Répondre au commentaire

Phrases d'exercice sur la troisième déclinaison : radicaux en occlusive et liquide


Page en cours d'écriture

Les mots en caractères gras sont des noms de la troisième déclinaison, à radical en occlusive ou un liquide. Pour chacun de ces mots :

  • analyser la forme : personne et voix ;
  • isoler le radical ;
  • décliner le nom à tous les cas ;
  • comprendre le mieux possible la phrase, à l’aide des notes, tout en ayant bien conscience que les phrases suivantes sont tirées de la littérature, et non de la conversation courante.
  • Les mots soulignés sont à mémoriser, en raison de leur fréquence et de leur place dans la progression grammaticale.


1. Τὸν δὲ νάρθηκα προσάπτουσιν αὐτῷ (Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, livre IV)
Sur un attribut de Dionysos.

ὁ νάρθηξ, ηκος : « la baguette »
προσάπτω « attribuer », composé de ἅπτω « ajuster », « attacher », « atteindre »

2. Ἔνθα δὲ Νυκτὸς παῖδες ἐρεμνῆς οἰκί' ἔχουσιν,
Ὕπνος καὶ Θάνατος, δεινοὶ θεοί
(Hésiode, Théogonie, v. 757-758)
Hésiode décrit le « sombre Tartare », Τάρταρον ἠερόεντα (v. 721).

ἡ νύξ, « la nuit ».
ὁ (ou ἡ) παῖς, « l’enfant »
ἐρεμνός, ή, όν : « sombre » (voir ἔρεβος, et le verbe ἐρέφω)
τὸ οἰκίον « la demeure »
ὁ ὕπνος « le sommeil »
ὁ θάνατος « la mort »

3. Γελᾷ δέ τε δώματα πατρὸς
Ζηνὸς ἐριγδούποιο...
(Hésiode, Théogonie, v. 40-41)
L’effet, sur Zeus, du chant des Muses.

τὸ δῶμα « la demeure », ici au pluriel, désigne le palais de Zeus. À rapprocher de δόμος (même sens), et du latin domus.
Ζηνός, comme Διός, est le génitif de Ζεύς. Ce nom se décline sur deux thèmes, Δι- et Ζην-.
ἐριγδούποιο = ἐριγδούπου : la désinence -οιο est une désinence homérique de génitif singulier. Ἐρίγδουπος (adjectif épicène) ; le γδοῦπος est un bruit sourd ; ἐρι- est un préfixe « augmentatif », c’est-à-dire d’intensité.

Γήθησεν δὲ μέγα φρεσὶ Γαῖα πελώρη. (Hésiode, Théogonie, v. 173)
Encore du plaisir ! Cronos vient d'accepter de défendre sa mère Gaia, la Terre, contre Ouranos qui l'étreint trop fort...

γηθέω-ῶ se réjouir
μέγα « grandement », neutre de μέγας, μεγάλη, μέγα « grand ».
ἡ φρήν (génitif φρενός) le cœur, ou l’esprit. Le mot désigne une zone située vers le foie, vers le dia-phrag-me.
ἡ γαῖα, -ας « la terre », forme ionienne (en attique γῆ, -ῆς).
πέλωρος, α, ον « énorme » (le féminin en -η est ionien).
Voir la même expression dans les exercices sur l’imparfait.

4. Πάντων χρημάτων μέτρον ἐστὶν ἄνθρωπος, τῶν μὲν ὄντων ὡς ἔστιν, τῶν δὲ οὐκ ὄντων ὡς οὐκ ἔστιν. (Sextus Empiricus, Contre les savants, VII.60)
Une phrase bien connue de ce célèbre sophiste…

τὸ χρῆμα désigne toute réalité du point de vue de son utilité : χράομαι-ῶμαι « utiliser ». Τὰ χρήματα signifie souvent « l’argent » ; ici, « les choses », tout simplement.
τὸ μέτρον « la mesure » (« mètre », et l’adjectif μέτριος « mesuré »).
ὄντων « étant », participe présent de εἰμι « être », au génitif pluriel.

5. Δαιμόνων δέ που χάρις βίαιος
σέλμα σεμνὸν ἡμένων.
(Eschyle, Agamemnon, v. 182-183)
Un propos du chœur sur un savoir précieux, qui vient des dieux : dans la souffrance il y a une expérience (πάθει μάθος, v. 176).

ἡ χάρις, génitif -ιτος : « la grâce », ou le plaisir. Le verbe χαίρω signifie « se réjouir ». En français : le charis-me qui est une « grâce », et l’eu-charis-tie qui est un remerciement, c’est-à-dire une action de « grâces » (εὐχαρίστέω-ῶ « être reconnaissant »).
βίαιος (adjectif épicène) : « violent » (ἡ βία « la force », βιάζω « forcer »)
τὸ σέλμα désigne différents objets ayant la forme d’une ligne : ici la rangée, ou la barre.
σεμνός, ή, όν « vénérable »
ἡμένων participe présent de ἧμαι « être assis »

6. Οὐκ ἐπειδὴ ἤλλαξαν τὴν δόξαν τοῦ ἀφθάρτου Θεοῦ ἐν ὁμοιώματι κτηνῶν καὶ τετραπόδων καὶ ἑρπετῶν ; (Basile de Césarée, Dieu n’est pas l’auteur du mal, I)
Cette question rhétorique donne une explication au fait que les païens aient atteint une tel degré de décadence. Basile, évêque de Césarée, fait partie des pères de Cappadoce, fondateurs de l’Église d’Orient.

ἐπειδή « puisque », conjonction de subordination qui peut aussi signifier « quand », de même que la conjonction ἐπεί.
ἤλλαξαν « ont abandonné », aoriste de ἀλλάττω « échanger », « abandonner ». Ce verbe est formé sur le radical de ἄλλος « autre ».
ἡ δόξα : « l’opinion », ou ici « la gloire »
ἄφθαρτος, adjectif épicène : « incorruptible », donc « immortel ». C’est un adjectif verbal, qui vient de φθείρω « corrompre », « détruire ».
τὸ ὁμοίωμα « l’image », « la ressemblance ». Voir ὁμοιόω-ῶ « rendre semblable », et ὅμοιος « semblable » (homo-, homéo-)
τὸ κτῆνος, mot neutre de la 3e déclinaison : « bétail » (d’où bœuf, mouton, etc.) ; c’est, étymologiquement, une possession, une acquisition : κτάομαι-ῶμαι « acquérir ».
τετράπους, génitif -ποδος : ayant quatre pieds, quatre pattes.
τὸ ἑρπετόν « le reptile », animal rampant (ἕρπω « ramper », en latin serpo).

7. Οὔκουν ἐν ἔργῳ χέρνιβες ξίφος τε σόν ; (Euripide, Iphigénie en Tauride, v. 1190)
Sauvée par Artémis du sacrifice préparé par son père Agamemnon, Iphigénie est devenue, en Tauride, prêtresse de cette déesse. Celle-ci lui a fixé pour tâche de sacrifier tous les étrangers qui se présentent. Mais voici que son frère, Oreste, et son ami Pylade débarquent ; Après avoir reconnu son frère, Iphigénie temporise. Thoas, le roi de Tauride, l’interroge : pourquoi ce sacrifice n’est-il pas accompli ?

oὔκουν : accentué sur la négation (οὐκ), cet adverbe signifie ici « cependant… ne… pas… »
ἡ χέρνιψ : bassin d’eau lustrale (ἡ χείρ « la main », νίπτω « laver »)
τὸ ξίφος, mot neutre de la 3e déclinaison, radical en , « l’épée », « le poignard »

8. θαλάμευμα Κουρήτων
ζάθεοί τε Κρήτας
Διογενέτορες ἔναυλοι,
ἔνθα τρικόρυθες ἄντροις
βυρσότονον κύκλωμα τόδε
μοι Κορύβαντες ηὗρον.
(Euripide, Bacchantes, v. 120-125)
Nous voici du côté frénétique de la religion grecque : du côté des Bacchantes, des Ménades, des Corybantes, des Kourètes… du côté de cultes désordonnés, voire violents. Le chœur de cette tragédie est composé de Bacchantes, fidèles de Dionysos, dont Βάκχος est un autre nom.

τὸ θαλάμευμα : caverne. Le θάλαμος est une chambre intérieure ; ce mot peut désigner un sanctuaire, la partie réservée aux prêtres. Ces connotations se retrouvent dans θαλάμευμα.
ὁ Κουρής le Kourète, prêtre de Zeus, en Crète. Le κόρος est un « garçon » ; les Κουρῆτες sont les « êtres divins qui ont exécuté autour de Zeus enfant une danse guerrière » (P. Chantraine, Dictionnaire étymologique de la langue grecque). La jeunesse et la danse sont donc présents dans ce mot.
ζάθεος, η (ou ος), ον vénérable, saint. Le préfixe ζα- est une forme dialectale (plus précisément, éolienne) pour δια-, et c’est un préfixe intensif. Littéralement, donc : « très divin ».
ἡ Κρήτη la Crète (avec, ici, voyelle α)
Διογενέτωρ, ορος « qui a donné naissance à Zeus ». Le γενέτωρ est le géniteur : on reconnaît la racine de la naissance, γν (γι-γν-ομαι « naître », γέν-εσις « naissance », genèse, γεν-νάω « enfanter », etc.). L’adjectif διογενέτωρ, adjectif de la deuxième classe, se décline comme le nom γενέτωρ.
ὁ ἔναυλος la grotte, comme τὸ ἄντρον, « l’antre ». Ce mot désigne d’abord le lit d’un cours d’eau, et il est dérivé de αὐλός, tuyau, flûte. Le sème principal est celui du creux.
τρίκορυς « au casque surmonté de trois cimiers ». Ὁ κόρυς « le casque », ou par métaphore « la tête » (même tragédie, v. 1185). On reconnaît la racine κρ- de la tête (τὸ κράς, τὸ κάρα : « la tête », τὸ κρανίον « le casque », etc.). La mi-graine (ἡμικρανία) est une douleur dans la moitié du crâne. L’adjectif τρίκορυς est un adjectif de la deuxième classe. Il se décline comme κόρυς.
βυρσότονος, ος, ον « tendu de peau » (τείνω « tendre », et ἡ βύρσα « le cuir » : latin bursa, français « bourse »)
τὸ κύκλωμα « le cercle » (ὁ κύκλος, même sens)
ὁ Κορύβας Le Corybante, prêtre de Cybèle.
ηὗρον « trouvèrent », aoriste de εὑρίσκω « trouver ».

Oἵαν οἵαν ὀργὰν
ἀναφαίνει χθόνιον
γένος ἐκφύς γε δράκοντός
ποτε Πενθεύς, ὃν Ἐχίων
ἐφύτευσε χθόνιος,
ἀγριωπὸν τέρας, οὐ φῶ-
τα βρότειον, φόνιον δ´ ὥσ-
τε γίγαντ´ ἀντίπαλον θεοῖς.
(Euripide, Bacchantes, v. 537-544)
C’est encore le choeur des Bacchantes qui fulminent contre Penthée, le roi de Thèbes. Celui-ci refuse d’accueillir le maître comme un dieu, avec les honneurs qui lui sont dus.

ἡ ὀργή « la colère », avec, ici, voyelle α.
ἀναφαίνω, composé de φαίνω « montrer ».
χθόνιος, α (ou ος), ον « de la terre », adjectif dérivé de ἡ χθών « la terre ». Penser au français « autochtone », de la terre même.
τὸ γένος « la race », « l’espèce », mot neutre de la 3e déclinaison, radicaux sigmatiques. En latin genus, en français « genre » : c’est encore la racine γν- (voir plus haut).
ἐκφύς « né de » (avec complément au génitif, indiquant l’origine), participe aoriste intransitif de ἐκφύω, « naître de », « provenir de ». Voir, deux vers plus bas, ἐφύτευσε « fit naître », aoriste de φυτεύω « faire naître ». De φύω « faire pousser », φύομαι « pousser », « grandir ». La « phys-ique » est science de la nature, la phyto-thérapie est une médecine par les plantes (τό φυτόν).
ὁ δράκων le serpent, le dragon. Ce mot est dérivé du verbe δέρκομαι « regarder », en particulier d’un regard perçant.
Πενθεύς Penthée
Ἐχίων (génitif Ἐχίονος) Echiôn, un des guerriers qui naquirent des dents du dragon semées par Cadmos, fondateur de Thèbes. Il épousa Agavé, fille de Cadmos.
ἀγριωπός (adjectif épicène) au regard sauvage
τὸ τέρας (génitif τέρατος) le monstre, le prodige. La « tératologie » est la science des monstres.
ὁ φώς, génitif τοῦ φωτός : l’homme. Ce mot a la même origine que φύω, φυτόν, φυτεύω, etc. Ne pas confondre ce mot avec τὸ φῶς (génitif τοῦ φωτός), « la lumière » (d’où photo-n, photo-graphie, etc.)
βρότειος, ος (ou α), ον : mortel, c’est-à-dire de condition mortelle.
φόνιος meurtrier, sanguinaire (ὁ φόνος le meurtre, ὁ φονεύς le meurtrier)
ὁ γίγας (génitif γίγαντος) géant. Le gigant-isme est le caractère de ce qui est gigant-esque.
ἀντίπαλος (adjectif épicène) ennemi de, en lutte avec (complément au datif)

9. Ὅπερ δὲ πάσχουσιν ἄνθρακες ὑπὸ δᾴδων, οἳ θᾶττον ἐξάπτονται διὰ τὴν ἤδη πρὸς τὸ πῦρ ἐπιτηδειότητα, οὕτως ἡ δαίμονος φύσις ἐμπαθὴς οὖσα, μᾶλλον δὲ πάθος οὖσα, ζῶν καὶ κινούμενον, πελάσασα ψυχῇ τὸ ἐν αὐτῇ πάθος κινεῖ... (Synésios de Cyrène, L’Égyptien ou de la providence, I.10)
Il n’y a pas que les « grands » dieux : il y a aussi, dans le cœur de l’homme, les δαίμονες, les « démons ». Le chrétien Synésios fait une lecture morale de ces dieux.
Synésios est un évêque de Ptolémaïs, en Cyrénaïque, vivant à la fin du IVe et au début du Ve siècle. Il a été l’élève de la philosophe alexandrine Hypatie (que le film Alejandro Amenábar Agora, en 2009, a contribué a faire connaître au grand public).

ὅπερ = ὡς, « comme », conjonction exprimant la comparaison. Ὅπερ est le neutre singulier du pronom relatif ὅσπερ, employé adverbialement.
πάσχω « subir ». La racine est πάθ (πάθ-σκω), la racine de πάθος, du path-os, du path-étique ; celle de l’adjectif ἐμπαθής, ici « rempli de passions » (préfixe ἐν- « dans »).
ὁ ἄνθραξ « le charbon ». L’anthrax est la maladie du charbon.
ὑπό, préposition suivie du génitif, sert à construire le complément d’agent.
ἡ δαΐς « la torche » (de δαίω « allumer »). Ici, la forme est contractée en δᾴς. Ne pas confondre ce mot avec ἡ δαίς, génitif δαιτός, « le festin ».
οἵ pronom relatif, « qui »
θᾶττον (en attique θᾶσσον), comparatif de supériorité de ταχύς « rapide » (adjectif de la 3e classe). Au neutre singulier, il est employé comme adverbe : « plus rapidement ».
ἐξάπτω « enflammer », composé de ἅπτω : voir plus haut. C’est l’idée de contact qu’exprime la racine du verbe.
τὸ πῦρ « le feu » (pyr-omane, etc.)
ἡ ἑπιτηδειότης « l’affinité avec », de ἐπιτήδειος, α, ον : approprié.
οὕτω(ς), adverbe de manière (suffixe –ως) formé à partir du déterminant οὗτος. Voir plus haut ἐκφύς.
οὖσα « étant », participe présent de εἰμι « être ».
μᾶλλον « plus », ou ici « plutôt ». C’est le comparatif de μάλα, « tout à fait » ; noter le superlatif μάλιστα, au neutre pluriel, qui signifie « le plus », « surtout ».
ζῶν « vivant », participe présent de ζάω-ῶ « vivre » (cf. τὸ ζῷον « l’être vivant », « l’animal »).
κινούμενον « mû », participe présent passif de κινέω-ῶ « mouvoir » (le ciné-ma est image en mouvement).
πελάσασα « s’approchant », participe aoriste de πελάζω « s’approcher ».
ἡ ψυχή « l’âme ». Lire Eros et Psyché ; voir psych-ologue, psych-isme, etc.



Réponses et traductions

Τὸν δὲ νάρθηκα προσάπτουσιν αὐτῷ (Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, livre IV)
νάρθηκα : accusatif singulier de νάρθηξ, complément d’objet de προσάπτουσιν.
« Ils (c’est-à-dire « on ») lui attribue la baguette. »
L’explication donnée par Diodore est cocasse. Comme, pendant les festins où l’on boit du vin, les hommes se battent à coup de bâton, Dionysos ordonna aux hommes de se servir de baguettes !
À lire dans le contexte : Hodoi.

Ἔνθα δὲ Νυκτὸς παῖδες ἐρεμνῆς οἰκί' ἔχουσιν,
Ὕπνος καὶ Θάνατος, δεινοὶ θεοί
(Hésiode, Théogonie, 757-758)
Νυκτός, génitif singulier de νύξ.
παῖδες, nominatif pluriel de παῖς.
« Là, les enfants de la Nuit obscure occupent leur demeure,
Sommeil et Mort, dieux terribles. »
À lire dans le contexte : Hodoi.

Γελᾷ δέ τε δώματα πατρὸς
Ζηνὸς ἐριγδούποιο...
(Hésiode, Théogonie, v. 40-41)
δώματα : nominatif pluriel de δῶμα, sujet de γελᾷ.
πατρός : génitif singulier de πατήρ, « père », complément de δώματα.
Ζηνός : génitif singulier de Ζεύς.
« Et le palais de Zeus père, grondant, rit. »
Le rire est une manifestation de plaisir. Certains traducteurs parlent plutôt de sourire.
À lire dans le contexte : Hodoi.

Γήθησεν δὲ μέγα φρεσὶ Γαῖα πελώρη. (Hésiode, Théogonie, v. 173)
φρεσὶ datif pluriel de φρήν.
« L’énorme Gaia se réjouit beaucoup. »
À lire dans son contexte : Hodoi.

Πάντων χρημάτων μέτρον ἐστὶν ἄνθρωπος, τῶν μὲν ὄντων ὡς ἔστιν, τῶν δὲ οὐκ ὄντων ὡς οὐκ ἔστιν. (Sextus Empiricus, Contre les savants, VII.60)
χρημάτων génitif pluriel de χρῆμα, complément de μέτρον.
« L’homme est la mesure de toutes choses, de celles qui sont (mot à mot : « des étants ») en tant qu’elles sont, et de celles qui ne sont pas, en tant qu’elles ne sont pas. »
Voir, aussi, le commentaire de cette phrase par le chrétien Eusèbe de Césarée, dans sa Préparation évangélique : à lire dans les Hodoi.

Δαιμόνων δέ που χάρις βίαιος
σέλμα σεμνὸν ἡμένων.
(Eschyle, Agamemnon, v. 182-183)
δαιμόνων génitif pluriel de δαίμων, complément de χάρις.
χάρις nominatif singulier, sujet d’un verbe implicite (ἐστι).
σέλμα accusatif singulier, complément de lieu (sans préposition, ici) de ἡμένων.
« C’est une grâce violente, sans doute, (envoyée) des dieux assis à la barre vénérable. »
Très beau vers, en grec : et un défi pour le traducteur…Remarquer la paronomase : σέλμα-σεμνόν.
Traduction, plus audacieuse, de Pierre Judet de la Combe (Bayard, 2004) :

Elle est là, la grâce des dieux, impérieusement
assis à leur banc redoutable de rameurs.

À lire dans le contexte : Hodoi.

Οὐκ ἐπειδὴ ἤλλαξαν τὴν δόξαν τοῦ ἀφθάρτου Θεοῦ ἐν ὁμοιώματι κτηνῶν καὶ τετραπόδων καὶ ἑρπετῶν ; (Basile de Césarée, Dieu n’est pas l’auteur du mal, I)
ὁμοιώματι datif singulier de ὁμοίωμα, la préposition ἐν s’emploie avec le datif.
τετραπόδων génitif pluriel de τετράπους.
« N’est-ce pas parce qu’ils échangèrent la gloire du Dieu immortel contre la semblance de bêtes, de quadrupèdes et de reptiles ? »
À lire dans le contexte : Hodoi.

Οὔκουν ἐν ἔργῳ χέρνιβες ξίφος τε σόν ; (Euripide, Iphigénie en Tauride, v. 1190)
χέρνιβες : nominatif pluriel de χέρνιψ. « Bassins ».
« Cependant, tes bassins et ton épée ne sont pas à l’œuvre ? »
À lire dans le contexte : Hodoi.

Ὦ θαλάμευμα Κουρήτων
ζάθεοί τε Κρήτας
Διογενέτορες ἔναυλοι,
ἔνθα τρικόρυθες ἄντροις
βυρσότονον κύκλωμα τόδε
μοι Κορύβαντες ηὗρον.
(Euripide, Bacchantes, v. 120-125)
θαλάμευμα : vocatif singulier.
Κουρήτων : génitif pluriel de Κουρής, complément de θαλάμευμα.
Κορύβαντες : nominatif singulier de Κορύβας, sujet de ηὗρον.
« Cavernes des Courètes, divines grottes de Crète, qui virent naître Zeus, là, les Corybantes à trois aigrettes ont, dans leurs antres, inventé pour moi ce disque tendu de cuir. »
Ce disque tendu de cuir, c’est le tambourin.
À lire dans le contexte : Ph. Remacle.

Oἵαν οἵαν ὀργὰν
ἀναφαίνει χθόνιον
γένος ἐκφύς γε δράκοντός
ποτε Πενθεύς, ὃν Ἐχίων
ἐφύτευσε χθόνιος,
ἀγριωπὸν τέρας, οὐ φῶ-
τα βρότειον, φόνιον δ´ ὥσ-
τε γίγαντ´ ἀντίπαλον θεοῖς.
(Euripide, Bacchantes, v. 537-544)
δράκοντός génitif singulier de δράκων.
Ἐχίων nominatif singulier.
τέρας nominatif singulier.
φῶτα accusatif singulier de φώς.
γίγαντα accusatif singulier de γίγας.
« Quelle folie, quelle folie furieuse manifeste l’enfant de la terre, né jadis du dragon, Penthée, qu'engendra Échion chthonien, (Échion) monstre au regard sauvage : ce n’est pas un mortel, mais une sorte de géant sanguinaire, ennemi des dieux ! »
À lire dans le contexte : Ph. Remacle.

Ὅπερ δὲ πάσχουσιν ἄνθρακες ὑπὸ δᾴδων, οἳ θᾶττον ἐξάπτονται διὰ τὴν ἤδη πρὸς τὸ πῦρ ἐπιτηδειότητα, οὕτως ἡ δαίμονος φύσις ἐμπαθὴς οὖσα, μᾶλλον δὲ πάθος οὖσα, ζῶν καὶ κινούμενον, πελάσασα ψυχῇ τὸ ἐν αὐτῇ πάθος κινεῖ... (Synésios de Cyrène, L’Égyptien ou de la providence, I.10)
ἄνθρακες : nominatif pluriel de ἄνθραξ, sujet de πάσχουσιν « subissent l’action de ».
δᾴδων : génitif pluriel de δαΐς, « la torche », complément de πάσχουσιν.
πῦρ : accusatif singulier, après la préposition πρός « (en)vers »
ἐπιτηδειότητα : accusatif singulier de ἐπιτηδειότης, après la préposition διά + accusatif.
δαίμονος : génitif singulier de δαίμων, complément de φύσις.
« Comme les charbons subissent l’action des torches, eux qui s’allument plus rapidement du fait de l’affinité (qu’ils ont) désormais avec le feu, de même, la nature du démon, qui est pleine de passions, ou (qui), plutôt, est passion, vivante, en mouvement, s’approche de l’âme et meut en elle la passion… »
À lire dans le contexte : Hodoi.

Répondre