Cette page n'est pas exhaustive ; ce n'est qu'un aide-mémoire simplifié.
Il a un drôle d'accent ce verbe-là, il a une drôle de voix...
On va pas se laisser faire les gars !
Qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il a ?(d'après Pierre Vassiliu)
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ἐ-διδασκ-ό-μην « nous instruisions »
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ἐ-
augment |
-διδασκ-
radical du verbe |
-ό-
voyelle thématique |
-μην
désinence |
| L’augment s’utilise uniquement au mode indicatif, à l’imparfait, à l’aoriste et au plus-que-parfait. | Le radical d’un verbe peut changer d’un temps à l’autre. | La voyelle thématique est soit -ο-, soit -ε-. Elle ne s’utilise pas chez tous les verbes, ni à tous les temps. | La désinence donne une information sur la personne, sur la voix, et même sur le temps. |
Un « thème » verbal associe un sens (action, ou état) et un aspect (celui du présent, de l'aoriste, ou du parfait).
Il y a trois thèmes verbaux : le thème du présent, le thème de l’aoriste, et le thème du parfait. Pour certains verbes, un radical différent peut correspondre à chaque thème ; d’autres recourent à deux radicaux, ou n’en utilisent qu’un seul.
Exemples : λείπ-ω « je laisse » (présent), ἐ-λιπ-ον « je laissai » (aoriste), λέ-λοιπ-α (parfait). Aux trois thèmes correspondent trois radicaux : λειπ-, λιπ- et λοιπ-.
λύ-ω « je délie » (présent), ἔ-λυ-σα « je déliai » (aoriste), λέ-λυ-κα « j’ai délié » (parfait). Ce verbe n’utilise qu’un radical : λυ-.
Le thème peut inclure une « voyelle thématique », comme dans ἐ-διδασκ-ό-μην. Il n’existe que deux voyelles thématiques : ο et ε.
Au présent, les verbes se partagent en quatre catégories :
1. Les verbes à radical en consonne qui utilisent une voyelle thématique.
Ex. : βάλλ-ο-μεν (« nous jetons »).
Noter que les verbes dont le radical est en υ ou en ι font partie de cette catégorie.2. Les verbes à radical en consonne qui n’utilisent pas de voyelle thématique (« athématiques »).
Ex. : δείκνυ-μεν (« nous montrons »)
Les verbes dont le radical est en υ ou en ι font partie de cette catégorie.3. Les verbes à radical en voyelle (ε, α ou ο) qui utilisent une voyelle thématique.
Ces verbes sont appelés « contractes », parce que la voyelle du radical se « contracte » avec la voyelle thématique.
Ex. : ποιοῦμεν (« nous faisons »), formé à partir de *ποιέ-ο-μεν (radical ποιε-, voyelle thématique ο)4. Les verbes à radical en consonne qui n’utilisent pas de voyelle thématique (« athématiques »).
Ex. : τίθε-μεν (« nous posons »)
Il y a trois nombres : le singulier, le pluriel, et le duel (quand le sujet est constitué de deux choses, de deux personnes ; le duel s’utilise assez peu).
Il y a trois personnes au singulier, trois personnes au pluriel, et deux personnes au duel (la 2e et la 3e personnes).
Les temps grammaticaux sont le présent, l’imparfait, le futur, l’aoriste, le parfait, et le plus-que-parfait. Il existe aussi un futur du parfait, très rare.
Le temps du verbe peut-être indiqué :
Les notions d’antériorité, de simultanéité et de postériorité sont incertaines en grec. Plus pertinente est la notion d'aspect : « Le grec est sensible à l'aspect, parce que celui-ci est concret et subjectif. » (Jean Humbert, Syntaxe grecque, p. 134)
Il y a une voix active, une voix passive, et une voix moyenne. La voix moyenne est intermédiaire entre l’actif et le passif : elle indique, le plus souvent, que l’action est accomplie en rapport avec le sujet (dans son intérêt, en particulier).
Comment les reconnaît-on ?
Quels sont-ils ?
1. L’indicatif est le mode du fait à l’état brut.
2. L’impératif sert à donner un ordre, comme son nom l’indique (en latin imperare, ordonner)
3. Le subjonctif sert à énoncer une éventualité, ou une volonté. Les faits rapportés au subjonctif sont plus subjectifs que les faits rapportés à l'indicatif.
| Emplois du subjonctif
1. en apodose (proposition principale ou indépendante) a- délibération. Τί πράττω; (« Que dois-je faire ? Que faire ? ») b- exhortation (en particulier à la 1e personne, que ne possède pas l’impératif). Ἐξερχώμεθα. (« Sortons. ») 2. en protase (proposition subordonnée) a- éventuel (toujours avec un subordonnant et la particule ἄν). Dans la proposition principale, le verbe est au présent ou au futur de l’indicatif. Ἐὰν θνῄσκῃς, τὶ πράξω; (« Si tu meurs, que ferai-je ? ») b- but (avec comme subordonnant ἵνα, ὅπως ou ὡς, et éventuellement la particule ἄν) c- crainte. Φοβοῦμαι μή θνῄσκῃς. (« Je crains que tu ne meures. ») |
4. L’optatif exprime un souhait (en latin optare « souhaiter ») ou une possibilité.
| Emplois de l'optatif
1. en apodose (proposition principale ou indépendante) a- souhait. Εἶεν εὐμενεῖς. (« Pourvu qu’ils soient bienveillants ! ») b- possibilité (potentiel), avec la particule ἄν. Εὐμενεῖς ἂν εἶεν... (« Ils seraient bienveillants... »). L'optatif se traduit en général par un conditionnel présent. c- affirmation atténuée. Σὺ δ’ἂν βούλοις... (« Et toi, tu voudrais... ») 2. en protase (proposition subordonnée) a- possibilité (potentiel), sans ἄν cette fois. ... εἰ καὶ ἡμεῖς εἶμεν. (« ... si nous l’étions aussi »). b- répétition dans le passé : dans une proposition circonstancielle de temps ou de condition, ou dans une proposition relative. Ὅτε ταῦτα εἴποιμι ἐγέλα. (« Quand je disais cela, il riait. ») c- L'optatif oblique (ou « optatif de substitution ») se substitue à un indicatif ou à un subjonctif, pour inscrire l’énoncé dans une logique subjective : dans une proposition complétive ou dans une proposition circonstancielle de but (et uniquement si le verbe principal est à un temps du passé). |
5. L' infinitif exprime « l'idée verbale nue » (J. Humbert, op. cit., p. 125). Il représente donc l'« idée verbale » (p. 124) toute simple, sans indication de personne (c'est donc un mode impersonnel). Ses emplois sont beaucoup plus nombreux qu'en français.
L'infinitif est proche du substantif, dont peut avoir les fonctions (sujet, complément d'objet en particulier). Il devient un véritable substantif quand il est accompagné d'un article : il est alors substantivé (par exemple : τὸ γελᾶν « le fait de rire », « le rire »).
Mais l'infinitif peut aussi s'employer librement : c'est l'infinitif d'ordre (ou de défense), l'infinitif exclamatif (étonnement, indignation, vœu), l'infinitif complément d'un adjectif, l'infinitif de but, et l'infinitif absolu.
5. Le participe « détermine une qualité rendue par le verbe » (J. Humbert, op. cit., p. 127). Ses emplois sont beaucoup plus nombreux qu'en français, également.
Le participe est proche de l'adjectif : il peut s'utiliser comme épithète, ou comme apposition. Dans ce dernier cas, il revêt une valeur circonstancielle (cause, temps, manière, opposition, condition, et, au futur, le but).
Mais le participe peut aussi s'employer librement : c'est le génitif absolu et l'accusatif absolu, qui équivalent à une proposition circonstancielle, munie d'un sujet qui n'est pas celui du verbe dont l'expression dépend.
À chaque personne correspond une désinence. Il y a des désinences primaires et secondaires, et dans chacune de ces catégories, des désinences actives et des désinences moyennes et passives.
Le choix des désinences primaires ou des désinences secondaires dépend du temps et du mode du verbe (par exemple à l’indicatif aoriste, on utilise les désinences secondaires ; mais au subjonctif aoriste, on utilise les désinences primaires).
| Désinences primaires | Désinences secondaires | |||
| voix active | voix moyenne et passive | voix active | voix moyenne et passive | |
| formes thématiques | formes athématiques (désinences d'origine) |
-μαι -σαι (5) -ται -μεθα -σθε -νται -σθον |
-ν -ς -τ (6) -μεν -τε -ν 2e duel -τον |
-μην -σο (5) -το -μεθα -σθε -ντο 2e duel -σθον |
| 1e sg. -ω (1) 2e sing. -εις (1) 3e sing. -ει (1) 1e plur. -μεν 2e plur. -τε 3e plur. -ντι (1) (2) 2e et 3e duel -τον |
-μι -σι (3) -τι (4) -μεν -τε -ντι (2) -τον |
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(1) La désinence se combine avec la voyelle thématique.
(2) Cette forme ne se trouve jamais telle quelle : soit elle devient -ουσι (en se combinant avec la voyelle thématique), soit le ν se change en α et la désinence devient –ασι.
(3) Se simplifie en ς le plus souvent.
(4) Se change en σι (sauf après un σ).
(5) Souvent, le σ disparaît quand il est placé entre deux voyelles, provoquant la contraction de ces deux voyelles. Exemple : *λύ-ε-σαι donne λύει (ou λύῃ), *ἐ-λύ-ε-σο donne ἐλύου.
(6) Cette désinence cependant a disparu.
Panorama simplifié de l'indicatif (morphologie)
| Les temps et leurs caractéristiques constantes | Les catégories de verbes et leurs particularités | |||
| Verbes thématiques à radical en consonne, en ι et en υ | Verbes thématiques à radical en voyelle | Verbe athématiques à radical en consonne, en ι et en υ | Verbes athématiques à radical en voyelle | |
| présent |
avec voyelle thématique |
contraction du radical et de la voyelle thématique |
pas de voyelle thématique |
- pas de voyelle thématique - radical long (au singulier actif) ou bref (au pluriel actif et au moyen-passif) (1) |
| imparfait |
avec voyelle thématique |
contraction du radical et de la voyelle thématique |
pas de voyelle thématique |
- pas de voyelle thématique - voyelle du radical : longue (au singulier actif) ou brève (au pluriel actif et au moyen-passif) |
| futur |
allongement du radical |
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allongement du radical |
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| aoriste |
- à l’actif et au moyen : suffixe σ (sans voyelle thématique) ou changement de radical (avec ou sans voyelle thématique) - au passif : changement possible de radical. |
- allongement du radical - en général, aoristes en σ à l’actif et au moyen |
- à l’actif et au moyen : suffixe σ - pas de voyelle thématique |
- pour τίθημι, δίδωμι, ἵημι : suffixe κ au singulier de la voix active, et allongement du radical. Radical bref partout ailleurs. - pour ἵστημι : aoriste en σ ou aoriste radical. - pas de voyelle thématique |
| parfait |
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allongement du radical |
- à la voix active, radical allongé (en η pour τίθημι, en ει pour ἵημι, en ω pour δίδωμι) - aux voix moyenne et passive, radical en -ει (pour τίθημι et ἵημι) ou en -ο (pour δίδωμι) |
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| plus-que-parfait |
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allongement du radical |
- à la voix active, radical allongé (en η pour τίθημι, en ει pour ἵημι, en ω pour δίδωμι) - aux voix moyenne et passive, radical en -ει (pour τίθημι et ἵημι) ou en -ο (pour δίδωμι) |
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| futur du parfait |
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(1) L'allongement ou l'abrègement du radical sont l'allongement ou l'abrègement de la dernière voyelle qui compose ce radical : par exemple η dans ποιήσω ou ω dans δώσω. À l’inverse, le radical est bref quand sa dernière voyelle est brève (par exemple ε dans ἐθέμην)
Commentaires
une erreur
Monsieur Gadeyne je crois qu'il y a, sauf incompréhension de ma part, une erreur au "petit 4" de la partie "les thèmes".
« les verbes à radical en voyelle au lieu de consonne qui n'utilisent pas de vouyelle thématique »
ex: τίθε-μεν (« nous posons »)
Un hypokhâgneux
C'est corrigé, merci beaucoup
C'est corrigé, merci beaucoup !