σθε
ἔ-δο-ντο


    5.    Aoriste passif


Utilisation du morphème η ou θη (parfois les deux sont possibles pour un même verbe).
Désinences secondaires actives (paradoxalement). 3e plur. : -σαν

λύω « délier » (1)

ἐ-λύ-θη-ν
ἐ-λύ-θη-ν
ἐ-λύ-θη
ἐ-λύ-θη-μεν
ἐ-λύ-θη-τε
ἐ-λύ-θη-σαν

ποιέω-ῶ « faire » (2)

ἐ-ποιή-θη-ν
ἐ-ποιή-θη-ς
ἐ-ποιή-θη
ἐ-ποιή-θη-μεν
ἐ-ποιή-θη-τε
ἐ-ποιή-θη-σαν

ἵστημι « placer » (3)

ἐ-στά-θη-ν
ἐ-στά-θη-ς
ἐ-στά-θη
ἐ-στά-θη-μεν
ἐ-στά-θη-τε
ἐ-στά-θη-σα-ν

τίθημι « poser » (3)

ἐ-τέ-θη-ν
ἐ-τέ-θη-ς
ἐ-τέ-θη
ἐ-τέ-θη-μεν
ἐ-τέ-θη-τε
ἐ-τέ-θη-σαν

θρύπτω « briser » (4)

ἐ-θρυφ-θη-ν
ἐ-θρυφ-θη-ς
ἐ-θρυφ-θη
ἐ-θρύφ-θη-μεν
ἐ-θρύφ-θη-τε
ἔ-θρυφ-θη-σαν

φθείρω « tendre » (5)

ἐ-φθάρ-η-ν
ἐ-φθάρ-η-ς
ἐ-φθάρ-η
ἐ-φθάρ-η-μεν
ἐ-φθάρ-η-τε
ἐ-φθάρ-η-σαν


(1) Radicaux en υ et ι
(2) Le radical des verbes thématiques à radical vocalique s’allonge (ε η, α η, ο ω)
(3) Verbes athématiques à radical vocalique : radical au degré réduit.
Noter que l’aoriste passif de τίθημι est ἐτέθην, à cause de la loi de Grassmann (la première consonne aspirée perd son aspiration) au lieu de *ἐθέθην.
(4) Radicaux consonantiques

  • labiales et πτ φθη
  • dentales σθη (la dentale disparaît)
  • gutturales χθη

(5) liquides et nasales : même radical qu’au parfait actif, et morphème θη ou η.

Irrégularités :

  • Certains verbes voient leur radical profondément transformé
  • D’autres empruntent la forme σθη ou lieu de θη.


Morphologie de l'aoriste infinitif

Considérations générales

Pas d'augment : nous ne sommes pas à l’indicatif.
Les formes soulignées ne suivent pas la loi de la remontée maximale de l’accent.
À la voix moyenne, l’infinitif aoriste de τίθεμαι, de ἵεμαι et de δίδομαι est identique au présent (hormis la disparition du redoublement). Le même phénomène se remarque au participe, au subjonctif et à l’optatif (exception : la voix passive).

Aoriste passif Aoristes actif et moyen aoriste thématique aoriste sigmatique aoriste radical (radical au degré long) aoriste de τίθημι, ἵημι, δίδωμι
(radical au degré réduit)
λυθῆ-ναι actif λιπεῖν λῦσαι
ποιῆσαι
στῆ-ναι θεῖ-ναι
εἷ-ναι
δοῦ-ναι
(contraction du radical et du morphème -εναι)
moyen λιπέ-σθαι λύσα-σθαι
x
θέ-σθαι
ἕ-σθαι
δό-σθαι


Morphologie de l'aoriste participe

Considérations générales

Pas d’augment : nous ne sommes pas à l’indicatif.
Les formes soulignées ne suivent pas la loi de la remontée maximale de l’accent.
Le participe aoriste de τίθημι, de ἵημι et de δίδωμι est identique au présent, hormis la disparition du redoublement. Le même phénomène se remarque à l’infinitif, au subjonctif et à l’optatif (exceptions : voix passive, et infinitif actif).

Aoriste passif
morphème -ντ-
Aoristes actif et moyen aoriste thématique aoriste sigmatique aoriste radical (radical au degré réduit) aoriste de τίθημι, ἵημι, δίδωμι
(radical au degré réduit)
M. λυθεί-ς, λυθέ-ντος
F. λυθεῖ-σα, λυθεί-σης
N. λυθέ-ν, λυθέ-ντος
actif
morphème -ντ-
M. λιπώ-ν, λιπό-ντος
F. λιποῦ-σα, λιπού-σης
N. λιπό-ν, λιπό-ντος
M. λύσα-ς, λύσα-ντος
F. λύσα-σα, λυσά-σης
N. λῦσα-ν, λύσα-ντος
M. στά-ς (1), στά-ντος
F. στᾶ-σα (1), στά-σης (1)
N. στά-ν, στά-ντος

M. γνού-ς (1), γνό-ντος
F. γνοῦ-σα (1), γνού-σης (1)
N. γνό-ν, γνό-ντος

M. θεί-ς (1), θέ-ντος
F. θεῖ-σα (1), θεί-σης (1)
N. θέ-ν, θέ-ντος

M. εἵ-ς (1), ἕ-ντος
F. εἷ-σα (1), εἵ-σης (1)
N. ἕ-ν, ἕ-ντος

M. δού-ς (1), δό-ντος
F. δοῦ-σα (1), δού-σης (1)
N. δό-ν, δό-ντος

moyen
morphème -μενος
λιπό-μενος, η, ον λυσά-μενος, η, ον
x
θέ-μενος, η, ον
ἕ-μενος, η, ον
δό-μενος, η, ον



Morphologie de l'aoriste subjonctif

Considérations générales

Pas d’augment : nous ne sommes plus à l’indicatif.
Les constantes : la voyelle thématique (allongée : ω ou η), et les désinences primaires.
Le α de l’aoriste sigmatique disparaît, ainsi que le η de l’aoriste passif.
Le ω et le η se substituent, chez les verbes en μι, à la voyelle de leur radical.
Le subjonctif aoriste de τίθημι, de ἵημι et de δίδωμι est identique au présent, hormis la disparition du redoublement (θῶ pour τιθῶ et θῶμαι pour τιθῶμαι, pour ἱῶ et ὧμαι pour ἱῶμαι, δῶ pour διδῶ et δῶμαι pour διδῶμαι). Le même phénomène se remarque à l’infinitif, à l’optatif et au participe (exceptions : voix passive, et infinitif actif).
Le subjonctif utilisant les désinences primaires, le duel est en -τον / σθον contrairement aux autres modes.
Les formes soulignées ne respectent pas lois de la remontée maximale de l’accent.

Aoriste passif Aoristes actif et moyen aoriste thématique aoriste sigmatique aoriste radical aoriste de τίθημι, ἵημι, δίδωμι
λυ-θ-ῶ
λυ-θ-ῇς
λυ-θ-ῇ
λυ-θ-ῶ-μεν
λυ-θ-ῆ-τε
λυ-θ-ῶσι
actif λίπ-ω
λίπ-ῃς
λίπ-ῃ
λίπ-ω-μεν
λίπ-η-τε
λίπ-ωσι
λύσω
etc.
στῶ
etc.
θῶ
etc.
moyen λίπ-ω-μαι
λίπ-ῃ
λίπ-η-ται
λιπ-ώ-μεθα
λίπ-η-σθε
λίπ-ω-νται
λύσωμαι
etc.
x
θῶμαι
etc.


Morphologie de l'aoriste optatif

Considérations générales

Pas d’augment : nous ne sommes plus à l’indicatif.
On utilise les désinences secondaires (sauf μι – désinence primaire des formes athématiques – parfois à la 1er personne du singulier).
Il y a deux suffixes :

  • le suffixe ι pour l’aoriste thématique (avec la voyelle thématique ο), l’aoriste sigmatique, et l’aoriste de τίθεμαι, ἵεμαι et δίδομαι moyens.
  • le suffixe ιη pour l’aoriste radical, l’aoriste actif de τίθημι, ἵημι et δίδωμι, et l’aoriste passif ; mais il s’emploie uniquement au singulier.

L’optatif aoriste de τίθημι, ἵημι et de δίδωμι est identique au présent, hormis la disparition du redoublement (θείην pour τιθείην et θείμην pour τιθείμην, εἵην pour ἱείην et εἵμην pour ἱείμην, δοίην pour διδοίην et δοίμην pour διδοίμην). Le même phénomène se remarque à l’infinitif, au subjonctif et au participe (exceptions : voix passive, et infinitif actif).
Au duel les désinences sont bien sûr les mêmes qu'à l'indicatif, ce sont les désinences secondaires : -τον, -την (voix active) et -σθον, σθην (voix moyenne et passive).
Les formes soulignées ne respectent la loi de la remontée maximale de l'accent.

Aoriste passif Aoristes actif et moyen aoriste thématique aoriste sigmatique aoriste radical aoriste de τίθημι, ἵημι, δίδωμι
λυ-θε-ίη-ν
λυ-θε-ίη-ς
λυ-θε-ίη
λυ-θε-ῖ-μεν
λυ-θε-ῖ-τε
λυ-θε-ῖ-εν
actif λίπ-ο-ι-μι (1)
λίπ-ο-ι-ς
λίπ-ο-ι
λίπ-ο-ι-μεν
λίπ-ο-ι-τε
λίπ-ο-ι-εν
λύ-σα-ι-μι (1)
λύ-σα-ι-ς (ou -ειας)
λύ-σα-ι (ou -ειε)
λύ-σα-ι-μεν
λύ-σα-ι-τε
λύ-σα-ι-εν (ou -ειαν)
στα-ίη-ν
στα-ίη-ς
στα-ίη
στα-ῖ-μεν
στα-ῖ-τε
στα-ῖ-εν
θε-ίη-ν
θε-ίη-ς
θε-ίη
θε-ῖ-μεν
θε-ῖ-τε
θε-ῖ-εν
moyen λιπ-o-ί-μην
λίπ-ο-ι-ο
(2)
λίπ-ο-ι-το
λιπ-ο-ί-μεθα
λίπ-ο-ι-σθε
λίπ-ο-ι-ντο
λυ-σα-ί-μην
λύ-σα-ι-ο
(2)
λύ-σα-ι-το
λυ-σα-ί-μεθα
λύ-σα-ι-σθε
λύ-σα-ι-ντο
x
θε-ί-μην
θε-ῖ-ο
θε-ῖ-το
θε-ί-μεθα
θε-ῖ-σθε
θε-ῖ-ντο

(1) Désinence primaire, par exception.
(2) Chute du σ dans la désinence σο.


Morphologie de l'aoriste impératif

Considérations générales

Pas d’augment : nous ne sommes plus à l’indicatif.
L’impératif n’existe pas à la première personne (on utilise alors le subjonctif).
Au duel, les désinences sont -τον, -την (voix active) et -σθον / -σθην (voix moyenne et passive), avec la voyelle thématique le cas échéant.
La forme soulignée ne respecte pas la loi de la remontée maximale de l’accent.

Aoriste passif
θη ou θε (3e plur.)
Aoristes actif et moyen aoriste thématique aoriste sigmatique aoriste radical aoriste de τίθημι, ἵημι, δίδωμι
λύ-θη-τι (1)
λυ-θή-τω
λύ-θη-τε
λυ-θέ-ντων
actif λίπ-ε (2)
λιπ-έ-τω
λίπ-ε-τε
λιπ-ό-ντων
λύ-σ-ον (4)
λύ-σά-τω
λύ-σα-τε
λύ-σά-ντων
στῆ-θι (1)
στή-τω
στῆ-τε
στά-ντων
θέ-ς (6)
θέ-τω
θέ-τε
θέ-ντων
moyen λιπ-oῦ (3)
λίπ-έ-σθω
λίπ-ε-σθε
λιπ-έ-σθων
λῦ-σ-αι (5)
λυ-σά-σθω
λύ-σα-σθε
λυ-σά-σθων
x
θ-οῦ (3)
θέ-σθω
θέ-σθε
θέ-σθων

Notes sur la deuxième personne du singulier, qui est variable :
(1) désinence -θι. Dans le cas de l’aoriste passif (morphème θη), la désinence est τι (loi de Grassmann : la première consonne aspirée perd son aspiration, donc le premier θ devient τ).
(2) aucune désinence
(3) désinence -σο ; chute du sigma intervocalique, et contraction
(4) désinence -ον
(5) désinence -αι
(6) désinence