Phrases d'exercice sur le futur de l'indicatif


Les mots en caractères gras sont des verbes au futur de l’indicatif. Pour chacun de ces mots :

  • analyser la forme : personne et voix.
  • expliquer la formation du futur : suffixe(s) utilisés, etc.
  • conjuguer la forme à toutes les personnes.
  • Comprendre le mieux possible la phrase, à l’aide des notes, tout en ayant bien conscience que les phrases suivantes sont tirées de la littérature, et non de la conversation courante.
  • Les mots soulignés sont à retenir, en raison de leur fréquence, et de leur place dans notre progression.


Phrases

1. [solution]          Οὔθ´ ὑποκαίων οὔτ´ ἐπιλείβων
οὔτε δακρύων ἀπύρων ἱερῶν
ὀργὰς ἀτενεῖς παραθέλξει.
(Eschyle, Agamemnon, v. 69-71)
Ces vers, chantés par le chœur, traduisent sa crainte des conséquences de la guerre de Troie.

ὑποκλαίων, ἐπιλείβων et δακρύων sont des participes présent au nominatif masculin singulier.
ὑποκλαίω « pleurer » (ὑπο- « en dessous », c’est-à-dire « secrètement »). Certaines éditions préfèrent ὑποκαίων (ὑποκαίω « brûler sous ») qui permet d’éviter la redondance (ὑποκαίων et δακρύων étant proches pour le sens).
ἐπιλείβω « faire une libation »
δακρύω « pleurer »
ἀπυρος, -ος, -ον « sans feu »
ἱερὸς, -ά (ou -ός), -όν « sacré », « consacré aux dieux », d’où « sacrifice ».
ἡ ὀργή, ῆς « la colère »
ἀτενεῖς accusatif féminin pluriel de ἀτενής, ής, ές « ferme », « intense » (adjectif de la 3e déclinaison)
παραθέλγω « adoucir », « calmer »

2. [solution] Θεοῖς μὲν αὖθις, ὦ γύναι, προσεύξομαι. (Eschyle, Agamemnon, v. 317)
Le chœur vient d’apprendre la victoire des Achéens contre Troie.

αὖθις adverbe de temps, « de nouveau », ou (ici) « plus tard ».
γύναι vocatif singulier de ἡ γυνή « la femme » (mot de la 3e déclinaison).
προσεύχομαι « prier » (complément au datif), composé de εὔχομαι « prier »

3. [solution] Χαίρω γε, τεθνάναι δ´ οὐκέτ´ ἀντερῶ θεοῖς. (Eschyle, Agamemnon, v. 539)
Un héraut (κῆρυξ) grec vient d’arriver à Argos, il proclame la victoire des Achéens, et laisse éclater sa joie.

χαίρω « se réjouir », d’où « être heureux »
γε particule servant à confirmer, ou à insister. On peut la traduire par « oui ».
τεθνάναι infinitif parfait actif de θνῄσκω « mourir »
οὐκέτ’ élision de οὐκέτι adverbe, « ne… plus »
ἀντιλέγω « contredire », « contester », d’où « refuser », composé de λέγω.

4. [solution]          Καὶ χάρις τιμήσεται
Διὸς...
(Eschyle, Agamemnon, v. 581-582)
Le héraut termine son discours par une louange de Zeus, qui a permis cette victoire ; après ces mots, il n’a plus qu’à dire : πάντ’ ἔχεις λόγον, « tu as (tu as entendu) tout mon discours », « j’ai tout dit ».

χάρις « la grâce » ; « l’amour » (dans la trad. de Pierre Judet de la Combe, Bayard, 2004)
τιμάω-ῶ « honorer ». Au futur, τιμήσομαι s’emploie toujours avec un sens passif.
Διός génitif de Ζεύς.

5. [solution] Tί τῶνδ´ ἐρεῖ τις δικαίως ἔχειν ; (Eschyle, Les Euménides, v. 154)
Le chœur des Erinyes, soucieuses de venger Clytemnestre, assassinée par son fils Oreste, crie à l’injustice.

τί accusatif neutre singulier de τίς, pronom interrogatif « que », « qu’est-ce que ».
τῶνδ’ élision de τῶνδε, pronom démonstratif au génitif neutre pluriel.
ἐρεῖ futur de λέγω, à la 3e personne du singulier (voir ἀντερῶ ci-dessus).
τις pronom indéfini « quelqu’un », « on ».
δικαίως adverbe (suffixe -ως), formé sur δίκαος, -α (ou -ος), -ον « juste ».

Remarque de syntaxe
Le verbe ἔχω, employé avec un adverbe, signifie « être » et non plus « avoir ». L’adverbe se traduit alors comme un adjectif.

6. [solution] Οὐκ ἀποδώσει ταχέως ὁ Ζεὺς τὸ σκῆπτρον τῷ δρυκολάπτῃ. (Aristophane, Les Oiseaux, v. 480)
Pisthétaïros (« Rallie-copain » dans la traduction de Debidour) et Euelpidès (« Belespoir ») tentent de convaincre les oiseaux qu’ils peuvent supplanter les dieux. Epops (« Lahuppe ») est sceptique.

ἀποδίδωμι « rendre », « remettre », composé de δίδωμι « donner ».
ταχέως « rapidement », adverbe formé sur l’adjectif ταχύς, -εῖα, -ύ « rapide »
τὸ σκῆπτρον « le sceptre »
ὁ δρυκολάπτης, ου « le pivert ».

7. [solution] Ποιήσει καὶ σὲ σοφόν. (Platon, Protagoras, 310d)
Socrate vient d’être réveillé, de bon matin, par son jeune ami Hippocrate. Protagoras, le célèbre sophiste, est à Athènes ! Mais pourquoi tant d’empressement, lui demande Socrate avec humour : aurais-tu une réclamation à lui adresser ? Oui, lui répond Hippocrate en riant : il garde son savoir-faire pour lui, et il ne m’en donne rien. Qu’à cela ne tienne, lui dit Socrate : donne-lui de l’argent…

ποιέω-ῶ « faire »
σέ accusatif de σύ, pronom personnel de 2e personne du singulier (« toi »).
σοφός, ή, όν « sage » ou « habile ».

8. [solution] ῏Αρ’ οὖν ῥᾳδίως οὕτω παρήσομεν… ἀκούειν τοὺς παῖδας καὶ λαμβάνειν ἐν ταῖς ψυχαῖς ὡς ἐπὶ τὸ πολὺ ἐναντίας δόξας ἐκείναις ἅς… ἔχειν οἰησόμεθα δεῖν αὐτούς ; Οὐδ’ ὁπωστιοῦν παρήσομεν. (Platon, République, II. 377b)
Ce n’est pas aux sophistes que s’en prend cette fois Platon, mais aux fabricants de μῦθοι, de « mythes », c’est-à-dire de fables : aux poètes, qui enseignent des mensonges sur les dieux.

Ne pas confondre ἆρα, déjà rencontré, avec ἄρα, particule exprimant la conséquence : « donc » (bien remarquer l’accent).
ῥᾳδίως « facilement », adverbe formé sur l’adjectif ῥᾴδιος, α, ον « facile »
οὕτω = οὕτως
παρίημι « laisser », « permettre », composé de ἵημι « laisser », « laisser aller », « permettre ».
ἀκούω « entendre », « écouter »
τοὺς παῖδας accusatif pluriel de ὁ παῖς (génitif παιδός, 3e déclinaison) « l’enfant ».
λαμβάνω « prendre »
ὡς ἐπὶ τὸ πολὺ « la plupart du temps » (locution formée à partir de πολύς, πολλή, πολύ « nombreux »)
ἐναντίος, α, ον « contraire » (complément au datif : « à… »)
ἡ δόξα « l’opinion »
ἑκεῖνος, η, ο pronom démonstratif « celui(-ci, -là) », « celle(-ci, -là) », etc.
ἃς accusatif féminin pluriel du pronom relatif ὅς, ἥ, ὅ « qui », « que »
ἔχω « avoir »
αὐτούς accusatif masculin pluriel de αὐτός, ή, ό, pronom personnel de 3e personne (« lui », « elle », « eux », etc.)
ὁπωστιοῦν adverbe indéfini : « de quelque manière que ce soit »

9. [solution] Ὅταν τις τοιαῦτα λέγῃ περὶ θεῶν, χαλεπανοῦμέν τε καὶ χορὸν οὐ δώσομεν, οὐδὲ τοὺς διδασκάλους ἐάσομεν ἐπὶ παιδείᾳ χρῆσθαι τῶν νέων... (Platon, République, II. 383c)
Socrate critique ici les mensonges poétiques d’Eschyle, le poète tragique.

ὅταν conjonction de subordination « quand » (suivie, en grec, du subjonctif).
τις pronom indéfini, « quelqu’un »
τοιαῦτα accusatif neutre pluriel de τοιοῦτος, τοιαύτη, τοιοῦτο, pronom démonstratif : « tel » (latin talis)
λέγῃ « dira » : voir la leçon sur le subjonctif.
χαλεπαίνω « s’irriter »
ὁ χορός, οῦ « le chœur »
ὁ διδάσκαλος, ου « le maître », celui qui « enseigne » (διδάσκειν)
ἑάω-ῶ « permettre »
ἡ παιδεία, ας « l’éducation »
χράομαι-ῶμαι « utiliser ». Le complément, au datif (instrumental), est ici implicite.

10. [solution] Καὶ νῦν μετέωροι πάντες εἰσίν, ὁπότερος κρατήσει καὶ ἀληθέστερα δόξει λέγειν. (Lucien, Jupiter tragique, 4)
Zeus a réuni les dieux. L’heure est grave : un épicurien, Damis, et un stoïcien, Timoclès, ont un débat sur l’existence des dieux. Que deviendront les dieux, si le premier l’emporte ?…

μετέωρος, ος, ον « qui est en haut », « suspendu »
πάντες nominatif masculin pluriel, de πᾶς, πᾶσα, πᾶν « tout » (adjectif de la troisième déclinaison)
ὁπότερος pronom interrogatif indirect, « lequel des deux »
κρατέω-ῶ « gagner », « être le plus fort »
ἀληθέστερα comparatif de supériorité, à l’accusatif neutre pluriel, de l’adjectif ἀληθής, ής, ές (adjectif de la 3e déclinaison) « vrai »
δοκέω-ῶ « sembler »

11. [solution] Ὦ θείη Σαλαμίς, ἀπολεῖς δὲ σὺ τέκνα γυναικῶν. (Lucien, Jupiter tragique, 20)
Momos est le dieu du sarcasme… Il se moque de la pusillanimité des dieux, et s’en prend ici à Apollon et à ses oracles. Il prend un exemple : un oracle d’Apollon avant la bataille de Salamine (septembre 480 avant J.-C.).

Σαλαμίς, ῖνος (féminin) : Salamine
ἀπόλλυμι « perdre »
σύ pronom personnel de 2e personne du singulier, « toi »
τὸ τέκνον, ου « l’enfant »
γυναικῶν génitif pluriel de ἡ γυνή (mot irrégulier de la 3e déclinaison) « femme »

12. [solution] Οὐκ ἔλεγον, ὦ θεοί, ταῦτα πάντα ἥξειν εἰς τοὐμφανὲς καὶ ἀκριβῶς ἐξετασθήσεσθαι ; (Lucien, Jupiter tragique, 42)
Damis, l’épicurien, vient de dresser une liste cocasse des dieux bizarres vénérés dans le monde : objets, animaux, légumes, etc. Momos s’adresse alors aux dieux.

ἔλεγον « disais », imparfait, à la première personne du singulier, de λέγω.
ταῦτα accusatif neutre pluriel du pronom démonstratif οὗτος, αὕτη, τοῦτο.
πάντα accusatif neutre pluriel de l’adjectif πᾶς « tout ».
ἥκω « être là », « être arrivé ».
τοὐμφανές crase de τό ἐμφανές (ἐμφανής, ής, ές « visible », « manifeste »).
ἀκριβῶς adverbe : « exactement », « tout à fait »
ἐξετάζω « examiner », mais « passer en revue » (des troupes)

13. [solution] Ἐπεὶ οὖν τῶν δογματικῶν οἱ μὲν σῶμά φασιν εἶναι τὸν θεόν, οἱ δὲ ἀσώματον, καὶ οἱ μὲν ἀνθρωποειδῆ, οἱ δὲ οὔ, καὶ οἱ μὲν ἐν τόπῳ, οἱ δὲ οὔ, καὶ τῶν ἐν τόπῳ οἱ μὲν ἐντὸς κόσμου, οἱ δὲ ἐκτός, πῶς δυνησόμεθα ἔννοιαν θεοῦ λαμβάνειν… ; (Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, III.3.3)
Pour le sceptique Sextus Empiricus, nous ne pouvons rien savoir sur la nature du dieu. Comme Platon, c’est « le dieu » au singulier qu’il envisage, c’est-à-dire la notion philosophique.

ἐπεί conjonction de subordination, « puisque »
δογματικός, ή, όν « dogmatique »
σῶμα accusatif singulier, τὸ σῶμα « le corps » (mot neutre de la 3e déclinaison). L’accent aigu sur σῶμά est un accent d’enclise, car le verbe φασιν est enclitique.
ἀσώματος, ος, ον « incorporel », sans σῶμα.
ἀνθρωποειδῆ accusatif masculin singulier de l’adjectif ἀνθρωποειδής, -ής, -ές « de forme humaine ».
ὁ τόπος, ου « le lieu »
ἐντός préposition suivie du génitif : « à l’intérieur de »
ἐκτός préposition suivie du génitif : « à l’extérieur de »
πῶς adverbe interrogatif : « comment »
δύναμαι « pouvoir » (verbe athématique)
ἡ ἔννοια, ας « la conception », « la notion »

14. [solution] Τί νοήσομεν ἡμεῖς ὁμολογουμένως παρ' αὐτῶν οὐκ ἔχομεν. (Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, III.3)
Les opinions diverses et contradictoires des « dogmatiques » sur les dieux conduisent au doute.

τί « que », « quoi » : interrogatif utilisé comme interrogatif indirect au lieu de ὅ τι.
νοέω-ῶ « penser », « concevoir » (voir ci-dessus ἔννοιαν)
ἡμεῖς pronom personnel « nous », au nominatif.
ὁμολογουμένως adverbe, « unanimement »
παρά préposition suivie du génitif : « venant de », « de la part de »
αὐτῶν génitif masculin pluriel de αὐτός, ή, ό, pronom personnel de 3e personne.
ἔχω introduisant une proposition interrogative indirecte : « savoir »

15. [solution] ... ἀκατάληπτον ἔσται εἰ ἔστι θεός. (Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, III.3.9)

ἀκατάληπτος, ος, ον « inconcevable », « impossible à (ou de) concevoir »
εἰ « si », peut introduire, comme en français, soit une proposition conditionnelle, soit une proposition interrogative indirecte.

16. [solution] Οὐκ ἄρα πάντων προνοεῖν λεχθήσεται ὁ θεός. (Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, III.3.9)
La providence du dieu sur tout est-elle concevable ? Non, puisque le mal existe.

προνοεῖν « exercer une providence » (c’est-à-dire déterminer le cours des événements)

17. [solution] Θεὸς δὲ καὶ ὁ « μονογενὴς » αὐτοῦ λόγος παρέσται ἡμῖν... (Origène, Contre Celse, VIII.1)
Au début du livre VIII - le dernier - de son ouvrage contre Celse, qui écrivit un long traité contre le christianisme, Origène (IIIe siècle ap. J.-C.) exprime sa confiance en Dieu.

μονογενής, ής, ές (adjectif de la 3e déclinaison) « fils unique »
αὐτοῦ génitif masculin singulier de αὐτός, ή, ό « lui », pronom personnel de la première personne. Au génitif, le pronom personnel désigne le possesseur : τὸ σῶμά μου « mon corps » (mot à mot : « le corps de moi »).
ὁ λόγος, ου « la parole », « le verbe » par référence au prologue de l’évangile de saint Jean (Ἐν ἀρχῇ ἦν ὁ λόγος, καὶ ὁ λόγος ἦν πρὸς τὸν θεόν, καὶ θεὸς ἦν ὁ λόγος : « Au principe était la parole, la parole était (tournée) vers Dieu, et Dieu était le verbe. »)
πάρειμι « être présent » (composé de εἰμι « être ») ; avec complément au datif : « assister », « être aux côtés de »
ἡμῖν datif pluriel de ἡμεῖς « nous », pronom personnel.

18. [solution] Διὰ τοῦτο λέγω ὑμῖν ὅτι ἀρθήσεται ἀφ’ ὑμῶν ἡ βασιλεία τοῦ θεοῦ καὶ δοθήσεται ἔθνει ποιοῦντι τοὺς καρποὺς αὐτῆς. (Evangile selon saint Matthieu, XXI.43)
Cette phrase conclut la parabole des mauvais vignerons (qui maltraitent et tuent les esclaves puis le fils du maître qui les emploie) et l’image de la pierre d’achoppement.

αἴρω « enlever »
ἀφ’ élision de la préposition ἀπό, avec aspiration (en φ) à cause de l’esprit rude au début du mot suivant (ὑμῶν)
ἡ βασιλεία, ας : le royaume
τὸ ἔθνος « le peuple »
ὁ καρπός « le fruit



Réponses et traductions

1. [retour]          Οὔθ´ ὑποκλαίων οὔτ´ ἐπιλείβων
οὔτε δακρύων ἀπύρων ἱερῶν
ὀργὰς ἀτενεῖς παραθέλξει.
(Eschyle, Agamemnon, v. 69-71)
παραθέλξει futur de παραθέλγω, voix active, 3e personne du singulier. « Apaisera ».
« Ni en sanglotant (ou : « en brûlant une victime »), ni en versant des libations, ni en versant des larmes, on n’apaisera la colère inflexible des (c’est-à-dire suscitées par) les sacrifices sans feu. »
Ces « sacrifices sans feu » sont les hommes tombés au combat.
À lire dans le contexte : Hodoi.

2. [retour] Θεοῖς μὲν αὖθις, ὦ γύναι, προσεύξομαι. (Eschyle, Agamemnon, v. 317)
προσεύξομαι futur, 1e personne du singulier, de προσεύχομαι (voix moyenne). « Prierai ».
« Plus tard, femme, je prierai les dieux. »
Le chœur, en effet, veut d’abord en savoir plus...
À lire dans le contexte : Hodoi.

3. [retour] Χαίρω <γε>, τεθνάναι δ´ οὐκέτ´ ἀντερῶ θεοῖς. (Eschyle, Agamemnon, v. 539)
ἀντερῶ futur actif, 1e personne du singulier de ἀντιλέγω. Il s’agit d’un radical différent de celui du présent : le radical ἐρε-.
« Je suis heureux, oui, et je ne contesterai plus ma mort aux dieux. »
À lire dans le contexte : Hodoi.

4. [retour]          Καὶ χάρις τιμήσεται
Διὸς...
(Eschyle, Agamemnon, v. 581-582)
τιμήσεται futur, 3e personne du singulier, de τιμάομαι-ῶμαι. Ce futur moyen possède un sens passif : « sera honoré ».
« L’amour de Zeus sera honoré. »
À lire dans le contexte : Hodoi.

5. [retour] Tί τῶνδ´ ἐρεῖ τις δικαίως ἔχειν ; (Eschyle, Les Euménides, v. 154)
Traduction littérale : « Que dira-t-on être juste, parmi ces choses ? »
Traduction de Jean et Mayotte Bollack (éd. de Minuit, 2009) : « Qui dira qu’il y a de la justice là-dedans ? »
À lire dans le contexte : Hodoi.

6. [retour] Οὐκ ἀποδώσει ταχέως ὁ Ζεὺς τὸ σκῆπτρον τῷ δρυκολάπτῃ. (Aristophane, Les Oiseaux, v. 480)
ἀποδώσει : futur actif, 3e personne du singulier, de ἀποδίδωμι. « Cèdera ».
« Il ne remettra pas de sitôt, Zeus, son sceptre au pivert. »
À lire dans le contexte : Hodoi.

7. [retour] Ποιήσει καὶ σὲ σοφόν. (Platon, Protagoras, 310d)
ποιήσει : futur actif, 3e personne du singulier, de ποιέω-ῶ. « Fera ».
« Toi aussi, il te rendra habile. »
Σέ est complément d’objet, et σοφόν attribut du complément d’objet.
À lire dans le contexte : Hodoi.

8. [retour] ῏Αρ’ οὖν ῥᾳδίως οὕτω παρήσομεν… ἀκούειν τοὺς παῖδας καὶ λαμβάνειν ἐν ταῖς ψυχαῖς ὡς ἐπὶ τὸ πολὺ ἐναντίας δόξας ἐκείναις ἅς… ἔχειν οἰησόμεθα δεῖν αὐτούς ; Οὐδ’ ὁπωστιοῦν παρήσομεν. (Platon, République, II. 377b)
παρήσομεν : futur actif de παρίημι, 1e personne du pluriel. « Permettrons ».
οἰησόμεθα : futur de οἴομαι (voix moyenne), se forme à l’aide de la voyelle -η- ajoutée au radical. « Penserons ».
« Est-ce que nous laisserons donc facilement ainsi les enfants écouter et recevoir dans leurs esprits des opinions le plus souvent contraires à celles que nous penserons qu’il faut qu’ils aient (à celles que, selon nous, ils doivent avoir) ? Non, de quelque manière que ce soit, nous ne le permettrons pas. »
Ἅς… ἔχειν… αὐτούς : proposition relative, qui dépend de δεῖν. L’infinitif δεῖν dépend, quant à lui, de οἰησόμεθα.
À lire dans le contexte : Hodoi.

9. [retour] Ὅταν τις τοιαῦτα λέγῃ περὶ θεῶν, χαλεπανοῦμέν τε καὶ χορὸν οὐ δώσομεν, οὐδὲ τοὺς διδασκάλους ἐάσομεν ἐπὶ παιδείᾳ χρῆσθαι τῶν νέων... (Platon, République, II. 383c)
χαλεπανοῦμέν futur actif, première personne du pluriel de χαλεπαίνω. « Nous nous fâcherons. » C’est un futur contracte : χαλεπαίνω est en verbe à radical en –ν (nasale).
δώσομεν futur actif, première personne du pluriel de δίδωμι « donner ». « Nous donnerons. » Les verbes en -μι à redoublement (ἵστημι, ἵημι, δίδωμι, τίθημι) ne gardent leur redoublement qu’au présent et à l’imparfait.
ἐάσομεν futur actif, première personne du pluriel de ἐάω-ῶ. « Nous permettrons. »
« Quand quelqu’un énoncera de tels mensonges au sujet des dieux, nous nous fâcherons et nous ne lui donnerons pas de chœur, et nous ne permettrons pas aux maîtres de s’en servir pour l’éducation de la jeunesse. »
À Athènes, c’est un citoyen (ou un métèque) qui se charge d’entretenir un chœur de théâtre. Cette charge s’appelle « chorégie » ; c’est une des « liturgies », obligations imposées par les magistrats à de riches citoyens ou métèques.
À lire dans le contexte : Hodoi.

10. [retour] Καὶ νῦν μετέωροι πάντες εἰσίν, ὁπότερος κρατήσει καὶ ἀληθέστερα δόξει λέγειν. (Lucien, Jupiter tragique, 4)
κρατήσει : futur actif, 3e personne du singulier. « Gagnera ».
δόξει : futur actif, 3e personne du singulier. « Semblera ». C’est un futur irrégulier, puisque δοκέω-ῶ est un verbe contracte.
« Et maintenant, tous sont en suspens, (se demandant) lequel des deux l’emportera et semblera prononcer les paroles les plus véridiques. »
À lire le contexte : Hodoi.

11. [retour] Ὦ θείη Σαλαμίς, ἀπολεῖς δὲ σὺ τέκνα γυναικῶν. (Lucien, Jupiter tragique, 20)
ἀπολεῖς futur actif, 2e personne du singulier, de ἀπόλλυμι. « Tu perdras ». Le futur des verbes en -λυμι ou en –νυμι est semblable à celui des verbes thématiques : il suffit d’enlever le morphème -λυ- ou –νυ. Le futur de ἀπόλλυμι est un futur contracte, comme pour les verbes thématiques en λ,μ, ν et ρ.
« Divine Salamine, tu perdras, toi, les enfants des femmes. » (c’est-à-dire de nombreux fils)
Momus commente cet oracle : Πέρσαι γάρ, οἶμαι, καὶ Ἕλληνες γυναικῶν τέκνα ἦσαν, « les Perses, je pense, aussi bien que les Grecs étaient "fils de femmes" ! »
À lire dans le contexte : Hodoi.

12. [retour] Οὐκ ἔλεγον, ὦ θεοί, ταῦτα πάντα ἥξειν εἰς τοὐμφανὲς καὶ ἀκριβῶς ἐξετασθήσεσθαι ; (Lucien, Jupiter tragique, 42)
ἥξειν : infinitif futur actif de ἥκω. Le valeur temporelle du futur est la postériorité : dans un contexte au passé (ἔλεγον « je disais que »), cette postériorité se traduit par le conditionnel.
ἐξετασθήσεσθαι : infinitif futur passif de ἐξετάζω. Les radicaux en se comportent comme les radicaux en dentales (πειθω « persuader », futur passif πεισθήσεται).
« Ne disais-je pas, dieux, que toutes ces (bizarreries) viendraient au grand jour, et seraient examinées avec minutie ? »
À lire dans le contexte : Hodoi.

13. [retour] Ἐπεὶ οὖν τῶν δογματικῶν οἱ μὲν σῶμά φασιν εἶναι τὸν θεόν, οἱ δὲ ἀσώματον, καὶ οἱ μὲν ἀνθρωποειδῆ, οἱ δὲ οὔ, καὶ οἱ μὲν ἐν τόπῳ, οἱ δὲ οὔ, καὶ τῶν ἐν τόπῳ οἱ μὲν ἐντὸς κόσμου, οἱ δὲ ἐκτός, πῶς δυνησόμεθα ἔννοιαν θεοῦ λαμβάνειν… ; (Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, III.3.3)
δυνησόμεθα futur de δύναμαι. Ce verbe, qui ne s’emploie qu’à la voix moyenne, se conjugue comme ἵσταμαι. « Nous pourrons. »
« Donc puisque, parmi les dogmatiques, les uns disent que le dieu est un corps, et les autres, qu’il incorporel ; les uns, qu’il a figure humaine, et les autres, non ; les uns, qu’il (est) dans un lieu, et les autres, non ; parmi ceux (qui pensent qu’il est) dans un lieu, les uns (disent qu’il est) à l’intérieur de l’univers, et les autres, à l’extérieur : comment pourrons-nous saisir la notion de "dieu" ? »

14. [retour] Τί νοήσομεν ἡμεῖς ὁμολογουμένως παρ' αὐτῶν οὐκ ἔχομεν. (Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, III.3.3)
νοήσομεν futur actif, 1e personne du pluriel, de νοέω-ῶ. « Nous penserons. »
« En les écoutant (littéralement « de leur part »), nous savons pas ce que nous penserons d’un commun accord. »

15. [retour] ... ἀκατάληπτον ἔσται εἰ ἔστι θεός. (Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, III.3.9)
ἔσται futur, 3e personne du singulier. « Sera. »
« Il sera impossible de concevoir s’il existe un dieu. »

16. [retour] Οὐκ ἄρα πάντων προνοεῖν λεχθήσεται ὁ θεός. (Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, III.3.9)
λεχθήσεται futur passif de λέγω « dire » (le radical λεγ- devient λεχ- au contact du suffixe -θη-). « Sera dit. »
« Donc, le dieu ne sera pas dit exercer une providence sur toutes choses. »

16. [retour] Οὐκ ἄρα πάντων προνοεῖν λεχθήσεται ὁ θεός. (Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, III.3.9)
λεχθήσεται futur passif de λέγω « dire » (le radical λεγ- devient λεχ- au contact du suffixe -θη-). « Sera dit. »
« Donc, le dieu ne sera pas dit exercer une providence sur toutes choses. »

17. [retour] Θεὸς δὲ καὶ ὁ « μονογενὴς » αὐτοῦ λόγος παρέσται ἡμῖν... (Origène, Contre Celse, VIII.1)
παρέσται futur de πάρειμι, 3e personne du singulier. Ce singulier s’explique par un accord grammatical avec le seul θεός ; pour le sens, ὁ μονογενὴς αὐτοῦ est sujet également. « Assistera », « assisteront ».
« Dieu et Son fils unique le Verbe seront avec nous… »

18. [retour] Διὰ τοῦτο λέγω ὑμῖν ὅτι ἀρθήσεται ἀφ’ ὑμῶν ἡ βασιλεία τοῦ θεοῦ καὶ δοθήσεται ἔθνει ποιοῦντι τοὺς καρποὺς αὐτῆς. (Evangile selon saint Matthieu, XXI.43)
ἀρθήσεται futur passif de αἴρω « enlever », 3e personne du singulier. « Sera enlevé ».
δοθήσεται futur passif de δίδωμι « donner », 3e personne du singulier. « Sera donné ».
« C’est pourquoi je vous dis que le royaume de Dieu vous sera enlevé, et sera donné à un peuple qui en produira les fruits. »