Contractions, allongements, crases : qu'est-ce que c'est ?

1. Contractions

Une contraction peut résulter de la rencontre entre deux voyelles ; le résultat est une voyelle longue ou une diphtongue.
Le contractions se produisent toujours entre le radical et la terminaison d'un mot. C'est le cas des verbes dont le radical se termine par une voyelle, et qui possèdent une voyelle thématique, par exemple εὐσεβέω qui se contracte en εὐσεβῶ.

Ce phénomène ne concerne pas que des verbes : chez les noms et chez les adjectifs aussi se produisent, à la terminaison, des contractions entre voyelles. Pour le détail, on se repotera aux pages où ce phénomène apparaît :

Les contractions se font de la manière suivante :

εω --> ω
εο --> ου
εου --> ου
εε --> ει
εει --> ει
αω --> ω
αο --> ω
αου --> ω
αε --> α
αει -->
οω --> ω
οο --> ου
οου --> ου
οε --> ου
οει --> οι


2. Allongement

Une voyelle peut s'allonger pour plusieurs raisons. Pour simplifier, nous retiendrons deux phénomènes, qui ne concernent que les verbes :
- la dernière voyelle du radical peut s'allonger, à certains temps, à certains modes.
- la première voyelle du radical peut s'allonger, par exemple au contact d'un augment.

  • Allongement de la voyelle finale : c'est le cas, encore des verbes à radical vocalique (c'est-à-dire se terminant par une voyelle). Par exemple : ἵσταμεν « nous plaçons », ἵστημι « je place » ; ἐτίμτο (contraction), ἐτίμησα (allongement).
  • Allongement sous l'effet d'un augment : voir la page consacrée à ce sujet.


3. Crase

Ce mot vient du grec : κρᾶσις signifie « mélange ». Deux mots peuvent, en effet, se mélanger : c'est le cas, par exemple, du fameux καλὸς κἀγαθός, mot-à-mot « beau et bon », formule qui désigne l'homme « accompli » aux yeux des Grecs. La conjonction καί et l'adjectif ἁγαθός se sont « mélangés ». Il s'agit, comme pour la contraction, de la fusion de deux voyelles.

Le signe ᾿ qui marque une crase n'est pas un augment, mais une corônis. Cette corônis s'emploie si les deux voyelles sont dépourvues d'aspiration, ou si la deuxième seulement est aspirée. Si la première voyelle est aspirée, la crase est marquée d'un esprit rude (οὑμός, crase de ὁ ἐμός, « le mien »).