1- Philosophie
La philosophie entretient le sentiment d’une forme d’aboutissement :
- Positivisme : l’ère scientifique est enfin advenue, et succède à un long obscurantisme.
- L’hégélianisme entretient l’idée que le XIXe siècle correspond à une fin de l’histoire.
L’échec des révolutions (1789, 1830, 1848) et la défaite du premier Empire aboutissent à une forme de déception, qui va jusqu’à la résignation avec le second Empire. Hugo combat, en Napoléon III, une incarnation de la médiocrité. Les enthousiasmes romantiques sont en crise.
2- Derniers feux du romantisme
- C’est la fin du romantisme : mort de Vigny, Nodier, Nerval, Chateaubriand, Musset.
- Hugo publie ses poèmes et ses romans, et prolonge la sensibilité romantique tard dans le siècle. Ce romantisme entretient le culte du moi, et une vision épique de l’histoire, faite de grands personnages (héros) et de contrastes saisissants (bien et mal, jour et nuit, etc.).
- Émergence de la modernité (avec le développement des villes, du capitalisme, et les progrès techniques), qui nourrit le sentiment que la vie est un artifice : Baudelaire. D’où un pessimisme moral.
- Peinture romantique (Delacroix, Goya) : émotion, liberté, vitalité, et souvent une certaine violence. La peinture se fait l’expression des passions.
Noter que la peinture romantique comporte un versant catholique (école de Lyon)
3- Le Parnasse
- En réaction à la modernité, apparaît le mouvement parnassien (Théophile Gautier, Leconte de Lisle, Théodore de Banville, Hérédia…) : versification rigoureuse, thèmes antiques ou exotiques. Culte de « l’art pur », de « l’art pour l’art ». Baudelaire lui-même prend part à ce mouvement, ainsi que le jeune Rimbaud.
4- Réalisme et naturalisme
- Depuis Balzac, et jusqu’aux années 1870, le roman est dominé par l’ambition réaliste illustrée par Balzac. On croit alors pouvoir faire du roman un outil de recherche sur le réel. La fiction permet d’aller au cœur du réel.
- À sa manière bien particulière, Flaubert (le romancier de la désillusion) est réaliste ; mais chez lui, même le réalisme est atteint par la désillusion...
- La littérature s’intéresse de plus en plus aux classes modestes (George Sand, Eugène Sue, Jules Vallès, Zola, …). Cet intérêt est à mettre en parallèle avec l’essor du socialisme.
- Le projet réaliste est poussé à son comble par Zola, qui affiche une ambition scientifique pour le roman. Zola apparaît, en son temps, comme un auteur matérialiste (voire terre à terre) et profondément pessimiste (cf. caricatures de l’époque).
- Peinture réaliste : Corot, Courbet, Daumier, Millet. Choix de la vie quotidienne.
5- Le symbolisme
- Le Parnasse ne survit pas à la Commune. A l’esprit nouveau correspondent des sensibilités nouvelles, de plus en plus complexes. Le terme de « symbolisme » (terme proposé par le Grec Jean Moréas, dans son « manifeste du symbolisme ») dissimule des sensibilités différentes, mais qui correspondent le plus souvent à un désir d’aller « au delà ».
- Mallarmé prolonge le projet parnassien, dans la perspective d’une poésie pure, absolue.
- Lautréamont, Rimbaud, Verlaine, libèrent le langage poétique, pour libérer la vie.
- Cette époque voit également une réaction spirituelle, en poésie (la partie chrétienne de l’œuvre de Verlaine : Sagesse, Amour, Bonheur), mais également dans le roman, qui réagit au matérialisme de Zola : Barbey d’Aurevilly (Un Prêtre marié), Villiers de lsle-Adam (L’Ève future), Huysmans (À Rebours, puis ses romans catholiques), Bloy, etc.
- Le théâtre symboliste (Maeterlinck, Strindberg) essaie de représenter la scène intérieure, spirituelle. Influence de Tchekhov, d’Ibsen.
- Les romans exotiques de Pierre Loti témoignent, quant à eux, d’un désir d’exaltation au contact de l’ailleurs.
- La peinture (Gustave Moreau, Odilon Redon, Puvis de Chavannes) se détache de la reproduction, pour aller vers le mystère.
Les impressionnistes, eux, prolongent le réalisme, mais en donnant une représentation plus subjective du réel, plus sensible, moins conventionnelle.
6- L’esprit nouveau
- L’esprit nouveau prolonge le symbolisme, dans le sens d’une vaste curiosité (Apollinaire : « le monde entier, ses rumeurs et ses apparences, la pensée et le langage humain, le chant, la danse, tous les arts et tous les artifices, plus de mirages encore que ceux que pouvait faire surgir Morgane sur le Mont Gibel pour composer le livre vu et entendu de l'avenir »).
- Dans sa poésie, Apollinaire intègre toute sorte de mots étrangers au langage poétique habituel.
- Les arts se rencontrent et se mélangent, préparant ainsi certains aspects du surréalisme.
- La peinture exalte la liberté créatrice, privilégiant le support même de l’art (exaltation des couleurs avec le fauvisme, culture du contraste avec l’expresionnisme, le cubisme, les débuts de l’art abstrait). La peinture traduit le désordre de la réalité, la contingence.
7- À la recherche de nouveaux repères
Face à la montée des dangers (approche de la Première Guerre mondiale) et à la dissolution des repères, la littérature réagit de manières diverses :
- culte de l’individu (Gide, Proust, Barrès)
- culte de la nation (Barrès)
- religion (Claudel, qui voit en Rimbaud un grand mystique chrétien)
- culte de la littérature elle-même (Valéry).