Sujet et analyse du problème
Première partie
Deuxième partie
Troisième partie
Conclusion
La Princesse de Clèves lue par Gide : « Aucun secret, aucun retrait, aucun détour; nulle ressource ; tout est mis en lumière, en valeur, et rien à attendre de plus. »
En conclusion...
Récapitulation
La lecture de La Princesse de Clèves confirme la cohésion et la cohérence que souligne Gide; cette cohésion, qui participe de l'esthétique classique, est celle de l'action, de la narration, des personnages, et de la morale. Il n'en est pas moins vrai que la structure de ce roman n'est pas aussi simple qu'il y paraît; l'œuvre comporte des zones d'ombre, à l'image du personnage de la princesse de Clèves lui-même, et la raison qui au premier abord semble la gouverner n'est ni transparente, ni univoque. En fin de compte, le roman de madame de La Fayette est ambigu: entre ombre et lumière, entre raison et sentiments, entre transparence et opacité, l'écriture révèle un art du contraste.
Résolution
Le jugement de Gide sur La Princesse de Clèves s'explique autant par la forme de ce roman, que par les choix esthétiques de Gide. Aussi n'éclaire-t-il qu'une partie de l'œuvre de madame de La Fayette. Celle-ci montre la passion sous un jour à bien des égards inquiétant et mystérieux; l'écriture dévoile, certes, une partie du labyrinthe; mais c'est pour mieux en souligner la complexité, et pour rendre tangible l'invraisemblable union, en un même personnage, de la plus grande passion et de la plus grande vertu. Pour faire admettre un tel paradoxe, le narrateur feint la neutralité tout en guidant les personnages avec subtilité et mobilité.
Prolongement
La forme épistolaire, quand elle fait intervenir une pluralité de scripteurs, multiplie les langages et les regards. C'est le cas des Les Liaisons dangereuses; mais précisément, la complexité de ce roman s'explique par sa polyphonie; La Princesse de Clèves, en revanche, surprend par le mariage inédit qu'il réalise entre l'unité d'une voix narrative et la complexité des points de vue. Le choix d'une forme — roman épistolaire à plusieurs mains, roman à la troisième personne, roman à la première personne, etc. — ne traduit-il pas une idée particulière du pouvoir de l'écriture?