Notes de grammaire
- Ὑποπτεύω signifie à la fois « soupçonner » et « craindre », et se construit ici comme un verbe de crainte, avec la négation explétive μή, suivie d’un optatif oblique qui se substitue au subjonctif.
- Ὑπαίτιος, ος, ον « exposé à un reproche » peut se construire avec un infinitif en construction personnelle, comme δίκαιος, ἄξιος ou δυνατός entre autres. Par exemple : δίκαιός εἰμι πολεμῆσαι, « Il est juste que je combatte » ; ὑπαίτιός εἰμι Κύρῳ φίλος γενέσθαι, « je m’attire des reproches en étant un ami pour Cyrus ».
- L’interrogatif indirect τίνι est complément d’attribution de des participes θύων et εὐχόμενος, et non du verbe principal dans la proposition interrogative, qui est ἔλθοι.
- Accompagné de la particule ἄν, l’optatif ἔλθοι est un optatif potentiel. Ἄν... ἔλθοι τὴν ὁδὸν pourrait donc se traduire par « il pourrait faire le chemin », mais les participes présents θύων et εὐχόμενος obligent à renoncer à cette traduction.
- Ἀνεῖλεν αὐτῷ ὁ Ἀπόλλων θεοῖς οἷς ἔδει θύειν : « les dieux auxquels il fallait faire un sacrifice ». De manière non régulière, l’antécédent, qui devrait être à l’accusatif, est attiré au cas du pronom relatif qui, lui, est à un cas oblique. Cette attraction est l’inverse de celle que l’on rencontre habituellement : un relatif à l’accusatif, qui prend le cas de son antécédent à un cas oblique.
Explication
Xénophon ouvre ici une parenthèse, à un moment crucial de son récit. Il vient de raconter la victoire paradoxale de Counaxa : victoire militaire écrasante pour Cyrus, et mort du même Cyrus, qui trop audacieusement s’est élancé pour tuer son frère Artaxerxès, l’empereur perse. Artaxerxès et son général Tissapherne ont invité, à l’issue du combat, Cléarque et d’autres chefs grecs (« Proxenos de Béotie, Ménon de Thessalie, Agias Arcadien, Cléarque Lacédémonien et Socrate d'Achaïe », énumère Xénophon au livre II), pour les assassiner traîtreusement.
La situation est terrible pour les Grecs qui se sont engagés auprès de Cyrus, et qui se retrouvent seuls et sans leurs chefs, au fin fond d’un Empire immense et qui lui est presque unanimement hostile... C’est ici que Xénophon, auteur, entre en scène comme personnage du drame ; et cette entrée en scène, où l’auteur se regarde dans le miroir de son récit, est soigneusement mise en œuvre de manière à dessiner en quelques lignes les contours principaux de sa personnalité.
|
Conseils, reproches, encouragements
Dans l’Anabase Xénophon n’entre pas en scène tout seul. Il apparaît au centre d’un carré formé par quatre figures, très différentes les unes des autres : Socrate, Proxène, Cyrus, et le dieu de l’oracle, Apollon. À ces quatre figures correspondent quatre points de vue différents.
- Un hôte : Proxène
Le nom de Proxène, par un curieux hasard, suggère la fonction essentielle du personnage : « hôte » (ξένος) en effet et ami, il l’est à la fois pour Xénophon et pour Cyrus. C’est comme hôte de Cyrus qu’il apparaît dès le début de l’Anabase : Πρόξενον δὲ τὸν Βοιώτιον ξένον ὄντα ἐκέλευσε λαβόντα ἄνδρας ὅτι πλείστους παραγενέσθαι, « il (Cyrus) demanda au Béotien Proxène, son hôte, de rassembler le plus d’hommes possible et de le rejoindre » (livre I, chap. 1, § 11), et en effet Proxène lui apporte environ deux mille hommes. Il apparaît, dans le récit, comme un personnage de bon sens, proche de Xénophon – qu’un passage du livre II nous montre se promenant en sa compagnie (μετὰ δὲ τὸ δεῖπνον ἔτυχον ἐν περιπάτῳ ὄντες πρὸ τῶν ὅπλων Πρόξενος καὶ Ξενοφῶν, livre II, chap. 4, § 15). Après la bataille de Cunaxa, où Cyrus perd la vie en se portant contre son frère, Proxène est assassiné par les Perses ainsi que les autres chefs de l’armée grecque, Ménon, Agias, Cléarque et Socrate d'Achaïe.
Xénophon indique ici le lien d’hospitalité qui l’attache à Proxène ; ce lien est aussi un lien d’amitié. Et s’il affirme avoir été « trompé » (ἐξαπατηθείς), il prend soin d’exonérer son ami : οὐχ ὑπὸ Προξένου, « pas par Proxène ».
- Un ami et un maître : Socrate
Aussitôt après la lecture de la lettre de Proxène, Xénophon se tourne vers Socrate. Socrate est pour lui un maître – et c’est ainsi qu’il apparaît dans plusieurs de ses œuvres, en particulier les dialogues socratiques intitulés Mémorables. Son autorité est confirmée ici par la répétition du verbe ἀνακοινωνέω-ῶ, employé à la fois pour Socrate (ἀνακοινοῦται Σωκράτει « il consulte Socrate ») et pour le dieu Apollon (ἀνακοινῶσαι τῷ θεῷ « consulter le dieu ») : de là à en déduire que la parole de Socrate a valeur d'oracle...
Xénophon consulte Socrate deux fois, avant et après sa visite à Delphes – dont on connaît par ailleurs l’importance pour le philosophe. Toutefois, la communication entre les deux personnnages révèle des failles : d’abord, la consultation de Socrate est essentiellement formelle, car elle n’aboutit pas à une réflexion du fond sur l’opportunité du départ. Socrate le reproche à Xénophon : ᾐτιᾶτο αὐτὸν ὅτι οὐ τοῦτο πρῶτον ἠρώτα πότερον λῷον εἴη αὐτῷ πορεύεσθαι ἢ μένειν, ἀλλ' αὐτὸς κρίνας ἰτέον εἶναι τοῦτ' ἐπυνθάνετο ὅπως ἂν κάλλιστα πορευθείη (« il lui reprocha de ne pas avoir d’abord demandé s’il était préférable pour lui de partir ou de rester, au lieu de juger par lui-même qu’il devait partir, avant de s’enquérir des moyens de faire son voyage le plus faborablement »). Alors que pour Platon le sanctuaire de Delphes est un lieu philosophique, où l’individu est confronté à lui-même par le γνῶθι σεαυτόν (« connais-toi toi-même »), il n’est pour Xénophon qu’un passage obligé, une pure formalité.
Deuxième faille : l’opposition de fond, que Xénophon se garde bien de développer, entre un Socrate qui choisit de rester à Athènes, et la décision qu’il a déjà prise, quant à lui, de partir. Cette seconde opposition est plus profonde qu’il n’y paraît au premier abord : car elle sous-tend non seulement les dialogues que Platon situe juste avant la mort de Socrate, mais aussi l’Apologie de Socrate, la plaidoirie du philosophe confronté à ses accusateurs. Or Xénophon et Platon ont composé chacun une Apologie de Socrate, et les deux textes présentent des différences considérables. Alors que, chez Platon, Socrate place l’obéissance aux lois au-dessus de toute autre considération, le Socrate de Xénophon développe une argumentation très différente : s’il est prêt à se soumettre au verdict de sa cité, c’est parce que, parvenu au seuil de la vieillesse, il accepte la mort comme une délivrance... On le voit : le triangle Socrate-Xénophon-Platon pose d’une manière aiguë le problème de la fidélité à la patrie.
- Un dieu : Apollon
La consultation de l’oracle, nous l’avons dit, se réduit à une simple formalité pour Xénophon. Aussi la réponse de l’oracle (ἀνεῖλεν αὐτῷ ὁ Ἀπόλλων θεοῖς οἷς ἔδει θύειν : « Apollon lui indiqua les dieux auxquels il devait sacrifier ») est-elle conforme à la question posée : ὁ Ξενοφῶν ἐπήρετο τὸν Ἀπόλλω τίνι ἂν θεῶν θύων καὶ εὐχόμενος […] ἔλθοι τὴν ὁδὸν… (« Xénophon demanda à Apollon à quel dieu il devait sacrifier et faire ses prières pour faire son chemin… »)
- Un roi : Cyrus
C’est la promesse d’une amitié avec Cyrus qui pousse Xénophon à s’embarquer pour l’Asie : ὑπισχνεῖτο δὲ αὐτῷ, εἰ ἔλθοι, φίλον αὐτὸν Κύρῳ ποιήσειν (« il (Proxène) lui promettait, s’il venait, d’en faire un ami de Cyrus »), et l’expression est reprise dans la bouche de Socrate : Κύρῳ φίλον γενέσθαι. Les relations d’hospitalité et d’amitié apparaissent, dans l’Anabase, comme fondées sur des obligations réciproques et sur un code de l’honneur. Par exemple, au livre I, Aristippe, hôte thessalien de Cyrus, demande à celui-ci deux-mille soldats pour le secourir, et Cyrus lui en envoie un plus grand nombre encore. Ici, c’est presque un contrat que passe Xénophon avec Cyrus, un engagement qu’il prend, assorti d’une clause particulière : dès que l’expédition sera terminée, Cyrus le laissera repartir (ἐπειδὰν τάχιστα ἡ στρατεία λήξῃ, εὐθὺς ἀποπέμψει αὐτόν). Ce trait de l’amitié et de l’hospitalité grecques est accentué par Xénophon, qui laisse peu de place au lien affectif : l’intérêt et l’honneur gouvernent les relations entre les individus.
Ainsi, pour Xénophon, l'autre n’est pas l’occasion d’une aventure intérieure – comme les rencontres avec Socrate dans les dialogues de Platon – mais la confirmation d’une volonté personnelle qui a besoin d'autrui pour se réaliser. L’amité a précisément cette fonction : celle de concrétiser une volonté personnelle par la rencontre de volontés convergentes. Ainsi, le désir de Proxène et celui de Cyrus se rejoignent, comme l’indique la répétition du verbe προθυμέομαι-οῦμαι sous la forme προθυμουμένου, puis sous la forme composée συμπρουθυμεῖτο : « comme Proxène le désirait, Cyrus lui aussi désira qu’il (Xénophon) reste ». Le désir de convergence s’exprime aussi par la répétition du préfixe συν- (dans συνακολουθεῖν au début et à la fin de l’extrait, mais aussi dans συμβουλεύει et συνεστάθη).
Un voyage ou une fuite ?
Pourquoi Xénophon part-il ? Il évite de donner clairement au lecteur les raisons qui l’y poussent. Ces raisons doivent pourtant être impérieuses, car Xénophon ne se laisse pas arrêter par les objections de Socrate – objections qui furent peut-être plus explicites que ne l’indique le texte, en particulier la crainte de Socrate : ὑποπτεύσας μή τι πρὸς τῆς πόλεως ὑπαίτιον εἴη Κύρῳ φίλον γενέσθαι ὅτι ἐδόκει ὁ Κῦρος προθύμως τοῖς Λακεδαιμονίοις ἐπὶ τὰς Ἀθήνας συμπολεμῆσαι, « craignant que son amitié avec Cyrus ne l’expose aux reproches de la cité, parce que Cyrus était réputé avoir combattu aux côtés des Lacédémoniens contre les Athéniens ».
Xénophon choisit de présenter de manière oblique le motif de sa démarche : par le biais du discours de Proxène, discours narrativisé (ὑπισχνεῖτο δὲ αὐτῷ... « il lui promettait… »), il rapporte les raisons qui ont poussé son ami à partir, raisons qu’il lui expose dans sa lettre. Le motif de Proxène est lui-même présenté subjectivement : νομίζειν « il considérait... » : il considère, en effet; que Cyrus est plus « bénéfique » (κρείττω) pour lui-même « que sa propre patrie ». Il faut dire qu’en 401, l’année où se situe cet épisode, l’ombre de la guerre du Péloponnèse (qui opposa Athènes et Sparte, et leurs alliés respectifs, de 431 à 404), et celle du régime sanguinaire des Trente qui se substitua aux institutions démocratiques pendant quelques mois en 404, sont toujours présentes. Le poids du contexte athénien est souligné par la répétition de l’épithète Ἀθηναῖος, qui caractérise à la fois Xénophon et Socrate dans notre texte, et par l’allusion au rôle que joua Cyrus pendant la guerre du Péloponnèse (ἐδόκει ὁ Κῦρος προθύμως τοῖς Λακεδαιμονίοις ἐπὶ τὰς Ἀθήνας συμπολεμῆσαι, « Cyrus semblait avoir combattu ardemment en faveur des Lacédémoniens, contre les Athéniens »). Discipline de Socrate, critique à l’égard de la démocratie (le verbe ἐδόκει ébauche une critique de la δόξα, de l’opinion : ἐδόκει ὁ Κῦρος, « Cyrus semblait… », ou « était réputé… ») et probablement compromis dans le régime des Trente, Xénophon est sans doute – plus que son maître – suspect aux yeux des démocrates. Il ne fait pas bon pour lui rester à Athènes ; la perspective que lui ouvre la lettre de Proxène lui donne l’occasion de prendre ses distances par rapport à sa cité. Y reviendra-t-il ? Il est difficile de le savoir avec certitude, mais il est probable que non, car Xénophon a rejoint, après son retour, le camp des Lacédémoniens.
La proposition de Proxène ne peut donc se comprendre entièrement que dans le contexte politique athénien, un contexte assez sombre pour Xénophon. Prudemment, celui-ci évite de développer les éléments de ce contexte politique qui motivent sa décision ; mais tout laisse à penser – tout, y compris son silence sur les raisons véritables de ce départ – que le raisonnement qu’il attribue à son hôte s’applique également à lui-même.
Les ruses de la vérité
Nous l’avons vu, Xénophon convaincu du bien-fondé de son projet détourne la sagesse socratique : ainsi, au discours direct, Xénophon rapporte la conclusion de Socrate : Ἐπεὶ μέντοι οὕτως ἤρου, ταῦτ', ἔφη, χρὴ ποιεῖν ὅσα ὁ θεὸς ἐκέλευσεν (« Toutefois, dit-il, puisque c’est ainsi que tu as interrogé l’oracle, il te faut faire tout ce que le dieu t’a prescrit. »), conclusion qui lui donne en quelque sorte l’autorisation du départ. Dans l’Iliade, la balance du destin détermine le sort des mortels ; ici, c’est la volonté de Xénophon qui le lance dans l’expédition des dix-mille, à la fois iliade (aventure collective, et expédition en orient) et odyssée (histoire d’un retour, et d’un destin individuel). Tout comme le destin, la volonté irréversible de Xénophon se passe d’explication (les termes habituels de la délibération – βουλεύειν « délibérer » ou « décider », δοκεῖν sembler bon, βούλομαι « vouloir », etc. – sont absents. Cette volonté s’impose dans les circonstances par son évidence. La quête philosophique et l'introspection peuvent attendre : il est temps d'agir.
Cyrus lui aussi sait user du λόγος – langage et raison – avec pragmatisme. Il dissimule à la plupart de ses amis et aux soldats grecs le but véritable de l'expédition : il prétexte une opération contre les Pisidiens, au service de son frère. Le chapitre 3 du livre I a déjà relaté la réaction des Grecs, quand ils dépassent la Pisidie sans avoir combattu. Comment peut-il fonder une expédition aussi importante sur un mensonge ? Xénophon ne porte pourtant aucun jugement moral sur Cyrus, qu'il admire et considère comme exemplaire : son ami Cyrus inspirera bien des traits d’un autre Cyrus, le fondateur de l’empire perse, dans la Cyropédie. L’art de conduire sa vie et de l’art de conduire les hommes supposent donc une stratégie. Xénophon en fera preuve également à la tête de l’expédition du retour, prenant toujours soin de ne dire que ce qui est utile. Mais il fait preuve d’une stratégie comparable dans sa manière de conduire son récit : comme Cyrus, il passe sous silence les vérités qu’il juge inopportun de dévoiler. Les termes πορεία, ὁδός et στόλος privilégient ainsi le sème générique du « voyage », ce qui permet à l'auteur de n’en dévoiler que progressivement la portée politique et militaire, et de ne lever qu’une partie du voile sur le but qu'il poursuivit en recherchant l'amitié de Cyrus.
|
À l’arrière-plan du récit, le contexte athénien invite à lire ce regard rétrospectif de Xénophon sur son départ comme une critique discrète de la cité démocratique, oublieuse des valeurs de la noblesse, mais aussi une critique du choix de rester à Athènes. Le choix de rester est celui que fit Socrate – certes plus vieux –, mais c’est aussi celui que fit Platon, malgré un séjour à Mégare en 399 (après la mort de Socrate) et d’autres voyages par la suite.
Fidèle, plutôt qu’à sa cité, à ses valeurs, Xénophon met au premier rang de celles-ci la φιλία, l’amitié qui lie, celle dont Socrate fait l’éloge dans les Mémorables, et qui se réalise au combat par le bon sens (σωφροσύνη) et le courage (ἀρετή). Négligeant de développer les raisons qui le poussent à partir si précipitamment (θυσάμενος οἷς ἀνεῖλεν ὁ θεὸς ἐξέπλει : « après avoir sacrifié aux dieux que lui avait indiqués Apollon, il prit la mer »), Xénophon donne malgré lui à son départ l’aspect d’une fuite ; mais il donne aussi de lui-même l’image d’un homme obstiné, voire raide, ce que son œuvre parfois confirme.
Ce passage clé permet de mieux comprendre quelques uns des enjeux principaux de l’Anabase, que résume Takis Théodoropoulos dans Le Roman de Xénophon (traduit du grec par Michel Grodent, et publié chez Sabine Wespieser en 2005) : « Toute cette aventure justifiait son comportement durant sa vie. À ses anciens amis du cénacle, il pouvait désormais administrer la preuve qu’il avait eu raison de quitter Athènes. Sa marche vers les portes de Babylone, la capitale de l’Empire, et plus tard tout ce qui arriva durant la descente des Dix Mille, dans le pays de Cardouques, dans les régions montagneuses du Taurus arménien et dans les villes grecques du Pont, lui donnèrent l’occasion de faire valoir, dans les conditions les plus défavorables, les exigences de cette vertu pour laquelle Socrate avait bu la ciguë. Le chef « kalos kagathos » , « beau et brave », que le clan avait cherché, c’était lui qui l’avait trouvé, lui qui l’avait vu de ses yeux, lui qui pouvait le décrire avec précision. C’était lui-même. » (p. 54-55)
|
© François Gadeyne.
|
Commentaires
Xénophon Anabase
merci pour cette très bonne analyse du texte de Xénophon, pour l'allusion au roman de Théodoropoulos, dont il faudrait absolument recommander la lecture. Une seule petite critique : la traduction du mot "kreittô" par "bénéfique" qui, me semble-t-il caractérise les actions non les personnes