L’alphabet grec s’inscrit dans l’histoire de l’écriture. Cette écriture n’a pas toujours été alphabétique ; c’est donc une forme d’écriture particulière que présente le tableau ci-dessous. Avant l'alphabet, les Grecs utilisèrent, au second millénaire avant J.-C., des formes syllabiques mêlées d'idéogrammes. Ce sont les écritures dites "linéaires" (lire, grâce au site Persée, le compte rendu que fit en 1954 le grand helléniste Pierre Chantraine du déchiffrement du linéaire B par Ventris et Chadwick : un événement considérable). À partir du VIIIe siècle avant Jésus-Christ, l’alphabet s’impose en Grèce. D’autres mutations majeures s’imposent dans l’histoire de l’écriture grecque : la substitution du codex (pages attachées, le plus souvent de parchemin) au volumen (rouleau de papyrus) au début de l’ère chrétienne, et la généralisation de la minuscule à la fin du premier millénaire. Bien sûr, l’apparition de l’imprimerie en Europe, au XVe siècle, constitue un autre bouleversement; et ne parlons pas de l’informatique…
En France, dans les classes, les lettres grecques ne se prononcent pas comme elles l’étaient dans l’Antiquité ; ce tableau ne reflète donc que l’usage français, fixé par une tradition scolaire, assez largement artificielle il faut le reconnaître, et remontant au XVIe siècle. Presque toutes les lettres se prononcent, et toujours de la même façon (à une exception près : le γ).
Cette prononciation scolaire ne permet pas, malheureusement, d'apprécier la musique du grec ancien, langue très chantante, en vers comme en prose. Lire, à ce sujet, les pages éclairantes de Philippe Brunet, dans La Naissance de la littérature dans la Grèce ancienne (livre de poche, 1997). Cette musicalité résulte de la quantité des voyelles, de l'accent, et, dans le vers, de l'alternance de temps forts et de temps faibles.
| Majuscule | Minuscule | Prononciation | Noms de lettres | Graphies alternatives |
| Α Β Γ Δ Ε Ζ Η Θ Ι Κ Λ Μ Ν Ξ Ο Π Ρ Σ Τ Υ Φ Χ Ψ |
α β γ δ ε ζ η θ ι κ λ μ ν ξ ο π ρ σ τ υ φ χ ψ ω |
a b gu (bague) d é dz è th i k l m n x dur (exciter) o p r s t u f kh ps o |
alpha bêta gamma delta epsilon dzéta êta thêta iota kappa lambda mu nu xi omicron pi rhô sigma tau upsilon phi chi psi oméga |
En dehors de l’initiale, le minuscule peut s’écrire ϐ. En fin de mot, le sigma s’écrit ς. |
| points d'articulation | sourdes | sonores orales | sonores nasales | |
| occlusives | labiales | π, φ | β | μ |
| dentales | τ, θ | δ | ν | |
| gutturales | κ, χ | γ | ||
| continues | sifflantes | σ | ||
| liquides | λ, ρ | |||
Les consonnes ζ, ξ et ψ sont des consonnes doubles puisqu’elles comprennent deux phonèmes (deux sons). Elles appartiennent respectivement à la famille des dentales, à celle des gutturales et à celle des labiales.
Les consonnes θ, χ et φ comportent une aspiration, c’est-à-dire un souffle, dont le souvenir se maintient dans leur transcription à l’aide de l’alphabet latin : th, ch, et ph.