En un coup d'œil
L'esprit de l'exercice
Les règles de l'art
Le brouillon
Lire et relire le sujet; élucider le sens de tous les mots.
Bien souvent, le sujet comprend une citation. Repérer les mots-clés en les soulignant, observer des oppositions, des répétitions, souligner les mots de liaison, opérer des rapprochements (les termes peuvent s’éclairer, se préciser les uns les autres); bref, faire émerger la cohérence et l'unité du point de vue énoncé.
Analyser la progression de la citation, utiliser le contexte d’où elle est tirée pour mieux en cerner la signification.
En même temps, sur une feuille à part, écrire des idées de problématiques, qui pourront se préciser et évoluer au fil du temps de préparation. Il faut conserver en permanence cette feuille sous les yeux, et le problème à l'esprit.
La recherche doit se faire d'abord le plus librement et le plus spontanément possible, mais toujours à partir d'exemples concrets. On peut, à partir de là confronter les différentes œuvres entre elles, pour en montrer les similitudes ou les différences, dans la perspective du sujet toujours.
De tels exemples ne peuvent être pertinents que s'il s'appuient de façon concrète sur l'écriture: pas d'allusions, ni généralités vagues. Les œuvres citées doivent être lues, et connues de première main. Il faut toujours revenir au texte, à l'art (technè). Un thème, un «message» (la liberté pour Rimbaud, l'honneur chez Corneille, la paix chez Hugo, etc.) ne constituent pas en eux-mêmes des exemples intéressants, s'ils ne débouchent pas sur une étude des moyens littéraires.
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Si la réponse ne vous paraît pas évidente, lisez :
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Il doit être conçu comme une stratégie argumentative: il faut donc être particulièrement attentif à la clarté de son organisation. Au brouillon, les trois axes seront clairement définis par un titre. Chaque argument se rapportant à ces axes fait l’objet d'un paragraphe, lui-même numéroté et clairement identifié par un sous-titre. On précise les grandes lignes de leur contenu, et les exemples sur lesquels il se fonde. On obtient ainsi au brouillon un plan clair du type :
Eviter de partir d'un plan préétabli, abstrait : il n’y a pas de plan-type. Toute organisation est acceptable si elle est cohérente, et si elle permet un approfondissement progressif du sujet. Il s’agit de conforter la thèse proposée par le sujet, de la prolonger, de la discuter, d’en montrer les nuances ou les limites...
Cette phrase doit s'appuyer sur une bonne compréhension du sujet. Il est inutile, par conséquent, de rechercher prématurément des idées, avant d'avoir consacré du temps à l'observation de ce sujet : celui-ci peut alors être traité à la fois dans sa richesse (tous les sens du sujet doivent être exploités), sans pour autant lui prêter des significations qu'il ne comporte pas.
Bien souvent, l'élaboration d'une composition selon ces règles est entravée par des complications, que le candidat lui-même s'impose.
Un plan de dissertation qui reproduit le plan de la citation donnée dans le sujet, aboutit à des incohérences : car la citation pose un problème cohérent et unique, et ses divers éléments sont solidaires.
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Exemple: «Les héros ont notre langage, nos faiblesses, nos forces. Leur univers n’est ni plus beau ni plus édifiant que le nôtre. Mais eux, du moins, courent jusqu’au bout de leur destin et il n’est même jamais de si bouleversants héros que ceux qui vont jusqu’à l’extrémité de leur passion…» (Albert Camus, L’Homme révolté).
Si j'examine d'abord la similitude entre le héros et le commun des mortels, puis les points communs entre leur univers et le nôtre, et enfin la différence entre les héros littéraires et nous, j'obtiens, certes, trois parties, mais je manque le point de vue de Camus dans sa globalité: le héros, contrairement à nous, donne à son existence, aussi imparfaite soit-elle, un sens et une unité dont il est l'artisan. |
De même, il vaut mieux éviter tout ce qui peut compliquer inutilement la réflexion, et ne développer qu'un exemple à la fois (auteur, œuvre, personnage, procédé, courant littéraire, mouvement, etc.). Les catalogues de titres rendent les idées confuses : chaque œuvre a sa spécificité.
Certains auteurs, certaines œuvres peuvent être rapprochés; mais il y a des rapprochements incongrus qu'il vaut mieux éviter (par exemple «Rimbaud, de même que Voltaire, était un voyant...»).
Veiller à ne jamais s'éloigner du problème précis et concret posé par le sujet.
Éviter les généralités : elles ont toutes les chances d'être fausses.